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Dans « Sept à Huit », l’actrice a répondu à Audrey Crespo-Mara sur son rapport à la célébrité, et ses complexes.
À quelques jours de remonter les marches du Festival de Cannes, Virginie Efira continue de cultiver ce mélange rare de glamour et d’autodérision qui la rend si populaire. Dans le portrait que lui a consacré Sept à Huit ce dimanche 10 mai, l’actrice césarisée a parlé autant de cinéma que de ses complexes persistants, de son rapport à la célébrité et surtout de cette « Belgitude » qu’elle considère presque comme un antidote naturel au star-system.
Car malgré son statut de star du cinéma français, Virginie Efira assure n’avoir jamais complètement perdu cette distance avec elle-même. Une manière de voir le monde qu’elle relie directement à son enfance en Belgique.
« Parce que c’est un petit pays divisé en deux langues, avec une identité forte, mais un peu en creux. Qu’à côté, il y a la France avec la grande histoire. Et donc, tu ne peux pas grandir en Belgique en te prenant tout à fait au sérieux », explique-t-elle à Audrey Crespo-Mara.
« On commençait à se la péter sur notre modestie »
Dans cette interview, Virginie Efira s’est moquée gentiment de cette réputation de modestie souvent accolée aux Belges.
« Un jour, on a fait une émission de télévision, je ne me rappelle plus de laquelle c’était. On était tous des Belges en train de parler de notre modestie. Je me suis dit qu’on commençait à se la péter sur sa modestie. » Avant d’ajouter, amusée : « Mais c’est vrai qu’il y a quelque chose de culturel. »
Derrière la blague, l’actrice décrit surtout une culture où l’on apprend très tôt à relativiser les statuts et les hiérarchies. « Il y a plein de choses qui peuvent être stressantes, mais tu peux essayer de les détourner pour qu’elles deviennent un peu amusantes. » Un réflexe qui semble lui avoir été utile dans un milieu comme le cinéma, et plus encore dans des événements comme le Festival Cannes, dont la 79e édition débutera ce mardi 12 mai.
« Le Festival de Cannes, c’est un endroit assez hystérisé où tu peux très fort sentir les hiérarchies. Ce ne sont pas que des choses très agréables. » Mais là encore, Virginie Efira préfère détourner les codes plutôt que les sacraliser.
Des « ratés » et des complexes
Cette distance avec le prestige n’a pas empêché l’actrice d’évoquer plus frontalement ses complexes. Virginie Efira est même revenue sur ce qu’elle considère comme des « ratés » dans son parcours.
« Le Conservatoire, c’est moi qui suis partie, après même pas un an, et l’INSAS, qui était une école de théâtre assez chouette, au bout d’un an, ils m’ont dit qu’il faudrait peut-être recommencer cette année. »
Elle a expliqué avoir longtemps été « guidée par [m]es peurs », freinée par « un sentiment d’illégitimité totale qui [m]’empêchait de trouver une liberté dans le geste ».
Loin de l’image de la comédienne sûre d’elle, Virginie Efira a aussi raconté avoir nourri « tous les complexes », notamment intellectuels. « J’avais su très tôt que je n’étais pas exceptionnelle intellectuellement. »
Aujourd’hui, l’actrice dit avoir changé de regard sur elle-même et sur les critiques. « Moi, je n’ai pas ce truc de me dire si je suis à ma place ou pas. Ce n’est plus une question que je me pose. »
Virginie Efira fait partie du casting de deux longs-métrages en compétition au Festival de Cannes, Soudain et Histoires Parallèles.


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