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La cour d’appel de Bamako a condamné, lundi, les deux militants à dix ans de prison. Cette décision, dénoncée par leur défense comme politiquement motivée, illustre le durcissement de la répression contre les voix dissidentes.

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L’activiste malien « Ras Bath » (au centre), lors d’une marche organisée par les partis d’opposition, à Bamako, le 15 septembre 2018. L’activiste malien « Ras Bath » (au centre), lors d’une marche organisée par les partis d’opposition, à Bamako, le 15 septembre 2018.

C’est la fin d’un feuilleton judiciaire contesté de plus de trois ans. Lundi 17 août, la cour d’appel de Bamako a condamné les activistes maliens Mohamed Youssouf Bathily, dit « Ras Bath », et Sidibé Rokia Doumbia, dite « Rose Vie chère », à dix ans de prison dont sept fermes. Figures de la contestation contre les dérives tant liberticides et économiques que sécuritaires de la junte au pouvoir, l’animateur radio et l’influenceuse ont été reconnus coupables de chefs d’inculpation que leur avocat juge « inexistants » : « association de malfaiteurs » et « atteinte au crédit de l’Etat ». La justice, dont l’indépendance s’étiole à mesure que le pouvoir du régime militaire s’enracine, reprochait la participation de Rose Vie chère à deux émissions radio animées par Ras Bath.

« En quoi une émission peut-elle constituer une association de malfaiteurs ? Les débats ont prouvé qu’il n’y avait absolument rien pour les condamner. Malheureusement, certains procès comme celui-ci ne sont pas réglés par des positions juridiques mais politiques », souligne au Monde l’avocat Mohamed Ali Bathily, par ailleurs père de Ras Bath.

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