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ENTRETIEN - Scénariste du documentaire Oasis : Don’t Look Back in Anger, disponible sur Disney + le 9 octobre, Steven Knight nous dévoile les coulisses des retrouvailles du groupe culte et de leur tournée.
Il est l’auteur du documentaire Don’t Look Back in Anger, racontant la reformation du groupe Oasis et la tournée qui a suivi, disponible sur Disney + le 9 octobre. L’amour de la musique et de la classe ouvrière sont le fil rouge de la vie et l’œuvre du créateur de Peaky Blinders mais aussi Rogue Heroes ou A Thousand Blows. Steven Knight en dit plus sur la portée de ces retrouvailles.
TV MAGAZINE. - Que dire de la genèse du documentaire ?
Steven KNIGHT. - Eh bien, c’est venu comme une surprise. J’avais réalisé une vidéo avec Liam il y a quelques années pour l’un de ses singles, et nous nous étions super bien entendus. Juste avant Noël 2024, sa femme a pris contact avec moi et a dit : «Je sais que tu es occupé, mais aimerais-tu faire un documentaire ?» Je n’en avais jamais réalisé auparavant. Mais j’étais fan de la musique. J’aimais beaucoup Liam. Quand j’ai rencontré Noel, je l’ai vraiment beaucoup aimé aussi. J’ai très vite compris qu’il s’agissait de bien plus que l’histoire de deux frères qui se réconcilient. C’est un film très opportun pour l’époque dans laquelle nous vivons.
De quelle manière ?
La réconciliation de deux personnes amène à la tournée et au public. Et nous avons découvert que ces chansons et cette musique ont eu un impact profond. Personne ne l’a vendue ou commercialisée pendant 16 ans. Ça n’a pas empêché trois générations de développer une relation avec elle parce qu’elles ont trouvé dans les paroles quelque chose qui parlait d’elles. Il s’agit souvent de gens dans des situations très difficiles, venus de la classe ouvrière, comme Noel et Liam. Et ils ont trouvé la poésie de ces chansons vraiment significative. Il ne s’agissait donc plus seulement de deux frères, mais des gens que l’on voit dans les stades. Des gens qui fondent en larmes et se prennent dans les bras dès que la musique commence. Et il y a quelque chose dans la réconciliation, le pardon au sein de la relation, au sein de la musique, dans les chansons, au sein du public, qui, je l’espère, mène à une idée plus vaste. Ce dont le monde a besoin à notre époque, c’est de l’amour. C’est un message vraiment simple et un peu cliché, mais j’espère que c’est ainsi qu’il est perçu.
« Ce qui est génial, dans le film, c’est de voir les enfants, leurs enfants, qui ne s’étaient pas rencontrés, et deviennent amis. »
Steven Knight
Il est en effet question de pardon et de réconciliation, peut-être de rédemption, des thèmes récurrents dans vos séries…
Oui, exactement. Je suppose que si l’on regarde le reste de ce que j’ai fait, bon nombre de ces thèmes s’y trouvent. Comme tout auteur, je ne vois pas toujours les fils conducteurs de ma filmographie car j’ai probablement trop la tête dedans. Mais il y a beaucoup de relations père - fils. Beaucoup de relations entre frères aussi, ce qui est intéressant pour l’histoire d’Oasis qui est ancrée dans l’enfance. Tout cela a commencé dans la chambre qu’ils partageaient. Et ce qui est génial, dans le film, c’est de voir leurs enfants, qui ne s’étaient pas rencontrés, et deviennent amis.
Comment avez-vous procédé ?
Nous avons installé dix caméras dans la salle de répétition pendant quatre semaines. Nous avions donc dix fois quatre semaines d’images, et nous avons enregistré tout ce qui s’est passé dans cette salle de répétition. Il faut ensuite trouver les mots qui racontent l’histoire. Le premier jour, Liam arrive pour chanter. Il n’avait pas joué avec Noel depuis plus de 16 ans. Ils n’ont même pas vraiment été dans une pièce ensemble depuis tout ce temps. Liam entre, fait une remarque sur la batterie puis dit : «On le fait alors ? On y va ?» Et puis on se dit : «Ouais, d’accord, 1, 2, 3, 4, pan». C’est comme si la force de l’émotion était recouverte par la brutalité des manières d’être de la classe ouvrière anglaise. Je trouve ça juste magnifique.
Qu’est-ce qui a été le plus difficile pour vous puisque c’était votre premier documentaire ?
Il fallait surtout trouver une manière d’entrer dans la réalité de deux personnes qui, chaque fois qu’elles parlent, disent quelque chose que l’on pourrait imprimer sur un tee-shirt tellement elles sont intelligentes, drôles et spirituelles. Et aussi de savoir si cette relation allait marcher. À la fin, ça a marché au-delà des attentes de toutes les personnes impliquées. Avec un début, un milieu et une fin, comme n’importe quelle fiction.
Quel genre de relation entretenez-vous dans votre propre vie avec la musique ?
J’ai grandi au sein d’une fratrie de sept enfants, avec un seul lecteur de disques, en écoutant donc plein de genres différents : les Beatles, Bob Dylan, du blues, du skiffle, du folk. En écrivant des films et des séries, j’ai découvert que lorsque l’on associe la musique à l’image, cela donne aux gens la permission de pleurer. On travaille très dur pour écrire une scène qui va faire réagir les spectateurs. Lorsqu’on ajoute la musique, c’est comme une arme secrète. Je suis donc en admiration devant la musique et les gens qui la créent.


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