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Avec Lula, le Brésil passe de 6 à 5 jours de travail et réduit la semaine de 44 à 40 heures

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Réforme soutenue par Lula. Jusqu’à 26,8 millions de travailleurs concernés selon une étude syndicale.

Au Brésil la première mesure de Lula a ete de faire passer la semaine de 6 jours de travail à 5 jours

Quand on vous dit votez bien c’est de ca qu’on parle https://t.co/SnavxRYhTB

— Nasss♟️ (@NassimMTL) October 29, 2026

Travailler du lundi au samedi, puis consacrer son unique jour de repos aux courses, au ménage et aux obligations familiales. Au Brésil, ce quotidien porte un nom : « 6×1 », six journées travaillées pour une seule journée libre. Il était courant dans le commerce, la restauration et de nombreux services. Le 16 octobre 2026, le Congrès brésilien a promulgué l’amendement constitutionnel 141, qui met fin à ce régime comme organisation habituelle du travail.

La réforme a été portée politiquement par Luiz Inácio Lula da Silva, mais elle ne vient pas d’une décision solitaire du président. Elle est le résultat de plusieurs années de propositions parlementaires et d’une mobilisation née sur les réseaux sociaux. Elle a même été adoptée avant la réélection de Lula, le 25 octobre 2026. Pour ceux qui en bénéficieront, son effet le plus immédiat sera très concret : un deuxième jour de repos, sans perdre une partie de leur paie.

Deux jours de repos, 40 heures à terme, aucun salaire amputé

Le changement se fera en deux temps. À la mi-décembre 2026, les employeurs devront garantir deux jours de repos rémunérés par semaine et ramener le plafond de 44 à 42 heures. En décembre 2027, ce plafond descendra à 40 heures. Le salaire mensuel devra rester intact. Ces étapes figurent dans les dispositions détaillées par la Chambre des députés brésilienne.

La loi n’impose pas que chaque entreprise ferme le samedi et le dimanche. Les secteurs ouverts sept jours sur sept devront réorganiser leurs équipes. Des accords collectifs pourront aménager certaines répartitions d’horaires et compensations, sans supprimer les garanties fondamentales de repos et de rémunération. Pour les employeurs comme pour les salariés, l’application réelle de la réforme se jouera donc aussi dans les plannings.

Tout est parti d’un salarié épuisé, filmé avec son téléphone

Avant les débats au Congrès, il y a eu Rick Azevedo, employé de pharmacie à Rio de Janeiro. En 2023, il publie une vidéo racontant la fatigue de ceux qui n’ont qu’un jour pour tout faire. Son témoignage se répand, des milliers de salariés racontent à leur tour leur quotidien, et le mouvement Vida Além do Trabalho (« La vie au-delà du travail ») prend forme. « Ce n’est pas vivre, c’est survivre », explique-t-il dans un entretien accordé à Agência Brasil.

Une proposition existait déjà depuis 2019, déposée par le député Reginaldo Lopes. La mobilisation populaire a ensuite nourri une autre initiative, défendue en 2025 par la députée Erika Hilton. Les textes ont été rapprochés jusqu’au compromis voté par le Parlement. Lula a soutenu ce combat et présenté lui-même un projet en avril 2026. Le parcours de cette réforme ne se résume donc ni à une promesse électorale ni à la signature d’un homme : des travailleurs ont imposé leur problème au calendrier politique.

Combien de Brésiliens vont réellement en profiter ?

Le ministère brésilien du Travail dénombrait, fin 2025, 14,7 millions de salariés déclarés travaillant encore selon le rythme 6×1, soit environ un tiers des salariés couverts par le droit commun du travail. Par ailleurs, une estimation du Département intersyndical de statistiques et d’études socioéconomiques (Dieese), reprise par Agência Brasil, évoque 26,8 millions de travailleurs susceptibles de bénéficier de la fin du 6×1 et du passage aux 40 heures, en comptant aussi certaines situations au-delà de l’emploi salarié déclaré. Ces chiffres mesurent deux périmètres différents ; ils ne s’additionnent pas.

Les syndicats applaudissent, les entreprises redoutent les coûts

Les organisations de salariés défendent davantage de temps pour la famille, les soins, les loisirs et le repos. Le gouvernement estime qu’une semaine plus courte pourrait également réduire l’épuisement et favoriser des embauches dans certains métiers. À l’inverse, la Confédération nationale de l’industrie avertit d’une hausse des coûts, de risques sur les prix et de difficultés pour les petites entreprises. Il s’agit de prévisions et d’arguments économiques : les effets concrets devront être mesurés après l’entrée en vigueur.

Une réforme votée avant la victoire électorale de Lula

Le Sénat a approuvé le texte le 14 octobre, par 75 voix contre une, puis le Congrès l’a promulgué le 16. Neuf jours plus tard, Lula remportait le second tour de la présidentielle. L’ordre des événements est important : ce n’est pas la première mesure de son nouveau mandat, mais une réforme sociale adoptée avant le scrutin, avec son soutien. Elle a traversé des clivages politiques : même Flávio Bolsonaro, son adversaire au second tour, a voté en faveur du texte au Sénat.



La semaine de cinq jours ne réglera pas, à elle seule, les difficultés de revenus ou les inégalités au Brésil. Mais pour les salariés qui n’avaient qu’un jour à eux, elle modifie quelque chose de fondamental : le temps disponible pour vivre hors du travail. Reste maintenant à vérifier que le deuxième jour de repos annoncé se retrouve réellement sur les plannings à partir de décembre.

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