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Auschwitz raconté par des survivants

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Simone Veil (1927-2017), rescapée d’Auschwitz, témoigne dans la série documentaire réalisée par Catherine Bernstein.

Simone Veil (1927-2017), rescapée d’Auschwitz, témoigne dans la série documentaire réalisée par Catherine Bernstein. INA

Une série poignante en cinq volets, qui donne la parole à des rescapés du camp de la mort, est diffusée chaque samedi à partir de ce soir sur Le Figaro TV.

« Pour moi, ce qui est important de dire et de redire, c’est combien, lorsque nous étions au camp, pour chacune d’entre nous, c’était important d’espérer, de penser que certaines rentreraient et parleraient. » Simone Veil (1927-2017) fait partie des 44 rescapés du camp de la mort qui témoignent face caméra, dans le documentaire en cinq parties Auschwitz , des survivants racontent. L’ensemble de ces témoignages sont tirés de 110 entretiens recueillis en 2006 à l’initiative de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

Les paroles exprimées par des déportés nés en Allemagne, Belgique, France, Hongrie, Pologne ou Roumanie sont bouleversantes. D’une précision souvent glaçante, ces mots permettent de ressentir, autant qu’il est possible de le faire, les souffrances endurées par les rescapés. Ces entretiens, la réalisatrice Catherine Bernstein a choisi de les entremêler en conservant la chronologie d’origine mais en les réorganisant en cinq épisodes. Le premier d’entre eux, intitulé La Persécution, est diffusé ce soir sur Le Figaro TV. Les quatre suivants le seront les samedis suivants : La Déportation, Le Camp, L’Extermination et La Vie d’après. La multiplicité des points de vue exprimés offre une représentation puissante et unique de la Shoah.

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La date de la Nuit de cristal, le 9 novembre 1938, marque un tournant dans la persécution du régime hitlérien contre les Juifs d’Allemagne. Frieda Geldwerth, enfant à l’époque, se souvient : « Après la Nuit de cristal mes parents dont le magasin avait été complètement détruit (…) ont commencé à se dire : il faut partir. Ils sont venus en France, mais vraiment presque avec le dernier train avant la guerre» Quant à Paul Schaffer, d’origine autrichienne, il raconte comment lui et sa famille ont abandonné leur domicile : « Nous avons décidé de partir illégalement, nous avons quitté Vienne le 27 novembre 1938, j’avais 14 ans. On a tout simplement fermé la porte à clé, et nous sommes partis les mains dans les poches, via Cologne et Aix-la-Chapelle pour traverser la frontière belge»

Violence inouïe

Le 1er septembre 1939 les nazis attaquent la Pologne. Les Juifs polonais se souviennent de la violence inouïe des envahisseurs. Élie Buzyn a les larmes aux yeux quand il raconte l’arrivée des soldats dans son immeuble. « Ils viennent dans tous les appartements, très nombreux, en force, armés. En disant : voilà, maintenant vous êtes chassés, vous devez quitter votre domicile laissez tout dedans (…). On nous a regroupés dans la cour (…), il y avait ma mère, ma sœur, mon frère et mon père. On attendait, les gens venaient de partout, toujours le bruit, les hurlements, la violence. (…) Et puis (…) les nazis ont sélectionné trois jeunes qui dépassaient par leur taille (…) qu’ils ont alignés contre le mur (…) en disant : “(…) Vous allez être transféré dans le ghetto (…). Si vous manifestez la moindre opposition (…) il va vous arriver ce qui va arriver là.” Et ils les ont fusillés tous les trois. Comme ça, froidement. Devant ma mère qui a assisté à l’assassinat de son fils. » En voix off, l’intervieweur glisse : « Parmi les trois jeunes, il y avait votre frère Abraham. »

Au début de l’année 1940, pendant que dans les grandes villes polonaises sont créés les ghettos juifs, le chef de la SS Heinrich Himmler choisit une petite ville industrielle au sud de la Pologne, Oswiecim, appelée Auschwitz en allemand, pour édifier ce qui deviendra le plus grand camp de concentration et d’extermination du IIIe Reich. Dans ce lieu libéré par l’Armée rouge le 27 janvier 1945, au total, plus de 1,1 million de personnes ont été assassinées, dont 960 000 femmes, hommes et enfants juifs et près 20 000 hommes, femmes et enfants tziganes.

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