Un soleil couchant et un pouls qui grimpe. Mardi, 21h sur la Grande Scène, on voit d’abord un électrocardiogramme. Les pulsations du Paléo, s’accélérant au fil de cette toute première soirée? Plutôt celles de Lorde, qui débarque noyée dans des bips assourdissants, électrodes emmêlées aux ficelles de son bikini. Et qui, sans dire un mot, affiche les constantes: tension électrique, cœur battant.
Pas de sourires ni de salutations convenues: Lorde a les traits tirés comme ses cheveux, figés dans une intensité brute. On n’en attendait pas moins de la Néo-Zélandaise, qui dynamitait sans courbettes la pop en 2013. Ella Marija Lani Yelich-O’Connor est alors cette jeune fille de 16 ans, qui balance des beats lourds, nocturnes et des refrains feutrés, bien loin des tubes euphorisants dont raffolent les ondes – avant que Billie Eilish ne prenne sa suite. Lorde, nom de scène aux accents aristocratiques, raconte en minuscule une jeunesse désabusée et extralucide, bâtissant justement son royaume à rebours de la noblesse, du bling et des excès de l’industrie. Royals explose et, ironie, la couronne pop star.


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