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Politique 05/07/2026 11:46 Actualisé le 05/07/2026 11:48
Avant de se positionner pour ou contre la motion de censure, les socialistes ont réclamé des actes du gouvernement en matière d’environnement.
Par Jade Toussay avec AFP

TELMO PINTO / NurPhoto via AFP
Boris Vallaud, président du groupe PS, à l’Assemblée le 2 février 2026.
EN BREF • Les députés socialistes hésitent à voter la motion de censure déposée par les écologistes contre Sébastien Lecornu.
• Les troupes de Boris Vallaud réclament des actions concrètes en matière d’environnement, notamment la sanctuarisation du fonds vert.
• Malgré des demandes pressantes, la motion a peu de chances de succès, le Rassemblement national refusant de voter avec les écologistes.
Presque un accord de non-censure qui ne dit pas son nom. Alors qu’une motion de censure a été déposée par le groupe écologiste à l’Assemblée pour dénoncer le manque d’actions du gouvernement dans la lutte contre le réchauffement climatique et pour l’adaptation du pays, les députés socialistes réservent encore leur position, exhortant Sébastien Lecornu à prendre des mesures. En échange d’une abstention lors du vote, attendu lundi 6 juillet ?
« Face au dérèglement climatique, nous ne sommes pas prêts », écrivent les députés socialistes dans un courrier adressé au Premier ministre dont l’AFP a eu copie. « Votre gouvernement ne porte pas seul la responsabilité de cette situation. Néanmoins, nous regrettons la forme de votre réplique lors de la séance des Questions au Gouvernement du 30 juin dernier », soulignent-ils en référence à la vive altercation entre Sébastien Lecornu et la présidente du groupe écologiste Cyrielle Chatelain.
L’élue avait accusé le chef du gouvernement d’avoir « les morts (de la canicule) sur la conscience ». L’accusation a fait « sortir de ses gonds » l’interpellé qui a remis en cause le chiffre de 10 000 décès évoqué par les Verts.
Dans la foulée, les écologistes ont déposé une motion de censure dont l’examen est prévu ce lundi, selon l’agenda en ligne de l’Assemblée nationale. Elle sera votée par le groupe France insoumise et le groupe Gauche Démocrate et République. Mais la position des élus socialistes reste inconnue à la veille de l'examen.
Sans le dire, les socialistes posent leurs conditions
Comme les écologistes, le groupe mené par Boris Vallaud déplore la réduction du fonds vert dans le budget 2026, les « changements incessants de règles et gels divers » du dispositif MaPrimeRenov ou encore la « stagnation » de dispositifs comme « le fonds chaleur » ou l’aide à l’achat de véhicules propres. Ils dénoncent également l’ordre du jour de la session extraordinaire du Parlement, un « catalogue de mesures régaliennes qui interrogent quant à leur efficacité et leur pertinence » et les projets de loi en cours d’examen « qui comportent, à ce stade, d’importants reculs environnementaux qui nous affaibliraient face aux effets du changement climatique ». Par exemple la loi d’urgence agricole, modifiée et votée par les sénateurs pour y réintroduire une dérogation à l’interdiction de pesticides et un assouplissement des règles de gestion de l’eau.
« Il n’est pas trop tard pour entendre les attentes des Françaises et des Français et y donner une traduction concrète », poursuivent les socialistes, avant de préciser leurs demandes. Tout d’abord l’inscription à l’ordre du jour du Sénat d’une proposition de loi PS « visant à reconnaître une politique nationale d’adaptation au changement climatique et à adapter les mécanismes d’assurance ». S’y ajoutent le dégel et la hausse des crédits 2026 du fonds verts ainsi que la levée « des freins réglementaires parfois absurdes qui bloquent cette adaptation. »
Avec ou sans le PS, Lecornu serein
« Si votre majorité n’est pas la nôtre et si nous ne soutenons pas votre gouvernement, nous savons que nous pouvons nous retrouver quand il s’agit de l’avenir du pays. Monsieur le Premier ministre, il vous reste quelques jours pour nous en donner la preuve », concluent les députés. L’avertissement ne va pas plus loin, mais le sous-texte est clair : sans engagement du chef du gouvernement sur leurs demandes, ils pourraient bien voter la censure avec le reste des groupes de gauche.
Même avec le soutien du PS, la motion a cependant peu de chances de passer, les quatre groupes de gauche ne disposant pas des 289 voix requises pour faire tomber un gouvernement. Le Rassemblement national a indiqué qu’il n’entend « pas rendre service » aux députés écologistes en votant le texte. Son vice-président Sébastien Chenu a renvoyé au « vrai rendez-vous » de l’examen du projet de loi de finances 2027 à la rentrée, sur lequel le parti d’extrême droite « ne s’interdit rien ».


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