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Au dernier du procès de Guillaume B. pour pour viols aggravés, actes de torture et de barbarie et proxénétisme, Laetitia a décrit sept années de sévices.
Par Maïwenn Furic avec AFP

Elizabeth Livermore via Getty Images
La réclusion criminelle à perpétuité a été requise par l’avocate générale contre l’ex-compagnon de Laëtitia R. jugé pour viols aggravés, actes de torture et de barbarie et proxénétisme.
« J’ai arrêté de compter à 487 hommes ». Laëtitia R. a raconté ce vendredi 22 mai à la cour d’assises le basculement dans la prostitution forcée de sa relation avec son ex-compagnon, qui encourt la réclusion à perpétuité pour lui avoir infligé sept années de sévices. À la barre de la cour d’assises des Alpes-de-Haute-Provence, à Digne-les-Bains, cette mère de famille de 42 ans a repris le récit de l’« emprise psychologique » mise en place, selon elle, par Guillaume B., qu’elle a rencontré en 2015.
Attention, certains passages de cet article peuvent heurter la sensibilité.
Cet ancien directeur d’agence bancaire de Manosque de 51 ans est jugé depuis le lundi 18 mai pour viols aggravés, actes de torture et de barbarie et proxénétisme pendant les sept années de leur relation, jusqu’en 2022. La réclusion criminelle à perpétuité a été requise par l’avocate générale. Dès le départ, son compagnon lui a proposé de l’initier au sadomasochisme : « J’imaginais des fessées, être attachée. Il m’avait dit que si ça ne me plaisait pas, on arrêterait. »
Mais les pratiques dégénèrent rapidement, affirme-t-elle. Entailles, brûlures, étranglements, humiliations sexuelles, scatophilie. « C’était des coups de poing et des coups de pied quand je refusais quelque chose », décrit en sanglots celle qui est aujourd’hui handicapée entre 50 et 80 %.
À la cour, elle raconte aussi le basculement vers une prostitution forcée. « Petit à petit, il a insisté pour que je couche avec d’autres hommes », explique-t-elle. Jusqu’à ce réveillon de Noël 2015 où elle cède à Guillaume B. qui lui demande de se rendre sur une aire d’autoroute pour « s’offrir à des inconnus » pendant qu’il écoute la scène au téléphone.
Les demandes se multiplient. Il lui aurait ensuite imposé de monnayer ces rapports sexuels auprès « d’amis, de collègues et d’inconnus ». « Il m’a forcée à dresser une liste », explique-t-elle. « J’ai arrêté de compter à 487 hommes, certains que j’avais vu jusqu’à dix fois ». « Il m’a fait faire la pute », écrit-elle dès 2016 à une amie dans un des nombreux messages versés au dossier assurant qu’elle devrait le quitter mais n’en a pas la force. Selon l’accusation, son compagnon récupérait la moitié des gains « tous les lundis, dans une enveloppe » et décidait de la manière dont elle pouvait gérer l’autre moitié.
Des traits « pervers » et « sadiques »
« J’avais l’impression de mourir à l’intérieur à chaque pratique imposée », sanglote la victime à la barre, rapporte Le Parisien. « Je ne savais plus comment m’en sortir. Je me disais : Si je le fais, peut-être qu’il me frappera moins. » Elle a également évoqué son « envie de crever ».
Depuis le début de la semaine, les témoins se sont succédé pour raconter que l’accusé décidait de chaque aspect de la vie de Laëtitia, dont ils entendaient régulièrement les « cris », disant l’avoir vu demander la permission de regarder son téléphone, aller aux toilettes ou encore boire et manger.
Guillaume B., un homme « intelligent », selon les experts, qui présente des traits « pervers » et « sadiques », a reconnu avoir été « omniprésent, omnipotent et égocentrique » avec Laëtitia. Il confirme avoir organisé des « surprises en invitant des hommes à coucher avec elle sans l’en avoir informée ». Mais, depuis le début du procès, il se défend d’être « un monstre », affirmant que sa compagne « pouvait dire non ». « Qu’il arrête de se cacher derrière le sadomasochisme », lance Laëtitia à la barre pour tenter de mettre fin aux débats sur le consentement, au cœur du procès. « C’étaient des violences pures et dures ».
Laëtitia, mère de quatre enfants, affirme qu’elle « vivait dans la peur permanente » et redoutait la diffusion d’enregistrements intimes si elle quittait son compagnon. Dans des échanges lus à l’audience, l’accusé menace de « la tuer ». C’est finalement une amie de la plaignante qui alerte la police en 2022, entraînant l’arrestation de son compagnon.


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