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Bien que la NASA estime que nous soyons à l'abri de tous les astéroïdes connus pour au moins un siècle, il demeure possible que la Terre soit un jour menacée par un gros fragment de roche spatiale. C'est la raison pour laquelle de nombreux scientifiques partagent un espoir digne des plus grands films de science-fiction: si un astéroïde menaçait la Terre, pourquoi ne pas le pulvériser grâce à l'énergie nucléaire?
Afin de vérifier la possibilité d'un tel scénario, une équipe de l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN) a mené une expérience sur une météorite, grâce au Super Proton Synchrotron (SPS), un accélérateur de particules situé près de Genève. Selon le média IFL Science, cette étude révèle cependant quelques complications.
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Pour comprendre les enjeux d'une telle expérience, il faut remonter à 2022, quand la NASA a percuté l'astéroïde Dimorphos avec une sonde spatiale afin de modifier sa trajectoire. La mission a réussi à dévier l'astéroïde mais la répartition des débris qu'elle a engendrés soulève encore des questions aujourd'hui. «Nous avons constaté que les blocs n'étaient pas dispersés aléatoirement dans l'espace, déclarait à l'époque Tony Farnham, auteur principal d'une étude parue en 2025 sur le sujet. Ils étaient plutôt regroupés en deux ensembles bien distincts, et il n'y avait pas de débris ailleurs, ce qui signifie qu'un phénomène inconnu est à l'œuvre.»
Dans une situation où la Terre serait réellement menacée, cela pourrait poser un léger problème. «Si un astéroïde fonçait droit sur nous et que nous savions devoir le dévier d'une certaine distance pour éviter une collision avec la Terre, alors toutes ces subtilités deviendraient cruciales, déclarait en 2025 Jessica Sunshine, coautrice de l'étude. On pourrait comparer cela à une partie de billard cosmique. On risquerait de rater si l'on ne tenait pas compte de toutes les variables.»
Quid d'une pulvérisation nucléaire?
C'est ainsi que la destruction des astéroïdes par des frappes nucléaires est devenue une option, considérée bien sûr comme un dernier recours en raison du risque de fragmentation. Dans la nouvelle étude du CERN, l'équipe de scientifiques a donc soumis un échantillon de la météorite Campo del Cielo à 27 impulsions de haute énergie du faisceau de protons de 440 gigaélectronvolts du SPS, afin de recréer les conditions d'impact et d'en mesurer les effets. L'échantillon n'a cependant pas réagi comme prévu.
«Le matériau est devenu plus résistant, présentant une augmentation de sa limite d'élasticité et un comportement d'amortissement auto-stabilisant», explique Melanie Bochmann, co-responsable de l'équipe, dans un communiqué. En bref, la météorite a beaucoup mieux résisté que prévu. Bien que renforcer un astéroïde potentiellement mortel ne semble pas être une idée particulièrement judicieuse, l'objectif n'étant pas de le briser, mais de le dévier d'une trajectoire sûre vers la Terre, il s'agit peut-être d'une bonne nouvelle.
«Nos expériences indiquent que, du moins pour les matériaux astéroïdaux riches en métal, un dispositif plus grand qu'on ne le pensait peut être utilisé sans risquer de briser l'astéroïde de manière catastrophique, continue Melanie Bochmann. Cela permet de conserver une option d'urgence pour les situations impliquant des objets très volumineux ou des délais d'alerte très courts, où les méthodes non nucléaires sont insuffisantes et où les modèles actuels pourraient supposer que la fragmentation limiterait la taille du dispositif utilisable.»
Des études complémentaires sont cependant nécessaires. L'échantillon de météorite a donc été transféré au laboratoire Rutherford Appleton au Royaume-Uni, où il fera l'objet de mesures de diffraction neutronique et de spectroscopie. La NASA et l'ESA prévoient également d'étudier l'astéroïde Apophis lors de son passage au plus près de la Terre en 2029, afin d'observer comment il est affecté par la gravité de notre planète.





























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