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Le 23 mars 2024, Cadillac faisait son retour sur le marché français après avoir quitté la France en 2017. La stratégie était la suivante : un énorme showroom parisien “Cadillac City”, une gamme de gros SUV électriques et un retour en F1 censé booster la notoriété de la marque en Europe. Un peu plus de deux ans après, le bilan est catastrophique, au point de remettre en question la présence de la marque chez nous?
Le Progrès - Aujourd'hui à 07:02 | mis à jour aujourd'hui à 09:06 - Temps de lecture :
Disons le tout de suite, l’histoire de Cadillac en France n’a jamais été simple. Pourtant, au fil de sa longue histoire, la marque américaine propriété de General Motors a tenté à plusieurs reprises, et sans aucun succès, sa chance sur le marché européen.
On se souvient des récentes tentatives, comme à la fin des années 80 où Cadillac tente déjà un come-back. La marque américaine s’appuie alors sur la force de frappe de GM en Europe, se montre généreux en espaces publicitaires et imprime de luxueux catalogues. Résultat, un échec cuisant pour les Eldorado, Fleetwood Sixty Special 1989, ou encore Deville, face aux Mercedes-Benz 500 ou BMW Série 7.
Même l’Allante, découvrable étudiée pour plaire aux européens, ne se vend pas. Cadillac lance l’étude de l’Aurora, une voiture mondiale censée concurrencer Lexus en 1990. Mais le concept-car arrive déjà trop tard et le projet est abandonné. Depuis cette époque, les Cadillac immatriculées annuellement en France par des importateurs indépendants se comptaient sur les doigts d’une main.
Le retour en 2024
On aurait pu croire que personne ne remettrait l’idée d’importer Cadillac en Europe sur le tapis, et pourtant. Cadillac annonçait début 2024 son grand retour sur le marché français avec deux modèles électriques, le Lyriq et l’Optiq. Fini les grosses berlines gloutonnes en carburant.
Cadillac est désormais synonyme de SUV électriques, dans un style se voulant “moderne, sportif et innovant” d’après le communiqué de presse de la marque. En clair, un gros SUV de cinq mètres de long sur deux mètres de large, vendu à partir de 81 100€. Le second modèle, à peine plus compact (4,81 m de longueur) devra affronter une concurrence européene et chinoise féroce (prix de base 61000€).
L'Optiq est le second véhicule proposé par Cadillac lors de son retour. Il sera accompagné plus tard du Lyriq V et d'un SUV 7 places le Vistiq. Photo Cadillac
Pas de miracle
Difficile de s’imposer avec des produits qui, sur le papier, n’apportent rien de neuf, face à une concurrence déjà installée. Ajoutons à cela l’absence totale d’image pour la marque Cadillac en Europe. Premier problème, personne ne sait que Cadillac est de retour, deuxième souci, la marque Cadillac a d’abord tout misé sur un showroom parisien à Opéra, sans véritable réseau de distribution. Enfin, les produits n’apportent rien de neuf sur un marché du SUV électrique saturé.
Depuis le début de l’année 2026, seules une dizaine de voitures ont été immatriculées en France. Si on enlève les voitures de direction, les voitures du parc presse et les voitures immatriculées par les concessionnaires, on peut estimer qu’aucun particulier n’a acheté de Cadillac en France cette année.
En Angleterre, on compte une vingtaine d’immatriculations et pour l’ensemble de l’Europe, même si les chiffres sont absents, la tendance est la même : le retour de Cadillac est un cuisant échec.
Quel avenir pour Cadillac en Europe ?
A ce rythme, et quand on sait le coût d’une présence commerciale en Europe, entre infrastructures, homologations, coût salarial et logistique, une seule question se pose : combien de temps GM acceptera de mettre la main au portefeuille pour vendre quelques dizaines de voitures en Europe ? Nous avons interrogé la marque Cadillac en France... qui n’a finalement pas souhaité commenter la situation.


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