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Le Myanmar a ouvert la voie lundi à la nomination du chef de la junte, le général Min Aung Hlaing, au poste de président et à son maintien au pouvoir sous des atours civils.
Il a été également remplacé comme commandant en chef de l’armée par l’ancien chef du renseignement militaire, Ye Win Oo.
Min Aung Hlaing, 69 ans, a pris le pouvoir au moment du coup d’État en 2021 qui a renversé le gouvernement élu de la prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, emprisonnée depuis.
Le Myanmar est déchiré depuis par une guerre civile, des militants pro‑démocratie ayant pris les armes contre la junte, aux côtés de mouvements armés issus de minorités ethniques longtemps hostiles au pouvoir central.
Après la victoire sans opposition des partis pro-militaires en début d’année à l’issue de législatives supervisées par la junte, le Parlement du Myanmar a entamé lundi le processus de sélection d’un président.
Le Parti de l’union, de la solidarité et du développement (PUSD), pro-armée, qui a remporté plus de 80 % des sièges, a été fondé par un ancien général et compte parmi ses rangs de nombreux anciens hauts gradés à la retraite.
« Main de fer »
Les élections, qui n’ont pas pu se tenir dans de vastes zones contrôlées par des rebelles, ont été dénoncées par de nombreux pays et observateurs internationaux comme une manœuvre destinée à exclure l’opposition.
« Je désigne le général Min Aung Hlaing comme candidat à la vice-présidence », a déclaré le député Kyaw Kyaw Htay, lors d’une séance de la chambre des représentants retransmise en direct par les médias d’État.
Trois vice-présidents seront au total désignés, dont l’un sera élu président.
De l’avis de Naing Min Khant, analyste pour le groupe de réflexion Institute for Strategy and Policy — Myanmar, « ces manœuvres politiques indiquent que Min Aung Hlaing a l’intention de continuer à diriger le pays d’une main de fer ».
« Il manque fondamentalement de légitimité, mais cherche désespérément à apparaître comme en étant doté », a-t-il ajouté.
La Chambre basse a également proposé la candidature de Kyaw Swe au poste de vice-président, a déclaré la présidente de la Chambre basse, Khin Yi, au Parlement.
Kyaw Swe est membre du Parti de l’unité nationale, aligné sur la junte, formé par des officiers militaires à la retraite lors des manifestations pro-démocratie de 1988.
La Chambre haute a proposé deux candidats : Tuu Jar et Nan Ni Ni Aye. Le premier est l’ancien chef d’un groupe armé ethnique de l’État Kachin (nord), dont le parti est désormais aligné sur l’armée. La seconde est une élue régionale de l’État Karen (sud-est), membre du PUSD.
« Tirer les ficelles »
Le transfert à la tête de l’armée a eu lieu lundi lors d’une cérémonie dans la capitale Naypyidaw.
« Aujourd’hui, nous transférons les fonctions de commandant en chef de l’armée au général Ye Win Oo », a annoncé la junte dans un communiqué.
Les deux généraux, la poitrine parée de médailles militaires, ont été vus se serrant la main lors de l’événement, qui a été retransmis par les médias d’État.
« Ye Win Oo a accumulé un pouvoir considérable grâce au soutien de Min Aung Hlaing, servant de pilier essentiel à l’emprise du dirigeant sur le pouvoir », a expliqué Naing Min Khant.
« Ce montage par procuration permettra à Min Aung Hlaing de continuer à tirer les ficelles en coulisses », d’après l’analyste.
Dans le cadre d’un nouveau remaniement au sein de l’état-major, le commandant en second des forces armées, Soe Win, a été remplacé lundi par Kyaw Swar Lin, selon un communiqué de la junte.


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