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Le gouvernement du Québec mandate le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) pour tenir une audience sur le programme décennal d’intervention pour la protection des infrastructures du ministère des Transports et de la Mobilité durable face aux aléas côtiers.
Dans le contexte des changements climatiques, le ministère veut protéger 228 tronçons de route jugés vulnérables au Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine.
Devant l'ampleur des segments à préserver de l'érosion ou de la submersion côtière, le gouvernement voulait obtenir une approbation environnementale unique pour l'ensemble des tronçons de route menacés.
Une requête qui tombe sous le sens, selon le maire de la municipalité des Îles-de-la-Madeleine, Antonin Valiquette. Dans le fond, c’est un processus de simplification administrative.
S’il faut demander un BAPE et l’ensemble des autorisations environnementales et gouvernementales à chaque site, la paperasse administrative va prendre plusieurs années avant de se régler.
Le mandat du BAPE débutera le 19 mai et aura une durée maximale de quatre mois. L'audience publique sera divisée en deux.
La première partie, c’est la commission d’enquête qui est responsable d’analyser le projet qui va inviter le ministère des Transports et les personnes-ressources de différents ministères et organismes pour répondre aux questions de la population, explique le conseiller en communication au BAPE, Patrick Fournier.
Cette première étape aura lieu en mai, à une date qui doit être précisée prochainement. La deuxième partie va se tenir en juin, donc là, la population va être invitée à exprimer son opinion. Si elle a des suggestions, des préoccupations, des recommandations [...] elle va pouvoir venir les présenter à la commission, ajoute M. Fournier.

Les aléas côtiers regroupent principalement l’érosion, la submersion marine et les glissements de terrain. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
Le public pourra le faire en personne ou par écrit. D’ailleurs, les détails entourant les modalités de participation seront annoncés sous peu.
Le préfet de la MRC de La Matanie et membre de la Table régionale des élus municipaux du Bas-Saint-Laurent (TREMBSL), Gérald Beaulieu, se réjouit que les populations riveraines soient écoutées, puisque ce sont elles qui subissent les aléas côtiers.
On n’a qu’à regarder ce qui s’est passé dans les 20 dernières années dans le secteur de [Saint-Maxime-du-]Mont-Louis, Mont-Saint-Pierre, où il y a eu des dommages très importants, fait valoir M. Beaulieu.
Celui qui est aussi maire de Baie-des-Sables rappelle que des travaux majeurs seront nécessaires au cours des prochaines années. Il faut quand même se rendre compte que la route 132 suit le littoral et, dans certains cas, présente des faiblesses très importantes en regard des aléas côtiers.

Lors de tempête, le fleuve déborde régulièrement sur la route 132. (photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet
BAPE supplémentaire à venir?
La présidente du Conseil régional de l'environnement de la Gaspésie fait valoir que les audiences du BAPE annoncées mercredi ont une portée régionale. On a une vue d’ensemble de tous les villages affectés par les aléas côtiers, précise Julie Reid Forget.
Selon elle, la tenue d'audiences spécifiques pourrait être exigée pour certains projets majeurs de réfection de la route. Chaque projet en soi, s’il est important, puis que ça a de grands impacts sur l’environnement et des risques, à ce moment-là, ils vont déclencher un BAPE spécifique au projet de protection des infrastructures, comme rehausser une route ou faire une voie de contournement.
Mme Reid Forget confirme l’intention de son organisme de s’impliquer dans ce dossier, notamment en guidant tout citoyen qui voudrait prendre connaissance des études.
Le BAPE a tenu une série de séances d'information au cours de l'hiver et du printemps, une étape préalable à l'audience à venir.
Le géographe et géomorphologue Antoine Morissette préside la commission d'enquête. C'est également lui qui s'était penché sur les travaux de dragage au port de Gros-Cacouna. Il est membre du BAPE à temps complet depuis 2022.
Avec la collaboration de Bruno Lelièvre


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