NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Vue(s) : 39
Par Pascal et Tristan Aulagner
NB : si vous souhaitez lire (ou relire) BLEU, c’est ici.
Pour BLEU (la suite 1), c’est là.
Pour BLEU (la suite 2) c’est ICI
Pour BLEU (la suite 3) c’est là
Pour BLEU (la suite 4) c’est ICI
Pour BLEU (la suite 5) c’est Là
Pour BLEU (la suite 6) c’est ICI
Pour BLEU (la suite 7) c’est Là
Pour BLEU (la suite 8) c’est ICI
Pour BLEU (la suite 9) c’est Là
Pour BLEU (la suite 10) c’est ICI
Pour BLEU (la suite 11) c’est Là

Art. 53 du code de procédure pénale :
Est qualifié crime ou délit flagrant, le crime ou le délit qui se commet actuellement, ou qui vient de se commettre. Il y a aussi crime ou délit flagrant lorsque, dans un temps très voisin de l’action, la personne soupçonnée est poursuivie par la clameur publique, ou est trouvée en possession d’objets, ou présente des traces ou indices, laissant penser qu’elle a participé au crime ou au délit.
Article 62-2 du code de procédure pénale
La garde à vue est une mesure de contrainte décidée par un officier de police judiciaire, sous le contrôle de l’autorité judiciaire, par laquelle une personne à l’encontre de laquelle il existe une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu’elle a commis ou tenté de commettre un crime ou un délit puni d’une peine d’emprisonnement est maintenue à la disposition des enquêteurs.
Cette mesure doit constituer l’unique moyen de parvenir à l’un au moins des objectifs suivants :
1° Permettre l’exécution des investigations impliquant la présence ou la participation de la personne ;
2° Garantir la présentation de la personne devant le procureur de la République afin que ce magistrat puisse apprécier la suite à donner à l’enquête ;
3° Empêcher que la personne ne modifie les preuves ou indices matériels ;
4° Empêcher que la personne ne fasse pression sur les témoins ou les victimes ainsi que sur leur famille ou leurs proches ;
5° Empêcher que la personne ne se concerte avec d’autres personnes susceptibles d’être ses coauteurs ou complices ;
6° Garantir la mise en œuvre des mesures destinées à faire cesser le crime ou le délit.

______________________
Mardi : 23h00.
— Tu dors frérot ?
— Vas-y , toi t’as un matelas.
— T’as mangé ?
— Ouais.
— Le curry ?
— Non, les champignons.
— T’es un ouf.
— Tu fais quoi ?
— Je lis.
— Mais pour de vrai ?
— Je lis. Le mur.
— Ah d’accord. Moi c’est repeint, y’a rien à lire.
— Toi t’as un matelas.
— T’as vu l’OPJ ?
— Ouais.
— Faut rien leur dire. On a le droit de garder le silence, et tout ce qu’on dit peut et sera utilisé contre nous au tribunal.
— L’autre il s’est cru en Amérique.
— Ouais , mais j’ai vu sur Enquêtes d’Action qu’il faut rien dire.
— Alors ferme ta gueule.
— Ok.

______________________

Mardi : 02h00.
Lorsqu’il entra dans la salle de repos et vit l’évier débordant de vaisselle, Jacques serra les poings. Il avait pourtant tout rangé la nuit dernière, encore une fois. Le matin venu, le petit comptoir qui servait de cuisine aux brigades était propre et presque agréable. Tout était lavé, les assiettes étaient soigneusement empilées, les vieux emballages jetés… Et voilà comment ces porcs de l’enfer le remerciaient ! Sa patience était certes grande, mais pas infinie. Il traîna la poubelle jusqu’à l’évier et y fit disparaître l’intégralité de tout ce bordel. Chose faite, se sentant mieux, il remplit la machine à café de la brigade de nuit en sifflotant. Alors qu’il remontait à l’étage pour finir de rédiger son procès-verbal, des voix lui parvinrent des cellules de garde-à-vue. Une femme sanglotait ; un homme semblait lui parler. Intrigué, Jacques posa sa tasse de café sur une marche de l’escalier et s’approcha des geôles. La brigade de jour avait brièvement expliqué qu’un couple avait été interpellé pour recel de vol de véhicule. Ils passaient la nuit ici, en attente de leurs auditions le jour suivant. Le mari, ne supportant pas d’être dans une cellule à part – le règlement voulait, pour des raisons évidentes, qu’hommes et femmes soient séparés – s’était emporté plus d’une fois et avait menacé le chef de poste ainsi que sa famille. La femme avait feint une crise d’anxiété ; les SP s’étaient déplacés pour rien. En somme, deux casse-couilles. Ce fut donc par simple curiosité que Jacques s’arrêta dans un coin juste avant les cellules, à un angle mort qui lui permettait d’entendre sans être vu. Le mari et la femme ne pouvaient pas se voir l’un l’autre, mais, étant dans des cellules voisines, pouvaient se parler doucement, comme s’ils avaient été dans la même pièce.
— Dix-neuf ? dit la voix masculine. Vingt heures ? Je ne sais pas.
— C’est horrible, murmura la voix féminine, entrecoupée de hoquets et de reniflements. On ne peut même pas savoir combien de temps il nous reste… Tu as une fenêtre, toi ?
— J’ai juste une petite lucarne en haut du mur. Et toi ?
— Rien ! Juste cette lumière froide. Jacques leva les yeux ; la lumière d’un blanc verdâtre n’avait effectivement rien de rassurant.
— Tu crois qu’il reste longtemps ? reprit la femme. J’en peux plus.
— Non, ça va passer vite, mon cœur. Tu verras. Il faut prendre son mal en patience.
La montre de Jacques indiquait vingt et une heures ; il leur restait plus ou moins douze heures. Comme si le couple avait pu lire dans ses pensées, un silence pesant s’abattit sur eux. Jacques s’appuya au mur et sentit son cœur se serrer. Les menaces contre la famille du chef de poste étaient certes impardonnables, mais que n’avait-il pas dit, lui, dans un accès de colère ? Il imagina sa femme dans la cellule et fut parcouru de frissons de la tête aux pieds. Cependant, toute compassion s’envola lorsque l’homme rompit le silence :
— C’est vraiment des sales chiens.
La femme ne répondit pas, mais Jacques l’entendait pleurer. Son mari devait l’entendre, lui aussi, car il changea de ton.
— Ça va aller. Encore un peu de patience et on sera à la maison, loin de leurs tronches haineuses.
— Mais comment tu le sais ? Je ne comprends même pas pourquoi on est ici.
— On m’a vendu une voiture volée, ça doit être ça. J’aurais dû faire attention, c’est de ma faute.
— Mais…
— N’y pense plus, on en reparlera tranquillement à la maison. D’abord, on attend le matin. Ensuite, on sort d’ici. Respire lentement. Ce qu’elle fit.
— Je serais heureux de ne jamais revoir un flic de ma vie, continua-t-il après un moment.
— Moi aussi.
— Tu sais qu’ils ont cru que tu faisais semblant, quand tu as paniqué, tout à l’heure ?
— Oui, je sais.
— J’aurais tué les deux connards qui se moquaient de toi.
— Laisse tomber, ils n’en valent pas la peine.
Soudain, sans trop savoir pourquoi, Jacques fit un pas en avant et sortit de sa cachette, se plaçant face aux deux cellules. Mari et femme se turent aussitôt. Ils le contemplèrent sans mot dire, comme deux lapins découvrant une fouine dans leur terrier.
— Vous fumez ? demanda Jacques en agitant son paquet de cigarettes. J’allais sortir, si vous voulez venir avec moi, vous pouvez.
Dans la cour, ils discutèrent longuement, Jacques répondant du mieux qu’il le put à leurs questions, essayant de dissiper leurs peurs. Hélas, il ne pouvait pas faire grand-chose pour eux, à part tenter de leur prouver qu’il était humain. Il choisit de ne pas évoquer les événements de la journée, ne voulant pas prendre parti dans un conflit qu’il n’avait pas vu de ses propres yeux. Son unique but était d’adoucir quelque peu cette nuit terrible. Un moment plus tard, le policier adjoint qui gérait le poste avec lui poussa la porte donnant sur la cour et agita les bras pour attirer l’attention de Jacques. Celui-ci se tourna vers le couple.
— Je suis désolé, mais il va falloir rentrer, mon assistant a besoin de moi. On ressortira plus tard, si vous voulez.
Il les laissa dans la même cellule, la femme blottie dans les bras de son mari, qui murmurait des paroles réconfortantes dans ses cheveux. Jacques retrouva le policier adjoint, l’aida à accomplir diverses tâches, répondit à quelques appels, puis ressortit dans le couloir. En se dirigeant vers les escaliers pour enfin finir son procès-verbal, il retrouva son café sur la première marche. Il le ramassa et but une gorgée, pensif. Après un regard vers le haut des escaliers, il repartit vers la cuisine pour confectionner deux autres cafés, puis prit la direction des geôles.
______________________

Photographe, idées noires, matins gris.
Une fois de plus , je rentre au petit matin, juste après l’aube. Le silence et le vent sont mes seuls compagnons. Les premiers rayons du soleil pointant à l’horizon me percent les yeux et l’âme. L’odeur de beurre chaud s’échappant du sachet de croissants posé sur le siège avant me rappelle à la seule mission qu’il me reste à accomplir ce matin, avant de disparaître dans l’oubli d’un lourd sommeil. Ce matin, c’est l’anniversaire de mon épouse mais je dois taire ces dernières heures d’horreurs, redevenir l’être humain, joyeux et aimant , que j’espère avoir la force d’être encore aujourd’hui. Il faut faire taire les échos de cette nuit, oublier les cris, oublier le sang de cet enfant, oublier les yeux de cette maman, effacer de mes cartes mémoires toutes les images que j’ai prises cette nuit. Je vais faire le café, préparer un petit-déjeuner et attendre le réveil de la personne la plus proche de mon cœur, en silence. Enfermer l’enfer dans une cage et vivre. Encore.
À suivre…


3 hour_ago
40



























.jpg)






French (CA)