La flambée des prix des carburants booste les ventes de voitures électriques en France et en Europe, mais pour nombre d’exposants du Mondial de l’auto, jusqu’au 18 octobre à Paris, les véhicules hybrides n’ont pas dit leur dernier mot sur un marché où les véhicules perdent en taille, mais gagnent en techno.

Laurent Bodin et Ianis Michi - Aujourd'hui à 07:25 - Temps de lecture :

La future Citroën 2 CV est l’une des attractions de ce Mondial de l’auto 2026 au Parc des Expositions de la Porte de Versailles à Paris, jusqu’au 18 octobre.  Photo EBRA/Laurent Bodin La future Citroën 2 CV est l’une des attractions de ce Mondial de l’auto 2026 au Parc des Expositions de la Porte de Versailles à Paris, jusqu’au 18 octobre.  Photo EBRA/Laurent Bodin

Le match entre voitures électriques et véhicules hybrides, dotés d’un moteur thermique et d’un autre électrique, est-il plié ? Au premier jour du Mondial de l’auto, lundi, Fabrice Combolive, le directeur général de la marque Renault, veut rester prudent, tout en se réjouissant de l’envolée des ventes de ses modèles électriques. « Je ne sais pas si le match est plié mais il faut continuer à avancer sur deux jambes. Il existe un avenir pour des hybrides toujours plus performantes avec des consommations autour de 90 g de CO2 par kilomètre, soit une consommation autour de 3,9 l/100 km », indique le patron de la marque Renault selon qui « l’hybride rechargeable n’a, par contre, plus d’avenir. »

« Le match est bien plié », assure, à l’inverse, Marc Hedrich, patron de Kia France. Au Mondial , la marque coréenne présente de nouveaux véhicules hybrides « qui répondront à des besoins spécifiques ». « Pour la France, il n’y aura pas de retour en arrière parce que ce virage électrique est structurel. Même si l’essence repasse à 1,70 € le litre, l’offre s’est enrichie, avec des voitures plus petites, à des prix abordables, avec un réseau de bornes important. Il y a enfin la loi LOM qui pousse les entreprises à s‘électrifier », analyse Marc Hedrich.

Des véhicules plus petits

« Il y a une forte demande des clients pour de bonnes voitures électriques, petites, à un prix autour des 15 000 euros », abonde Antonio Filosa, le directeur général de Stellantis. Alain Favey, le patron de la marque Peugeot, note que « la pression des constructeurs chinois touche principalement l’hybride » mais que « certains pays européens, comme l’Italie, sont encore réfractaires » à l’électrique.

Une tendance lourde observée aujourd’hui est, par ailleurs, la perte de taille des voitures, notamment électriques. « La France a toujours été un pays de petites voitures avec, comme en Italie, des segments A et B dominant le marché », reprend Marc Hedrich. Et le patron de Kia France d’estimer que cela va s’accentuer. « D’abord parce que la fiscalité est très forte sur les grosses voitures, menaçant même de taxer les véhicules électriques pour leur poids. Mais les plateformes des véhicules électriques rebattent aussi les cartes, offrant un empattement plus grand et une habilité intérieure qui équivaut à des voitures thermiques plus grandes », note Marc Hedrich.

Une course technologique sans fin

Ce que confirme Fabrice Combolive, DG de Renault, pour qui « les voitures électriques de segment B, autour de 4,1 m de long comme la Renault 4, sont des véhicules complets avec un large coffre, de la place à l’arrière et une autonomie de 500 km ». « Il y a aussi un attrait des consommateurs pour des véhicules de taille plus réduite facilitant les déplacements urbains mais probablement également pour une question de pouvoir d’achat », ajoute Jean-Marc Streng, vice-président de Honda Motor Europe.

Une autre leçon du Mondial de l’Auto organisée à Paris jusqu’à dimanche prochain est une course technologique folle. Les voitures comptent de plus en plus d’équipements, dans le véhicule et autour de son usage, en lien avec les avancées de l’intelligence artificielle mais aussi sous la pression des géants du numérique. De quoi complexifier les usages mais aussi de freiner le changement de voitures pour certains automobilistes.

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