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Forte du retour de sa capitaine, Marie-Philip Poulin, après plusieurs semaines d’absence dues à une blessure, la Victoire amorce samedi sa série éliminatoire contre le Frost du Minnesota, l’escouade que Montréal a elle-même choisi d’affronter, puisqu’il s’agit du privilège accordé à l’équipe terminant au premier rang du classement à l’issue de la saison. Analyse des forces en puissance et de l’avenir immédiat de la jeune Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF) avec l’experte Andrée-Anne Barbeau, récemment promue animatrice de La soirée du hockey du Canadien à RDS.
L’ajout, cette saison, de deux équipes dans le circuit — les Goldeneyes de Vancouver et le Torrent de Seattle — ne change pas la formule éliminatoire de la LPHF : quatre équipes, dont la Victoire, s’affronteront lors d’un premier tour demi-finale trois de cinq, au terme duquel sera déterminé le face-à-face final. La Victoire de Montréal a choisi d’affronter le Frost du Minnesota, qui a remporté les deux premières coupes Walter. La Victoire n’a jamais encore atteint le tour final du championnat.
« Je pense que 2026 peut assurément être l’année de la Victoire de Montréal, parce que c’est une équipe qui a beaucoup progressé cette saison-ci », estime l’analyste et animatrice Andrée-Anne Barbeau, qui remplacera la saison prochaine le retraité Alain Crête à l’animation de La soirée du hockey de RDS. Cette progression s’explique par les forces neuves embauchées l’été dernier par la directrice générale du club, Danièle Sauvageau, mais aussi par une défensive plus « robuste, plus physique — et Minnesota n’est pas une équipe qui aime se faire bousculer ».
Madame Barbeau note également que l’entraîneuse Kori Cheverie a pu mesurer la profondeur de ses effectifs offensifs dans la dernière ligne droite de la saison. « Depuis les Jeux olympiques, Marie-Philip Poulin [9 buts, 9 aides] a raté dix matchs en raison de blessures et Maureen Murphy [8 buts, 14 aides] en a raté neuf, ce qui a provoqué des remaniements de trios. On a donc vu un meilleur équilibre du temps de glace des joueuses, de sorte que les troisième et quatrième trios se sont illustrés sur la feuille de pointage. On avait moins vu cette profondeur à l’attaque lors des deux précédentes saisons, ce qui était venu rattraper l’équipe en séries éliminatoires, alors qu’on s’appuyait beaucoup sur le premier trio » de la capitaine Poulin et de Laura Stacey.
Le Frost compte toutefois sur une attaque dynamique, prévient Andrée-Anne Barbeau : l’attaquante Kelly Pannek a terminé la saison au sommet du classement des pointeuses (33) et des buteuses (16). « C’est l’équipe qui a compté le plus de buts du circuit », note l’analyste. En fait, les trois meilleures pointeuses de la ligue, Pannek, Taylor Heise et Britta Curl-Salemme (première au classement des aides), appartiennent toutes au Frost.
Pas de panique : la Victoire est rassurée d’avoir la meilleure gardienne de but de la LPHF, Ann-Renée Desbiens, qui a terminé la saison en affichant un pourcentage d’arrêts de 0,955 et une moyenne de 1,11 but accordé par match.
« C’est la meilleure joueuse de la Victoire — Desbiens était une gardienne d’élite l’année dernière, elle l’est encore plus cette année, indique Andrée-Anne Barbeau. C’est ce qui me fait dire que Montréal a tous les éléments en place pour, à tout le moins, se qualifier pour la finale. » L’analyste, qui participe ces jours-ci à la couverture des séries éliminatoires du Rocket de Laval contre les Marlies de Toronto en Ligue américaine de hockey, rappelle également que la Victoire a remporté ses quatre matchs de la saison contre le Frost.
Jeu de puissance pour le hockey féminin
Depuis son inauguration, en 2023, la LPHF suscite énormément d’intérêt des amateurs de hockey, ses matchs faisant salle comble dans les huit marchés investis, plus les matchs dans des villes courtisées pour une nouvelle expansion. Ainsi, le Takeover Tour a notamment présenté deux matchs à Denver, au Colorado, à Halifax, à Edmonton et à Québec durant la dernière saison.
« Depuis le début de la saison, on parle d’une nouvelle expansion dès la prochaine saison », affirme Mme Barbeau. Deux équipes, peut-être même quatre, pourraient être ajoutées au circuit. « Dès la création de la LPHF, on visait une ligue à 12 équipes, mais il faudra être prudent pour s’assurer que le produit demeure attrayant sur la patinoire. Il faut cependant dire qu’il y aura tout un bassin de joueuses de qualité issues des collèges américains qui seront disponibles lors du prochain repêchage, cet été. On connaît certaines de ces jeunes joueuses pour les avoir vues notamment au sein de l’équipe nationale américaine aux Jeux olympiques. »
Quelles sont les chances de voir une équipe féminine de hockey professionnel s’établir à Québec ? « Votre réponse est aussi bonne que la mienne ! répond Andrée-Anne Barbeau. Il y a assurément un engouement du public à Québec, et une volonté d’avoir une équipe, mais est-ce que la candidature de Québec vaut davantage qu’une autre ? À la suite du dernier repêchage, on s’est retrouvé avec deux nouvelles équipes dans l’Ouest, alors que les six équipes inaugurales évoluent dans l’Est. Cherchera-t-on à équilibrer les forces pour limiter les distances entre les équipes ? Quoi qu’il en soit, Québec demeure, à mon avis, une ville de choix pour cette ligue, il n’y a aucun doute à avoir là-dessus. »
Le premier match de demi-finale des séries éliminatoires de la LPHF entre la Victoire de Montréal et le Frost du Minnesota sera présenté samedi, dès 14 h, à la Place Bell de Laval. Cette demi-finale est présentée sur Prime Video.


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