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- Inondations au Népal et au Tibet Inondations au Népal et au Tibet Inondations au Népal et au Tibet
Par Carole Dieterich
Publié aujourd’hui à 05h30, modifié à 05h31Article réservé aux abonnés
ReportageLe 26 août, un glissement de terrain emportant un glacier provoquait une crue dévastatrice et meurtrière dans la vallée de la Trishuli. Alors que plus de 5 000 personnes n’ont pas été retrouvées, beaucoup de ceux qui restent « souffrent de la culpabilité du survivant ».
Au beau milieu des décombres, dans un paysage tout de gris, recouvert de boue et de gravats, l’échoppe de thé de Ram Pyari Bhandari est une petite pastille de couleur jaune acidulée. Plus d’un mois après le « tsunami des montagnes » qui a frappé le Népal le 26 août, cette commerçante de Devighat, lasse de ressasser les images du déluge, a décidé de relever le rideau de fer de son magasin. « Il faut continuer d’avancer », dit simplement la femme de 65 ans qui a repris les affaires le 2 octobre.
La catastrophe, déclenchée par un glissement de terrain et l’effondrement d’un glacier à 5 200 mètres d’altitude sur la face nord du Langtang Lirung, a causé la mort de près de 1 455 personnes et plus de 5 285 autres sont toujours portées disparues au Népal. Ce jour-là, un monstre de glace, de roches et de boue a dévalé la montagne emportant tout sur son passage.
Il ne reste rien, ou si peu, du marché autrefois bouillonnant de Devighat, situé à moins de 100 kilomètres en aval de l’« épicentre » de la catastrophe. La première fois qu’elle a remis les pieds chez elle, Mme Bhandari n’a pu encaisser le choc. Face au paysage apocalyptique, elle a perdu connaissance. « Je n’ai vu que de la boue, j’ai été prise d’un vertige », explique-t-elle. Elle passera une dizaine de jours à l’hôpital, à Katmandou, la capitale népalaise. « J’ai fini par me ressaisir, je ne pouvais plus rester à rien faire, j’en étais malade », admet-elle.
« Un démon lancé à nos trousses »
Pour déblayer la toute petite pièce où Mme Bhandari fait bouillir le chai, thé au lait et aux épices, il a fallu sortir l’équivalent d’un camion entier de sédiments. Sur cet immeuble qui se tient encore débout, il a fallu rafistoler çà et là des morceaux de façades fracturées. Quelques chaises en plastique, un petit banc de bois branlant accueillent les clients sous une tonnelle de fortune, improvisée à l’aide d’une bâche en plastique bleue.
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