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Avec ce meeting au Parc Floral, Bruno Retailleau peut-il retrouver un nouveau souffle ?

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Politique 20/06/2026 07:45 Actualisé le 20/06/2026 10:54

Le candidat LR à l’élection présidentielle réunit ses troupes ce samedi à Paris.

Bruno Retailleau le 18 juin 2026 à Paris.

DANIEL PERRON / Hans Lucas via AFP

Bruno Retailleau le 18 juin 2026 à Paris.

Ces derniers mois, Bruno Retailleau traverse une passe délicate. Depuis sa sortie du gouvernement à l’automne, l’ex-ministre de l’Intérieur a quasiment disparu du débat public, ne réapparaissant qu’à la faveur de faits divers ou de grand sujet de société, comme récemment avec l’affaire Lyhanna, quand il a remis sur la table sa proposition de castration chimique pour les criminels sexuels les plus dangereux.

Le patron de LR retrouvera un peu de voix (et d’air, malgré les températures caniculaires) ce samedi avec son premier meeting de campagne, organisé au Parc Floral à Paris. Un passage obligé de tout candidat à l’élection présidentielle, auquel se sont déjà soumis Gabriel Attal, Jean-Luc Mélenchon ou Raphaël Glucksmann ce printemps, et qui recèle bon nombre d’enjeux pour le Vendéen.

Dans son entourage, on explique que l’essentiel de son discours, prononcé en début d’après-midi, portera sur ses sujets de prédilection : l’ordre, la sécurité, l’immigration, le travail et le mérite. Autant de thèmes qui lui ont permis d’occuper l’espace lors de son passage à Beauvau. Mais l’objectif désormais serait surtout d’élargir un socle qui, en dépit de la petite notoriété acquise en quelques mois aux manettes, ne dépasse pas les 8 ou 9 % d’intentions de vote dans les sondages.

Là est le paradoxe Retailleau : porté aux nues par les médias de la galaxie Bolloré lorsqu’il était ministre, il a vu sa cote de popularité grimper en flèche et ses thèmes fétiches trouver un certain écho dans le débat médiatique. « Il incarne une France majoritaire, celle des honnêtes gens », louait par exemple Pascal Praud sur le plateau de CNews, quand les sondeurs plaçaient le dirigeant LR en tête des classements de popularité. Mais dès son départ du gouvernement (qui s’est fait dans des conditions à peine croyables, avec un tweet surréaliste publié quelques minutes après sa reconduction), la comète Retailleau a perdu de son éclat.

Le Vendéen, connu pour ses positions ultraconservatrices, continue de creuser un sillon à droite toute. Au point que certaines figures macronistes, comme l’ex-ministre Prisca Thévenot (dont le parti a pourtant accepté son entrée au gouvernement) ne savent pas s’il convient de le ranger à droite ou à l’extrême droite. Celui qui a fait ses gammes auprès de Philippe de Villiers s’est opposé au mariage homosexuel en 2013, a jugé l’adoption pour les couples de même sexe « contre nature » et a voté contre la suppression des thérapies de conversion au Sénat en 2021 ou l’inscription du droit à l’avortement dans la Constitution.

Pas « d’eau tiède »

Dans son camp, on estime que ce positionnement, malgré des idées radicales sur les enjeux sociétaux, peut séduire de nombreux Français qui veulent tourner la page du macronisme sans forcément se jeter dans les bras de l’extrême droite. La question se pose dès lors de la singularité du projet d’un Bruno Retailleau, pris en étau entre Édouard Philippe et Jordan Bardella, comme de sa capacité à rassembler les électeurs de droite.

« Je vois tous ceux qui défendent l’immobilisme, qui pensent qu’on peut continuer la politique à l’ancienne avec des rustines, de l’eau tiède. Nous allons avoir besoin de solutions drastiques », expliquait encore son bras droit, le secrétaire général de LR Othman Nasrou, ce vendredi sur france info. Au même moment, un autre de ses proches, l’eurodéputé François-Xavier Bellamy, déclarait sur Sud Radio que le bulletin de vote Retailleau était le plus efficace pour « sortir de la faillite du macronisme et du socialisme ». Suffisant, pour convaincre ?

Ses détracteurs prennent soin de souligner au contraire les faiblesses de Bruno Retailleau, au-delà de ses marqueurs habituels. Que propose-t-il pour l’hôpital, pour la défense, pour le climat ? L’homme qui s’était fixé trois priorités lors de son entrée au gouvernement, « rétablir l’ordre, rétablir l’ordre et rétablir l’ordre », peine en réalité à se faire entendre sur tout un tas de sujets d’importance.

« La politique, ça ne peut pas être des mots qui claquent au journal de 20 heures, cingle ainsi l’ex-ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher dans un numéro de Complément d’enquête diffusé le 11 juin sur France 2. Ça doit être des résultats, du travail, de l’humilité. Or Bruno Retailleau n’a pas de résultat ». Un reproche régulièrement adressé à cet adepte des coups de communication et des phrases choc qui n’a pas réussi à se forger de bilan lors de son passage au ministère de l’Intérieur.

Dans ce contexte, l’ancien patron de Beauvau ne peut pas compter non plus sur l’appui unanime de son parti. Ce samedi, plusieurs ténors LR brilleront par leur absence, à l’image de Laurent Wauquiez, le patron du groupe à l’Assemblée, Xavier Bertrand et Jean-François Copé, tous critiques de la ligne ou de la stratégie de leur candidat officiel. Une difficulté de plus pour un prétendant qui se doit de rassembler toutes les tendances de son camp.

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