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Barbara ne sort pas vraiment un duo inédit avec la chanteuse Marie Poulain, ne vous méprenez pas

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Pour les besoins de son nouveau morceau intitulé « Si l’IA », la jeune chanteuse a généré par IA la voix de l’illustre artiste disparue. Un choix qui interroge.

EN BREF Marie Poulain sort « Si l’IA », un duo avec la voix de Barbara générée par intelligence artificielle, avec l’accord des ayants droit.
L’initiative interroge en plein débat sur l’éthique et la légalité de l’utilisation des voix d’artistes disparus par l’IA.
Elle soulève aussi des questions environnementales et sur l’impact de l’IA sur la création artistique.

L’IA, ceci, l’IA, cela. Et tiens, pourquoi ne pas faire renaître Barbara ? En plein débat dans toutes les sphères de la culture, c’est l’idée — un brin dérangeante, non ? — qu’a eue la chanteuse Marie Poulain, qui vient de dévoiler, ce vendredi 22 mai, un nouveau morceau en duo avec l’artiste disparue, dont elle a généré la voix.

« Me voilà, enfin presque, l’entend-on fredonner dans un parlé si reconnaissable, tandis qu’une ombre lui ressemblant s’approche d’un piano dans le clip. C’est bien moi, oui madame, dans ce fichu programme. C’est mon âme, longue comme une flamme ad vitam aeternam. C’est mon âme. Loin de sa cage, je n’ai plus vraiment d’âge. »

La chanson, dont le titre Si l’IA a été pensé comme un jeu de mots avec les paroles (« S’il y a… »), a été imaginée par l’autrice révélée en 2023 par Calogero à la lecture d’un article en fin d’année dernière. Celui-ci imaginait la possibilité de recréer par IA des personnes proches disparues. Elle dit avoir pensé à sa grand-mère.

Découvrez ci-dessous le clip :

Petit à petit, apprend-on dans un communiqué de presse de sa maison de disques (le géant Barclay, propriété du groupe Universal Music), le morceau s’est mu en duo, une manière pour la jeune artiste d’échanger avec l’être cher. Son envie d’y convoquer le fantôme de Barbara a, elle, été motivée par son admiration pour l’interprète de L’Aigle noir.

Avec l’accord du neveu et ayant droit de la chanteuse, Bernard Serf, Marie Poulain a enregistré l’intégralité de la chanson avec sa voix : ses passages à elle, puis ceux de son « invitée ». Ses équipes ont ensuite eu recours à la plateforme Kits.Ai pour doubler sa voix avec celle de la Barbara du logiciel.

Un outil « éthique », selon Barclay

Dans les notes, il est assuré que les fichiers vocaux et modèles créés sur le site ne seront pas utilisés pour entraîner de nouveaux modèles d’IA, ni pour booster l’apprentissage des services du site, revendiqué comme « éthique ». Marie Poulain salue, de son côté, « une belle façon » d’ancrer cette technologie « dans un système respectueux ».

D’un point de vue légal, sans doute. Mais l’initiative ne semble pas aller à l’encontre de ce que beaucoup d’artistes estiment être un pillage de leurs œuvres, à l’image de Billie Eilish, Doechii et un parterre d’autres stars qui, en 2024 déjà, ont signé une lettre dénonçant « l’utilisation prédatrice de leurs voix » par les IA.

« Si vous prenez le travail d’un être humain, c’est sans doute une mauvaise chose, s’est pour sa part prononcé Ed Sheeran en 2023. Le principe même de la société repose sur le fait que nous travaillons tous. Si tout est fait par des robots, tout le monde se retrouvera sans emploi. »

Parmi les problèmes, il y a ce qu’ils considèrent comme une utilisation sans foi ni loi de leurs créations afin d’entraîner et de servir des programmes comme Suno et Udio, des plateformes permettant à leurs utilisateurs de créer des morceaux entièrement nouveaux à partir de simples suggestions de paroles.

Quid de l’environnement ?

L’usage, ici, de Kits.Ai ne règle pas un autre sujet primordial : son impact environnemental. Si les géants de la tech refusent de faire preuve d’une totale transparence en la matière, la consommation considérable en eau des millions de data centers qui alimentent le fonctionnement des IA génératives, inquiète la communauté internationale.

Éthiquement aussi, il y a débat. La question, qui s’est déjà posée à la sortie du dernier album de Damso (dont le morceau Magic intègre des chœurs générés par IA) ou d’un récent retour en chanson de l’Américaine Liza Minelli, alimente bien des discussions dans le secteur de la musique, et ailleurs.

Lors de ce Festival de Cannes, Seth Rogen a par exemple déclaré : « Si votre instinct est d’utiliser l’IA et de ne pas passer par le processus [de création], vous ne devriez pas être un auteur, parce que vous n’écrivez pas. » À l’inverse, Peter Jackson a défendu son usage comme pour n’importe quel autre « effet spécial ».

Qu’en pense Timothée Chalamet ? Pas un mot sur le sujet pour l’instant, mais la star de cinéma s’est dernièrement illustrée pour avoir campé Bob Dylan dans un biopic sur le chanteur, film pour lequel il a appris pendant plusieurs années à jouer de la guitare et à chanter comme lui. Mieux qu’une IA ? La réflexion d’un artiste en plus, en tout cas.

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