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Autoriser la baignade dans le quai du Wault à Lille : cette habitante lance une pétition pour s'y opposer

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Si la Ville de Lille compte bien tout faire pour autoriser la baignade dans le quai du Wault, certains s'y opposent. C'est le cas d'une habitante qui a lancé une pétition. Détails.

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Claire Albaret, habitante du quai du Wault, a lancé une pétition, soutenue par Jean-Luc Calonger, président de l'Association belge du management de centre-ville.

Claire Albaret, habitante du quai du Wault, a lancé une pétition, soutenue par Jean-Luc Calonger, président de l’Association belge du management de centre-ville. ©Nathéo DILLENSEGER

Par Natheo Dillenseger Publié le 27 juil. 2026 à 18h05

Un quai, deux ambiances. Vendredi 10 juillet 2026, le premier adjoint au maire de Lille, Stéphane Baly, a signé la Charte des villes baignables. « Nous sommes ravis d’accueillir officiellement la Ville de Lille en tant que deuxième ville française à signer la charte », s’est réjouie l’Alliance des villes baignables (Swimmable Cities) sur Linkedin. Dans le même temps, Claire Albaret, habitante du Vieux-Lille, comptait le nombre de signatures qu’a récoltées sa pétition. Elle s’oppose à la baignade sur ce site. Nous l’avons rencontrée. 

Se baigner dans le quai du Wault à Lille : cette habitante s’y oppose et a lancé une pétition

Pour rappel, l’idée d’ouvrir un espace à la baignade à Lille n’est pas nouvelle. Elle avait émergé bien avant la campagne des élections municipales, puis s’est directement retrouvée dans le programme d’Arnaud Deslandes, dès le premier tour, ciblant explicitement le quai du Wault. Depuis, les premières mesures de qualité de l’eau ont débuté et la Ville espère pouvoir autoriser la baignade à partir de l’été 2028.

Mais ce n’est pas du goût de Claire Albaret dont le logement donne sur le quai. « Il y a toujours eu un ou deux excentriques », lâche celle qui habite ici depuis 2006. « Lais c’était anecdotique. Là, ce qui devient problématique, c’est que l’espace est saturé. »

Claire Albaret veut notamment défendre le caractère patrimonial du lieu qui se trouve dans la zone classée

Claire Albaret veut notamment défendre le caractère patrimonial du lieu qui se trouve dans la zone classée « site patrimonial remarquable ». ©Nathéo DILLENSEGER

Claire a très mal vécu la canicule du mois de juin et les nombreux sauts, surtout de jeunes, dans le quai du Wault. « Ça fait caisse de résonnance et ça continue la nuit. Donc soit on dort fenêtre fermée et on étouffe, soit on ne dort pas à cause du bruit. Et je vous passe les battles de Jul et Booba. »

Début juillet, la Lilloise a donc lancé une pétition en ligne intitulée : « Non à la transformation du Quai du Wault en zone de baignade urbaine ». À ce jour 177 personnes l’ont signée

Que contient la pétition contre l’autorisation de la baignade dans le quai du Wault ? 

Dans ce texte, Claire Albaret défend « l’un des sites les plus emblématiques de notre ville » et regrette « des nuisances sonores, des rassemblements nocturnes, des dégradations et incivilités (urine sur les trottoirs, déchets, ndlr) », ajoutant que « l’implantation d’une zone de baignade ne peut qu’accentuer fortement ces problèmes ».

Parmi ses soutiens figure Jean-Luc Calonger, président de l’association belge du Management de centre-ville. Pour lui aussi, « c’est une mauvaise idée de mettre une piscine dans une zone habitable. » Et ce dernier de lister « les conflits d’usages » déjà à l’œuvre sur le site : 

  • « Le quai est devenu une zone de sortie de ville pour les voitures et la voirie n’a pas été faite pour supporter un tel flux », estime-t-il, se reposant sur les pavés usés et abîmés.
  • « Sur les quais où les gens s’assoient, les vélos passent. »
  • « Et il y a un troisième conflit d’usage avec la présence de riverains. »

Même si la Ville ne prévoit d’ouvrir la baignade qu’une partie de l’année, pour Claire, « le Quai du Wault n’est pas un simple plan d’eau et sa transformation en équipement de loisirs va durablement altérer son caractère patrimonial et son ambiance ». 

L'actuelle zone classée

L’actuelle zone classée « site patrimonial remarquable » à Lille. ©Ville de Lille

Dans ce texte, elle appelle également à « préserver la biodiversité existante, l’attractivité et l’économie de la ville », et demande donc « le renoncement au projet de baignade urbaine au Quai du Wault, la préservation du caractère historique, paysager et écologique du site et l’étude de solutions alternatives dans des secteurs plus appropriés ». 

Une opposition avec des solutions, la Ville promet une concertation

Toutefois, la pétition avance quelques propositions. Reste à savoir si elles sont des solutions… « Nous ne sommes pas opposés au développement d’activités récréatives ou à la valorisation des espaces aquatiques de la métropole », est-il écrit. « Je suis pour, confirme la Lilloise, mais pas dans des zones d’habitats. »

D’où les propositions de plusieurs sites alternatifs (Euratechnologies, gare d’eau de Bois-Blancs, abords de la Citadelle…), dont certains ont déjà été balayés par la Ville, notamment pour leur pollution, comme c’est le cas pour le bras mort de la Deûle, le long de l’esplanade du Champ de Mars. Jean-Marc, de son côté, vante les piscines flottantes de Copenhague (Danemark). Mais contrairement à d’autres infrastructures en Europe, celles-ci utilisent l’eau du fleuve, dépolluée.

Quant à Claire, elle a « l’espoir que ça ne se fasse pas ou ailleurs », et maintient : « Ce serait à Lille sud ce serait pareil. Comment on fait pour interdire la baignade quand elle n’est pas autorisée ? La police et la Ville n’y arrivent pas. On va massacrer du patrimoine historique pour un maire qui a une obsession. » 

Un mécontentement qui devrait pouvoir s’exprimer puisque la Ville indique ce lundi 27 juillet que : « Sous réserve de résultats favorables des tests de qualité de l’eau, les habitants seront associés à la suite de la réflexion, comme c’est le cas pour chacun des projets portés par la Ville de Lille. »

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