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Bilan mitigé pour une initiative fédérale visant à accélérer la construction de logements

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Si les plans détaillés de logements et de maisons dévoilés l’an dernier par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) soulèvent un intérêt grandissant au pays, le bilan de cette initiative visant à accélérer la construction résidentielle demeure mitigé au Québec. Tandis que 10 villes ontariennes se sont associées à ce projet, aucune municipalité québécoise ne leur a emboîté le pas à ce jour, même si Montréal et Québec étudient cette possibilité, a constaté Le Devoir.

Après avoir fait l’objet d’une annonce du gouvernement fédéral au début du mois de mars l’an dernier, une cinquantaine de modèles normalisés de maisons, dont sept destinés au Québec, ont été inclus dans des trousses de conception technique rendues accessibles en ligne le 15 octobre dernier. Ces plans, disponibles au sein du Catalogue de conception de logements, visent à réduire la facture de projets d’habitation en allégeant le travail de conception et de planification qui doit normalement être donné à des architectes ou à d’autres professionnels, indique la SCHL.

Un engouement grandissant...

Signe d’un certain engouement pour le projet, plus de 15 000 trousses techniques issues de ce catalogue ont été téléchargées gratuitement à l’échelle du pays, dont 1500 concernent le Québec, indique la SCHL. Les modèles québécois représentent des logements accessoires, des maisons en rangée et des multiplex de différentes tailles.

« Bien que nous ne détenions pas de données précises à ce sujet, d’après les commentaires et les demandes reçus par la SCHL, le catalogue a soulevé un intérêt considérable de la part des municipalités » du pays, qui sont nombreuses à encourager les propriétaires à « construire des logements accessoires », souligne la SCHL. Ces plans standardisés attirent aussi l’attention de promoteurs et d’organismes à but non lucratif souhaitant y avoir recours pour leurs « projets locaux », relève l’organisme fédéral.

En s’alliant avec des villes aux quatre coins du pays, la SCHL espère d’ailleurs « faciliter un processus d’approbation simplifié et prévisible » pour les promoteurs faisant appel aux plans normalisés compris dans ce catalogue.

« Le processus de permis, c’est un des plus gros, sinon le plus gros irritant » dans ce genre de projets, auquel il ajoute « du temps et des coûts », souligne l’architecte Tudor Radulescu, de la firme KANVA. Cette dernière est à l’origine des modèles se trouvant dans la sous-catégorie québécoise de ce catalogue.

Le nombre de villes canadiennes figurant parmi les partenaires locaux de ce catalogue n’a d’ailleurs cessé d’augmenter dans les derniers mois. La SCHL en répertorie actuellement 23, selon son plus récent décompte. Du lot, 10 sont des villes ontariennes, dont 2 qui se sont ajoutées au cours des deux dernières semaines, soit Belleville et North Grenville, a constaté Le Devoir.

… mais pas au Québec

Or, au Québec, l’appétit pour cette initiative paraît bien faible, aucune ville de la province n’ayant à ce jour ajouté son nom à cette liste.

« Le bilan est effectivement très mitigé », confirme Isabelle Demers, vice-présidente au développement stratégique, aux affaires publiques et à l’innovation à l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec. « Et la raison, c’est que, pour l’instant, ce n’est ni plus économique ni plus rapide » pour les promoteurs immobiliers d’avoir recours à ce catalogue, constate-t-elle. Une situation qu’elle associe au manque, dans ce catalogue, de plans répondant aux besoins variés des villes québécoises.

Ainsi, « beaucoup d’entrepreneurs vont préférer continuer à travailler selon des paramètres qui ont une plus grande chance d’être acceptés au niveau des villes. Donc, il n’y a aucune municipalité au Québec qui adhère » à cette initiative, ajoute Mme Demers.

Sans la « préapprobation » par des villes québécoises de ces plans normalisés, « avoir un catalogue ne permet pas nécessairement de gagner du temps, donc de réduire les coûts » pour les constructeurs, précise-t-elle.

L’Union des municipalités du Québec doute pour sa part de la « compatibilité » des modèles inscrits dans ce catalogue avec les efforts de densification effectués par plusieurs villes de la province et avec le fait que celles-ci doivent, la plupart du temps, « composer avec un développement résidentiel au sein du cadre bâti existant, plutôt que sur des terrains vacants ». Un contexte qui « nécessite une adaptation aux contraintes et des mesures d’intégration des projets », indique l’Union.

« Au Québec, nous pouvons déjà compter sur des entreprises de préfabrication solides et engagées dans le développement de logements abordables, ce qui explique sans doute le faible intérêt pour cet outil », souligne pour sa part le président de la Fédération québécoise des municipalités, Jacques Demers.

Tout de même, les villes de Montréal et de Québec ont confirmé au Devoir qu’elles continuaient de mener des discussions avec la SCHL pour évaluer la possibilité de conclure une entente avec elle. « Cette initiative, qui vise le développement de modèles de conception standardisés, pourrait contribuer à optimiser la mise en œuvre de certains projets résidentiels », espère ainsi la Ville de Montréal.

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