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France 07/01/2026 18:35 Actualisé le 07/01/2026 18:55
Quatre tracteurs ont forcé un barrage de gendarmerie dans les Yvelines. Des dizaines d’autres convergent vers Paris, pour se mobiliser ce jeudi.
Par Maëlle Roudaut avec AFP

CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
Des agriculteurs à bord de leurs tracteurs participent au départ d’un convoi à Cancon, dans le sud-ouest de la France, le 6 janvier 2026, en direction de Paris.
EN BREF • La mobilisation des agriculteurs s’intensifie à nouveau sur les routes, avant la finalisation de l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur.
• Des tracteurs ont forcé un barrage de gendarmerie dans les Yvelines.
• En parallèle, des agriculteurs ont érigé une dizaine de barrages sur les principaux axes autour de Toulouse.
Les tracteurs sont de sortie. La mobilisation des agriculteurs s’est à nouveau renforcée ce mercredi 7 janvier. Dans la matinée, au moins quatre tracteurs ont forcé un barrage de gendarmerie dans les Yvelines, touchant un véhicule des forces de l’ordre pour ensuite prendre la direction de Paris.
« On est très étonnés d’un tel déploiement de moyens parce qu’on a dit que la manifestation était pacifique », a déclaré le président de la Coordination Rurale, Bertrand Venteau, sur France Inter. « Même en sous-marin par la Seine, on va y arriver. On aura peut-être perdu des troupes, mais on arrivera dans Paris sur des lieux symboliques pour porter nos doléances », a-t-il ajouté.
Des dizaines de tracteurs sont ainsi lancés vers Paris pour y entrer ce jeudi. Ils viennent de plusieurs départements, et surtout du Sud-Ouest, épicentre de la contestation depuis le mois de décembre. Les sources de colère sont nombreuses : épizootie de dermatose bovine (DNC), cours du blé et prix élevé des engrais, menace d’une concurrence accrue des pays latino-américains…
« Tant qu’on n’aura pas de réponse », les agriculteurs maintiendront la pression sur Paris et Bruxelles, a déclaré Lionel Candelon, président de la Chambre d’agriculture du Gers et membre de la direction nationale de la Coordination rurale (CR).
Les ministres de l’Agriculture des Vingt-Sept se sont justement réunis à Bruxelles ce mercredi dans l’après-midi pour répondre aux préoccupations du monde agricole, avant la signature de l’accord avec le Mercosur prévue le 12 janvier. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis mardi à la FNSEA des annonces d’ici la fin de semaine.
Tracteurs bloqués et interdiction de manifester
À renfort de tracteurs, fumier et bottes de paille, les agriculteurs ont érigé une dizaine de barrages ce mercredi sur les principaux axes autour de Toulouse, bravant par des températures négatives les interdictions de manifester. Le préfet de l’Occitanie et de Haute-Garonne, Pierre-André Durand, avait en effet pris en amont de cette mobilisation plusieurs arrêtés d’interdiction, notamment en raison du « risque de troubles à l’ordre public », comme dans une vaste majorité des régions françaises.
« C’est une honte, c’est une dictature », s’est insurgé Eric Massou, un responsable de la CR 31, bloqué par les gendarmes avec une douzaine de tracteurs sur l’A68. « On voulait faire un barrage filtrant (sur la rocade). Et puis les gendarmes ont bloqué totalement l’autoroute pour nous et pour les usagers. »
Un convoi d’une centaine de véhicules de la CR a tenté de partir d’Auch, à 70 km de Toulouse, peu après minuit. Une quarantaine d’engins ont finalement été bloqués à la mi-journée par les forces de l’ordre. Pour autant syndicats semblent motivés à ne rien lâcher. « C’est une guerre d’usure. On est déterminés à faire le nécessaire pour avoir des réponses et être entendus », a lancé depuis un cortège à l’ouest de Toulouse Pierre Solana, éleveur du Gers de 37 ans.
Des manifestants étant parvenus à rejoindre le périphérique toulousain y ont déversé du fumier sur la chaussée et allumé un feu, bloquant entièrement la circulation à l’aube, à hauteur de Balma (est de Toulouse), entraînant d’importantes perturbations jusque sur l’A61 au sud-est de l’agglomération. Des barrages ont également été érigés sur l’A64, où les agriculteurs de Haute-Garonne tiennent notamment une portion d’autoroute depuis décembre à hauteur de Carbonne.


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