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Le gouvernement de Christine Fréchette a lancé jeudi un appel d’intérêt international pour « recueillir les perspectives du marché sur les conditions de réalisation en mode partenariat » du troisième lien entre Québec et Lévis.
Cette « nouvelle étape » dans une saga démarrée avant même l’accession de la Coalition avenir Québec (CAQ) au pouvoir doit durer 45 jours. L’appel d’intérêt, indique le ministère des Transports dans un communiqué, « vise à alimenter les réflexions » à propos de la mise en œuvre du troisième lien.
Les « constats » tirés de cette consultation internationale devraient être connus à « l’automne 2026 », assure le gouvernement, au terme d’une période d’entrevues avec les entreprises intéressées.
« Dès août, nous pourrons dire combien ont levé la main », précise le cabinet du ministre des Transports, Benoit Charette. Les conclusions devront cependant attendre à novembre, puisque le gouvernement se réserve du temps pour discuter avec les entreprises et analyser les stratégies proposées par ces dernières.
L’estimation de la facture et le tracé détaillé demeureront donc des variables inconnues au moment où la population se rendra aux urnes le 5 octobre prochain. La première ministre privilégie l’implantation d’un lien dans le corridor numéro 5, entre la route Lallemand, à Lévis, et l’autoroute Dufferin-Montmorency, à Québec.
Pendant sa course à la succession de François Legault, Christine Fréchette avait précisé que la collaboration du privé lui apparaissait nécessaire à la réalisation du troisième lien en des temps de finances publiques sous pression. Un péage doit d’ailleurs voir le jour sur l’infrastructure à venir.
Il s’agit du deuxième appel d’intérêt international lancé sous le gouvernement de la CAQ par rapport au troisième lien. Le premier exercice du genre avait vu 23 entreprises lever la main. Depuis, toutefois, la première ministre a abandonné le tracé central privilégié pendant le passage de Jonatan Julien aux Transports au profit d’un lien plus à l’est.
Le gouvernement avance qu’un troisième lien assurerait la sécurité et le développement économiques de « la Capitale-Nationale, de Chaudière-Appalaches et de l’est du Québec » et viendrait « améliorer la mobilité de la population et des marchandises sur le réseau routier ».
Dans son rapport sur la mobilité dans la grande région de Québec déposé en juin 2024, CDPQ Infra se montre toutefois critique du corridor que favorise aujourd’hui le gouvernement. Elle estimait que le tronçon, haut d’au moins 74 mètres pour permettre le passage des plus grands navires de croisière sur le fleuve, attirerait seulement 1600 véhicules par heure en direction de Québec à l’heure de pointe matinale.
« Il y aurait généralement peu d’amélioration sur le réseau routier et sur l’axe des ponts existants », a écrit CDPQ Infra. Les analyses réalisées par cette dernière calculaient un gain de temps limité à cinq minutes en moyenne, prévoyaient des « contraintes importantes pour la construction de fondations d’un pont » dans les profondeurs du fleuve et estimaient que la présence d’un troisième lien dans le corridor 5 entraînerait une « saturation très importante du quartier Saint-Roch ».


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