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En poste depuis huit ans, l’ex-cheffe du ministère public, sous sanctions américaines et européennes, est accusée d’avoir couvert des agissements criminels et poursuivi indûment des magistrats, des opposants, des défenseurs des droits humains et des journalistes.

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 « Nous exigeons que Consuelo Porras s’en aille ! Stop à la criminalisation des peuples autochtones ! » Manifestation devant le palais de justice à Guatemala, le 17 avril 2026, contre la nomination pour un troisième mandat de la procureure générale. Sur le panneau : « Nous exigeons que Consuelo Porras s’en aille ! Stop à la criminalisation des peuples autochtones ! »

Le suspense a pris fin au Guatemala : Maria Consuelo Porras n’est plus la procureure générale du pays depuis dimanche 17 mai. Samedi, des dizaines de personnes se sont réunies devant le bâtiment du ministère public (MP) pour marquer l’événement, avec feux d’artifice, mariachis et piñatas à son effigie.

Ce qui pourrait paraître une simple formalité administrative dans certains pays – la fin du mandat d’un magistrat – prend ici une dimension nationale qui a tenu la société civile en haleine pendant des semaines. Depuis le 5 mai, le quotidien La Hora publiait tous les jours en une le nombre de jours restant avant son départ.

C’est que Maria Consuelo Porras, 72 ans, à la tête du ministère public depuis 2018, est accusée par de nombreux acteurs guatémaltèques et internationaux d’avoir entravé la lutte contre la corruption dans le but de protéger le « pacte des corrompus », comme a été baptisée l’alliance informelle des élus, des oligarques et des entrepreneurs qui noyautent les institutions du pays en lien avec le crime organisé.

« Le départ de Consuelo Porras marque la fin d’une période très difficile pour le ministère public, explique au Monde Juan Francisco Sandoval, ancien procureur du parquet spécial contre l’impunité, exilé à Washington depuis 2021. Autrefois considéré comme un acteur central de la lutte contre la corruption et l’impunité, le MP est devenu ces dernières années une entité fortement contestée pour son recours au droit pénal à l’encontre de procureurs, de juges, de journalistes, de défenseurs des droits humains et d’opposants critiques. »

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