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Politique 15/04/2026 10:41 Actualisé le 15/04/2026 10:44
Le maire de Saint-Denis a démenti par des chiffres tout départ massif de ses agents de police courtisés par l’extrême droite.

LUDOVIC MARIN / AFP
Bally Bagayoko, le 21 mars 2026
EN BREF • Le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko affirme que seulement deux policiers municipaux ont quitté la ville depuis son élection.
• Sur RTL, il a clarifié sa position sur le désarmement de la police municipale qui ne concerne que le LBD.
• Le maire LFI demande plus de policiers nationaux et des moyens pour la prévention
L’extrême droite s’était empressée de leur tendre les bras mais en réalité, les intéressés n’étaient pas si nombreux. Le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko dément toute vague de départ massif des policiers municipaux de sa ville sur fond de désaccord avec sa ligne politique, qui prône notamment un désarmement partiel de certains agents.
Les policiers « sont toujours là, beaucoup d’entre eux, contrairement aux fake news » qui ont circulé, a déclaré le maire LFI de Saint-Denis ce mercredi 15 avril sur RTL. « Éric Ciotti indique qu’il en a reçu cinq, ce n’est pas vérifiable. 90 avaient été annoncés, je ne sais plus par quel média, ce qui est faux. Et 30 qui avaient été annoncés par je ne sais plus quel autre média, c’est faux », a-t-il détaillé, avant de conclure : « aujourd’hui, nous avons objectivement deux personnes qui sont parties sur 135. »
Dès le lendemain des élections municipales, le Syndicat de défense des policiers municipaux (SDPM) avait appelé les policiers à « fuir les communes LFI ». L’appel avait été relayé par l’extrême droite, le président du RN Jordan Bardella dénonçant leur « mise en danger par les nouveaux maires LFI, qui souhaitent les désarmer face à la délinquance ».
« Ne donnons pas l’impression que la police municipale aurait juste des pistolets à eau. » Bally Bagayoko, sur RTL.Sauf qu’il n’en est rien. Au micro de RTL, Bally Bagayoko a de nouveau expliqué que seuls les LBD seraient mis à l’écart et leur nombre « réduit », sans pour autant disparaître puisqu’ils « restent dans la voiture » des fonctionnaires. En parallèle, « c’est une arme parmi tant d’autres. Ils ont le 9 mm, la gazeuse, le pistolet à impulsion électrique. Ne donnons pas l’impression que la police municipale de Saint-Denis et Pierrefitte-sur-Seine aurait juste des pistolets à eau, ce n’est pas le cas », a insisté l’élu, précisant par ailleurs que les effectifs n’avaient pas vocation à être réduits.
Bagayoko réclame plus de policiers nationaux et de prévention
Au contraire, il a réclamé l’aide de l’État pour augmenter le nombre de policiers nationaux, estimé aujourd’hui à 350. « Si l’État était capable de faire un effort d’augmentation de 20 % de ces effectifs, ça permettrait de traiter une partie des problématiques », a-t-il jugé, tout en réclamant en parallèle davantage de moyens pour la prévention. « La première demande de nos territoires c’est la question de la réponse sociale. Je n’oppose pas les deux mais nous considérons qu’il faut traiter l’ensemble des problématiques », a-t-il souligné.
La veille, le maire de la deuxième ville d’Île-de-France avait remis un courrier avec ces mêmes demandes à Emmanuel Macron en déplacement à Saint-Denis. Dans cette lettre, consultée par l’AFP, il déplore par ailleurs les premières mesures provisoires de carte scolaire pour la rentrée 2026, une réduction de moyens qu’il juge « difficilement compatible avec les ambitions nationales de réussite éducative et de luttes contre les inégalités scolaires ». Bally Bagayoko y dénonce également les « dysfonctionnements importants » à la sous-préfecture de Saint-Denis, où les longs délais pour l’obtention et le renouvellement des titres de séjour ont des conséquences « très lourdes » pour les usagers, telles que « perte d’emploi, difficultés d’accès au logement. »
Il a en parallèle invité le chef de l’État à se rendre à la marche républicaine contre le racisme prévue le 3 mai dans la capitale, dans la continuité du rassemblement du 4 avril à Saint-Denis. Aucun membre du gouvernement n’y avait participé.


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