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C'était sous nos yeux depuis 1997. Le planétologue de la NASA Al Emran a récemment repris d'anciennes données de la mission Galileo, qui étudiait Jupiter et ses lunes entre 1995 et 2003. Sur le spectromètre cartographique proche infrarouge établi en 1997, il a repéré des «faibles signaux d'ammoniac» près de fissures à la surface d'Europe, cette lune gelée de Jupiter. C'est un communiqué écrit fin janvier 2026 par la NASA qui relate cette nouvelle analyse publiée en novembre 2025 dans le Planetary Science Journal et relayée par Live Science.
La surface d'Europe, couverte de glace, comporterait donc au moins une des molécules essentielles à la vie extraterrestre. L'ammoniac, un gaz azoté, est en effet l'un des ingrédients de la vie telle qu'on la connait, avec le carbone, l'hydrogène, l'oxygène et l'eau. Dans son article, Al Emran estime donc que sa découverte est «astrobiologiquement significative, vu le rôle essentiel que joue l'azote dans la chimie de la vie».
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Une importance que ne nie pas l'agence spatiale dans son blog. Cette «première détection sur Europe» suscite un grand espoir pour l'habitabilité de la lune glacée, selon le communiqué. Europe figure parmi les candidats les plus crédibles de notre système solaire pour héberger une forme de vie extraterrestre. La NASA croit probable que les fissures à la surface d'Europe aient contenu de l'eau liquide avec des composés d'ammoniac, car ces derniers abaissent le point de congélation de l'eau et agissent ainsi comme un antigel.
Et il y en a besoin: Europe, la quatrième plus grande des 95 lunes de Jupiter, affiche une température moyenne de -183°C. Cela ne l'empêcherait pas, selon les études de son champ magnétique, de contenir en son cœur un océan salé. Plus précisément, il y aurait une couche profonde de fluide conducteur d'électricité. D'où la probabilité d'une vie extraterrestre, même si de plus amples observations doivent encore mettre cette hypothèse à l'épreuve.
L'héritier de Galileo arrivera sur site en 2030
L'ammoniac est d'ailleurs venu «soit de l'océan interne de la lune, soit de sa sous-surface peu profonde», précise le communiqué de la NASA, écartant ainsi l'idée d'une molécule venue d'un autre corps spatial. L'ammoniac ne survit effectivement pas longtemps dans l'espace, les ultraviolets et les rayons cosmiques le décomposant.
Les planétologues connaissent le potentiel d'Europe de longue date. Cette lune présente une chance de vie extraterrestre si intéressante que les ingénieurs de Galileo ont volontairement écrasé l'engin sur Jupiter à la fin de sa mission: ils voulaient s'assurer qu'il ne contamine pas les lunes en orbite. Ils ont visiblement bien fait.
Une prochaine mission pourrait nous en apprendre davantage. Une nouvelle sonde baptisée Europe Clipper a décollé de Cape Canaveral en octobre 2024 et doit atteindre l'orbite de Jupiter en avril 2030. À ce jour, c'est le plus grand véhicule d'exploration spatiale jamais construit par la NASA et il se concentrera sur la composition chimique d'Europe.
La recherche de la vie extraterrestre se tourne de plus en plus vers les satellites de Saturne et Jupiter, délaissant Mars, malgré l'obsession du chef de SpaceX Elon Musk. Car si la planète voisine de la Terre se situe dans la «zone habitable» du système solaire, son absence d'atmosphère et ses niveaux élevés de radiation ne sont pas propices à la vie.





























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