NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Aujourd’hui, Marc-André Longpré bichonne son verger. Il a un peu négligé de le faire cet hiver. Et d’un jour à l’autre, il s’embarquera sur le homardier d’un ami. Avant de s’absenter, il doit donc préparer la saison de La Défriche, la ferme biologique de légumes, de fruits et d’œufs qu’il tient avec sa conjointe, Josée Marsolier, dans le village de Saint-Godefroi, au bout de la Gaspésie, à mi-chemin entre Carleton-sur-Mer et Percé.
Le couple et leur fille de 12 ans habitent dans le 3e Rang. Ils font partie de la poignée de familles qui se sont installées ici, attirées par l’abordabilité des terres. « Josée savait qu’elle voulait faire des légumes ; moi, c’était les arbres », raconte M. Longpré, outils d’élagage aux hanches, en inspectant ses dizaines des pommiers, amélanchiers, pruniers, cerisiers et camérisiers.
Les affaires de La Défriche vont bien, mais en 2020, le couple cherchait un autre véhicule pour mener des projets et générer des revenus. Leurs voisins avaient le même besoin. Déjà, les amis du 3e Rang s’échangeaient des aliments. Pour pousser la logique plus loin, ils ont décidé de se regrouper officiellement et de fonder la Coopérative de solidarité du 3, nommée en l’honneur de leur chemin rural.
« N’importe quel projet devenait possible », explique Mme Marsolier, tuque rouge sur la tête et sourire tranquille, juste après avoir soigné les chèvres.
Dix-sept adultes font actuellement partie de la coop. Avec les enfants, on arrive à environ 35 personnes.
Le groupe compte plusieurs membres (dont M. Longpré, surnommé « Ewok », en l’honneur des créatures forestières de Star Wars) qui ont de l’expérience en reboisement. Depuis ses débuts, la coop offre donc ses services pour planter des arbres. Elle accepte seulement les projets à moins de 50 kilomètres de son quartier général, ce qui permet à tout le monde de revenir dormir à la maison chaque soir.
La coop a aussi obtenu un contrat pour remettre en état un sentier pédestre dans la localité de Shigawake. Et un autre pour fabriquer des tabourets et des tables en bois pour un aréna. « On a plein d’idées, mais on manque de temps pour les mettre en place… » explique M. Longpré.
« Aller plus loin » avec les gens
Parallèlement à ces projets forestiers et d’ébénisterie, la Coop du 3 s’investit aussi beaucoup dans la production maraîchère. L’objectif, ici, c’est d’abord de nourrir ses membres et leur famille.
En 2025, le groupe a démarré l’exploitation de jardins communs sur une parcelle prêtée par l’un des membres. « On a toujours fait ça de manière informelle, raconte Mme Marsolier. Mais là, on a formé un comité, et les gens ont décidé quels légumes ils voulaient cultiver ensemble. On s’est câllé des corvées. Chaque membre était responsable d’une partie des tâches. »
Pour l’épauler durant cette saison inaugurale, la coop avait engagé un ouvrier agricole grâce à une subvention du programme Emploi d’été Canada. La production a été bonne : les membres en ont tiré assez de carottes, d’oignons et de patates pour combler l’essentiel de leur consommation annuelle. Ils reviennent évidemment à la charge cette année.
Pierre Jeanneau, un autre membre de la coop qui habite un peu plus loin dans le 3e Rang, à Shigawake, aimerait un jour rehausser la production des jardins communs et vendre les surplus. Il rêve aussi d’organiser des événements avec la municipalité où ces aliments, transformés en soupe, par exemple, seraient à l’honneur.
M. Jeanneau, originaire de France, est une autre force vive de la coop. Il habite ici depuis 2019, quand lui et sa conjointe albertaine ont acheté une terre et une maison (inhabitée depuis une décennie) pour une bouchée de pain.
Ce débrouillard s’affaire maintenant à bâtir une nouvelle demeure. Il scie ses propres planches et isole les murs avec de la paille — une technique de construction qu’il a apprise dans un écovillage de Saguenay, où il a déjà habité. « La majorité des matériaux de la maison provient d’un rayon de 30 kilomètres, sauf le béton », précise le nouveau papa.
Il reconnaît volontiers que c’est grâce au petit prix d’accès à la terre qu’il peut se consacrer à des activités « peu rémunératrices », comme cultiver des pommes de terre ou scier son propre bois, « mais très motivatrices ».
Ainsi, le 3e Rang offre un vaste champ des possibles à ceux qui sont prêts à le cultiver. Les apprentissages sont incessants, fait remarquer Mme Marsolier.
« Le plus gros défi du jardin collectif, dit-elle, ce n’est pas de faire pousser des légumes, mais de s’organiser pour travailler ensemble. Mais je trouve ça super intéressant, parce que ça nous permet d’aller plus loin dans les relations avec les gens, de créer quelque chose à long terme qui n’existerait pas si on était simplement des voisins. »


2 week_ago
18



























.jpg)






French (CA)