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Au Festival de Cannes 2026, Demi Moore et le jury prennent position dans ce débat qui agite le cinéma

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Juste avant l’ouverture officielle de la 79e édition du Festival de Cannes, le jury cannois a été invité à se positionner sur la présence de messages politiques dans l’art.

Le Festival de Cannes 2026 a réellement débuté quelques heures avant sa traditionnelle montée des marches inaugurale. Il fallait en effet être attentif à la conférence de presse que tenait ce mardi 12 mai les membres du jury de cette 79e édition cannoise. Pourquoi ? Parce qu’un éternel débat qui agite le monde du cinéma (et de l’art) a refait surface.

L’art doit-il forcément être politique ? Voilà la question a laquelle a tenté de répondre l’actrice américaine Demi Moore. Un sujet épineux que la comédienne a choisi d’aborder sans détour, après les récents débats sur le sujet à la Biennale de Venise et lors de la dernière Berlinale. Lors de ce dernier événement, le cinéaste Wim Wenders en avait d’ailleurs fait les frais avec une sortie controversée sur le sujet.

Interpellée par un journaliste afin de savoir si elle pensait que parler librement de politique pouvait être préjudiciable à l’industrie cinématographique où à un film en compétition sur la Croisette, Demi Moore a répondu : « J’espère que non ! ». « Je pense que l’art fait partie de l’expression, donc si nous commençons à nous autocensurer, alors je pense que nous étouffons le cœur même de notre créativité, qui est je pense l’endroit où nous pouvons découvrir la vérité et les réponses », a-t-elle ajouté sur le sujet.

Également questionné sur cette épineuse question, le président du jury de cette 79e édition, le réalisateur sud-coréen Park Chan-wook a répondu : « Je ne pense pas que la politique et l’art devraient être séparés. »

« Je trouve étrange le concept selon lequel ils seraient en conflit l’un avec l’autre. Simplement parce qu’une œuvre d’art contient un message politique, elle ne devrait pas être considérée comme un ennemi de l’art. Dans le même temps, un film qui ne porte pas de message politique ne devrait pas être ignoré », a-t-il tranché. Le réalisateur de No Other Choice ajoute que « l’art et la politique ne sont pas des concepts qui s’opposent l’un à l’autre, tant qu’ils sont exprimés de manière artistique, ils ont de la valeur ».

« Honte à Hollywood ! »

Dans un style un peu plus radical, le scénariste irlando-écossais Paul Laverty, collaborateur habituel de Ken Loach dont le cinéma social et engagé est régulièrement primé, a frontalement critiqué Hollywood pour avoir « blacklisté » des stars engagées politiquement. « Puis-je ajouter une petite remarque ? », a d’abord timidement glissé Paul Laverty en fin de conférence de presse.

En faisant référence à la polémique qui a entouré l’affiche du Festival de Cannes 2026, sur laquelle se trouve l’actrice Susan Sarandon, il a estimé que ce poster stylisé du film Thelma & Louise était « magnifique ». Avant d’ajouter : « N’est-il pas sidérant de voir des personnalités comme Susan Sarandon, Javier Bardem et Mark Ruffalo mises à l’écart pour avoir dénoncé le meurtre de femmes et d’enfants à Gaza ? Honte à Hollywood ! ».

« Je leur témoigne tout mon respect et ma solidarité. Ils sont ce que nous avons de meilleur, je les admire », a fini par lâcher Paul Laverty en signe de solidarité avec les deux acteurs et la comédienne Susan Sarandon. Cette dernière, bien que mise à l’honneur sur l’affiche cannoise avait déploré en février dernier que ses prises de position sur la guerre à Gaza avaient eu un impact considérable sur sa carrière. Susan Sarandon avait en effet confié à la presse espagnole avoir été « licenciée par (s)on agence précisément pour être sortie manifester, […], pour avoir demandé un cessez-le-feu ». « Il est devenu impossible pour moi d’apparaître ne serait-ce qu’à la télévision », assurait-elle. Après cette confidence, l’actrice aujourd’hui âgée de 79 ans avait quand même apporté son soutien à « des acteurs comme Javier Bardem qui montent au créneau avec une voix aussi puissante ».

Afin d’adoucir cette fin de conférence de presse où politique et art se sont invités dans la discussion, Paul Laverty a conclu sa prise de parole par une ultime pique teintée d’humour noir : « J’espère juste qu’on ne va pas se faire bombarder maintenant, parce qu’on a cette affiche à Cannes ».

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