La beauté du titre, tout d’abord: Glissando, ce terme de musique qui décrit le passage continu d’une note à l’autre, comme peut le faire naturellement la voix humaine. Un mot qui évoque aussi le fait de glisser au travers des jours, de la vie, de s’élever parfois, puis de redescendre et de reprendre la glisse. Le nouveau roman d’Anne-Sophie Subilia est une tentative aussi risquée que réussie de faire du quotidien en apparence banal le cœur battant de la vie de ses personnages, la scène où tout se joue, le territoire où l’infiniment petit et l’infiniment grand de l’existence se rejoignent.
Il faut pour cela une écriture aussi sensible qu’un sonar pour détecter ce qui se noue sous la surface de l’ordinaire. Livre après livre, Anne-Sophie Subilia précise sa focale. Le précédent, L’Epouse, en 2022 (Prix suisse de littérature, sélection aux prix Femina et Médicis), entrait dans la solitude ensablée d’une femme de délégué du CICR en poste à Gaza, dans les années 1970, avec une attention déjà aux micro-événements, aux infimes fluctuations des perceptions.


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