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À l’issue de la projection de son film en compétition « Her Private Hell » et en pleine conférence de presse, le cinéaste danois a eu bien du mal à contenir son émotion.
Nicolas Winding Refn, un revenant ? C’est tout comme. De retour au Festival de Cannes avec un film en compétition des plus sanglants, le cinéaste danois – déjà récompensé, ici même, pour Drive en 2011 – a pris les journalistes de court, ce mardi 19 mai, en revenant sur les origines de Her Private Hell, son nouveau long-métrage.
« Avant de mourir, j’étais arrivé au bout de ma carrière parce que je n’avais plus rien en moi », a-t-il déclaré en conférence de presse. Il fait référence à la fuite valvulaire mitrale, un manque d’étanchéité de la valve cardiaque, qui lui a été diagnostiqué à la suite d’un accident qui l’a laissé comme « mort pendant 25 minutes », en 2023.
« Tout à coup, on m’a dit que je n’allais probablement pas m’en sortir. Mais si c’était le cas, personne ne savait ce qui se passerait. C’est ainsi que, deux semaines plus tard, j’ai été opéré », poursuit le réalisateur. Avant d’ironiser : « Dieu merci, le chirurgien était Tom Cruise et il a pu me soigner de ses mains, puis il m’a ramené à la vie grâce à l’électricité. »
Blague à part, les médecins l’ont vraiment « ramené à la vie avec de l’électricité, comme le monstre de Frankenstein », pour reprendre ses mots, publiés un peu plus tôt dans les colonnes de Technikart. De là est venue Private Kay, un personnage qui revient des enfers. « C’est vraiment moi qui reviens à la vie », affirme-t-il au magazine.

JULIE SEBADELHA / AFP
Nicolas Winding Refn, ici au Festival de Cannes, en mai 2026.
Onzième long-métrage de sa carrière, Her Private Hell raconte le périple d’une jeune star de cinéma torturée partie à la recherche de son père. Tandis qu’une mystérieuse brume a envahi les rues de Tokyo, elle croise sur sa route un GI, bien décidé à venger sa fille disparue. C’était sans compter sur ce que le brouillard allait leur réserver.
« Encore 25 ans à vivre »
À Cannes, son réalisateur a eu bien du mal à retenir son émotion. « J’ai compris qu’on m’avait fait un cadeau avant de mourir : je pouvais tout recommencer, souffle Nicolas Winding Refn, avant de fondre en larmes pendant la conférence de presse. Combien de personnes ont droit à une seconde chance ? Moi, Dieu me l’a donnée. Et je devais en faire bon usage. »
Un tel épisode, « ça vous change », a-t-il aussi confié, un brin bouleversé la veille à l’issue de la grande première. « Maintenant que j’étais en vie, me suis-je dit, il me restait encore 25 ans à vivre. Mais bordel, j’allais en profiter pour vivre pleinement, faire ce film et venir à Cannes », a lancé Nicolas Winding Refn sous les applaudissements.
Les premières critiques semblent moins favorables. Qualifié de « pétard mouillé » par Écran Large, c’est un « navet prétentieux et misogyne », selon L’Humanité. Ailleurs, il faudra attendre sa sortie en salles pour s’en faire une idée. En France, elle est fixée au 24 juillet.


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