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Après leur courte défaite chez les All Blacks, les joueurs de Fabien Galthié jouent gros, ce samedi (9h40), face aux Wallabies, à l’occasion de la 2e journée du Championnat des nations. Faux pas interdit à Brisbane où la France n’a jamais gagné.
Fabien Galthié a beau s’en défendre, il est sous pression. La défaite de deux petits points face aux All Blacks, la semaine dernière, a montré que ce XV de France - certes privé de plusieurs cadres - n’est pas venu aux antipodes pour cumuler des miles, comme c’est le cas habituellement chaque été. Changement de format. Les Bleus sont engagés cette année dans une nouvelle compétition - ce Championnat des nations qui remplace les traditionnelles tournées estivales puis automnales - et ils ont un statut de vainqueur du dernier Tournoi à honorer. Le deuxième match de ce samedi, face à l’Australie (9h40), est donc un rendez-vous capital. Question d’ambitions.
Mais Fabien Galthié, fine bouche, de prévenir : «Même avec l’intégration des finalistes du Top 14, ce n’est toujours pas l’équipe de France. Je suis désolé, j’insiste, ce n’est pas l’équipe qui a gagné le Tournoi des six nations...» Sur le papier, oui. Mais, dans les faits, le sélectionneur tricolore dispose de moyens et de forces vives que lui-même et ses prédécesseurs n’ont jamais eus lors de la fenêtre internationale estivale, dernier coup de collier au bout d’une saison marathon.
Association «romanesque» de Ntamack et Jalibert
Preuve en est, les Bleus vont se présenter au coup d’envoi au Suncorp Stadium de Brisbane avec Romain Ntamack et Matthieu Jalibert - l’un en 10, l’autre en 15 - pour une cohabitation inédite (et «romanesque», selon Galthié) depuis une tentative peu concluante en 2021 contre l’Argentine. Joe Schmidt, le sélectionneur australien qui connaît parfaitement le rugby français, y voit «un casse-tête» mais prend la chose en souriant : «J’aimerais bien envoyer un message à Fabien et lui dire : "Écoute, un seul à la fois, c’est suffisant !"»
La courte défaite face aux All Blacks a fait naître des espoirs et rassuré les supporters sur le potentiel de ce XV de France. Reste désormais à confirmer face à des Wallabies toujours aussi inconstants. À l’image du revers concédé sur le fil face à l’Irlande samedi dernier où ils ont eu la pénalité de la gagne. L’Australie est parfois capable du meilleur (victoire en Afrique du Sud l’an dernier) mais plus régulièrement du pire : élimination dès le premier tour lors du Mondial 2023 (une première) et quatre défaites en novembre dernier en Europe. Mais, là encore, Fabien Galthié reste sur ses gardes face à cette «équipe sur courant alternatif». «Lorsqu’ils sont bons, on retrouve l’origine des deux titres de champions du monde (1991, 1999) qu’ils ont en magasin», évoque-t-il. Un bien lointain souvenir...
On sait intégrer et on sait ouvrir des chemins à des gens qui cherchent leur propre voie, qui viennent du monde entier. Cette équipe, elle ressemble à notre République
Fabien GalthiéParmi les raisons d’y croire, il y a évidemment l’intégration de plusieurs finalistes du dernier Top 14 à l’équipe, après une semaine pour souffler et récupérer du décalage horaire. Notamment le talonneur-bélier Peato Mauvaka, l’hyperactif flanker du MHR, Lenni Nouchi, et une deuxième ligne prometteuse avec la tige montpelliéraine Florian Verhaeghe et le colosse toulousain Emmanuel Meafou. Deux joueurs qui s’étaient gentiment frictionné le crâne au Stade de France en finale en Top 14, avant de devoir faire cause commune quinze jours plus tard.
Pour défier les Wallabies sur leurs terres, le staff tricolore a joué la «carte locale» avec trois joueurs aux origines australiennes (Emmanuel Meafou, Moses Alo-Emile et Tom Staniforth). Une incongruité à l’heure des Jiff triomphants en Top 14 ? «On sait intégrer et on sait ouvrir des chemins à des gens qui cherchent leur propre voie, qui viennent du monde entier. Cette équipe, elle ressemble à notre République», rétorque Fabien Galthié, la main sur le cœur. Mais le «made in France» sera aussi à l’honneur avec une jeune et aguicheuse troisième ligne composée de Lenni Nouchi, Oscar Jegou et Marko Gazzotti, qui avait été sacrée championne du monde avec les U20 il y a seulement trois ans.
Ces Bleus se savent attendus aux antipodes. S’ils veulent jouer les premiers rôles dans ce Championnat des nations, avant les matches retour de novembre, ils n’ont pas le droit à l’erreur et doivent engranger des points. Ce qu’ont fait les Irlandais, la semaine passée, face à ces Australiens. Le capitaine Maxime Lucu et ses coéquipiers doivent donc en faire de même, avant d’aller défier les plus modestes Japonais.
Mais, pour cela, la France devra aussi en finir avec une malédiction à Brisbane qui lui colle aux basques. Elle n’a, en effet, remporté aucun de ses neuf précédents matchs dans la capitale de l’État du Queensland depuis 1972. «Ils vont vouloir cracher leur venin», plante Maxime Lucu. Au pays du tout-puissant rugby à XIII, les Wallabies voudront séduire, se racheter et balayer les doutes à un an de leur Coupe du monde. Opération séduction similaire pour le XV de France, qui n’a perdu qu’un seul de ses cinq derniers matches contre l’Australie. C’était en juillet 2021... à Brisbane (33-30).


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