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Antonio Ferrara va-t-il être emprisonné en Belgique ? Le braqueur français devait être fixé sur son sort ce vendredi matin. Il le sera finalement le 5 novembre.
La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 10:02 | mis à jour aujourd'hui à 10:02 - Temps de lecture :
Le tribunal de Bruxelles devant lequel ont comparu le braqueur français Antonio Ferrara et neuf complices présumés, pour un projet d'attaque à main armée en Allemagne en 2025, rendra son jugement le 5 novembre. Le jugement était initialement attendu ce vendredi matin. Le président du tribunal a annoncé ce report sans donner d'explication. L'audience, qui s'était achevée en septembre, a été marquée par plusieurs incidents de procédure et protestations des avocats de la défense. Le braqueur français, surnommé le « roi de la belle », qui conteste les faits reprochés et a comparu libre au procès, risque une arrestation à l'audience s'il est reconnu coupable.
Fin août, le parquet de Bruxelles avait réclamé une peine de 18 ans de prison contre Antonio Ferrara pour sa participation potentielle à un projet d'attaque à main armée qui devait viser un établissement bancaire en Allemagne début 2025. Le dossier est jugé en Belgique car le projet avait été mis en échec par une vaste opération des unités spéciales de la police belge à Eupen, dans l'est du pays, non loin de la frontière allemande.
C'est là qu'une bande de malfaiteurs avait établi sa base, dans un appartement loué sur Airbnb, avant le braquage programmé dans un centre-fort à Bochum (Allemagne), une installation où les banques entreposent billets, bijoux et autres valeurs. Le 27 février 2025, dix hommes avaient été interpellés dans ce coup de filet, alors que l'attaque était imminente, une partie de l'équipe s'étant déjà rendue en Allemagne pour reconnaître les lieux, selon l'accusation.
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Deux évasions de prison
Antonio Ferrara, qui a eu 53 ans en octobre, est bien connu de la justice en France, où il a été condamné pour des braquages et une tentative de meurtre. Surnommé le « roi de la belle » pour s'être évadé à deux reprises de prison, il est sorti de la prison de Réau (Seine-et-Marne) en 2022 après avoir fini de purger sa peine pendant 19 ans. Il s'était évadé une première fois de la prison de Fleury-Mérogis (Essonne) en 1998 à l'occasion d'un transfèrement à l'hôpital, profitant ensuite d'une longue cavale jusqu'en 2002. Le 12 mars 2003, il s'était évadé de la prison de Fresnes (Val-de-Marne) avec l'aide de complices déguisés en policiers, qui avaient attaqué l'établissement au lance-roquettes. Il sera repris quatre mois plus tard.
Né le 12 octobre 1973 dans le sud de l'Italie, installé avec sa famille à Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), Antonio Ferrara a été condamné pour des braquages, pour une tentative de meurtre ainsi que pour ses deux évasions. Il a en revanche été acquitté dans trois affaires de braquage : de fourgons blindés en 2009 et d'un bureau de poste en 2012.
« Ce n'est pas un néophyte »
Dans ce dossier belge, l'accusation s'appuie sur des écoutes téléphoniques, de multiples surveillances, et sur des traces ADN laissées par Antonio Ferrara sur plusieurs armes ou chargeurs retrouvés dans les véhicules du groupe, aux côtés d'explosifs et autres gilets pare-balles. « Il est bien impliqué dans cette tentative d'attaque, ce n'est pas un néophyte », a déclaré la procureure dans son réquisitoire, insistant aussi sur « ses compétences en matière d'explosifs ». L'intéressé, qui comparaît libre après une période de détention provisoire en 2025, conteste sa participation.
« Aucune arme n'a été retrouvée dans le véhicule où se trouvait Antonio Ferrara » à son arrestation, avait fait valoir son avocat Olivier Martins au début de la procédure. Initialement prévu fin avril, ce procès devant le tribunal correctionnel de Bruxelles a été retardé par de multiples incidents de procédure et contestations des avocats d'Antonio Ferrara. Lundi, le tribunal a considéré qu'une seconde demande de récusation des juges déposée par les avocats en fin de semaine dernière ne devait pas conduire à une nouvelle suspension des débats.
Parmi les neuf co-prévenus figurent un des frères de Ferrara, Massimiliano, ainsi que plusieurs figures du grand banditisme en région parisienne dont Walid Tarsim. L'accusation a réclamé quinze ans de prison contre les deux hommes. Un seul suspect, Yacine Bentouati, est aussi jugé pour tentative de meurtre pour avoir renversé en voiture un policier des unités spéciales en tentant d'échapper au coup de filet. Yacine Bentouati, de nationalité algérienne, compte avec Antonio Ferrara dans le groupe des cinq prévenus contre lesquels 18 ans d'emprisonnement ont été demandés. Les peines réclamées vont de 10 ans, dans un cas, à 18 ans de prison. Le jugement n'est pas attendu avant plusieurs semaines.


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