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Au Croisic, la guerre des goélands devant le tribunal administratif

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Au Croisic, la stérilisation d'embryons de Goélands devant le tribunal administratif

La nouvelle campagne annuelle de régulation des œufs de l’oiseau marin a provoqué l’ouverture d’une procédure en référé. Trois associations jugent la stérilisation pratiquée inefficace et incompatible avec la préservation de ces espèces protégées.

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Le Croisic ne veut plus se retrouver sous le feu croisé des fientes de goélands. La commune aimerait également limiter les nuisances occasionnées par les cris de cet oiseau marin et les dégradations qui lui sont imputables sur la commune. Autant de désagréments qui rendent l’été difficile aux 4000 habitants de ce port de Loire-Atlantique, situé à la pointe de la presqu’île guérandaise. Et qui rendent le séjour pénible aux touristes venus profiter de la beauté rugueuse de sa côte sauvage et granitique. Pour y remédier, la collectivité stérilise chaque année, par insecticide, 260 embryons de goélands. Une manière trop agressive de tuer le problème dans l’œuf, contestent cependant trois structures de défense de l’environnement.

« Ces oiseaux sont des espèces protégées », s’indigne l’association de protection de la nature, Bretagne vivante, dans un communiqué publié le 19 mai, rappelant que les populations de goélands argentés, bruns et marins sont en chute depuis une trentaine d’années. Avec France Nature Environnement et la Ligue de protection des oiseaux (LPO), Bretagne vivante a lancé une procédure en référé, pour faire cesser ces campagnes de stérilisation par insecticide. D’après leurs suivis scientifiques, la stérilisation non seulement « ne remplit pas l’objectif de réduction des populations en milieu urbain », mais entraîne « un étalement des colonies vers des secteurs jusqu’alors non occupés, augmentant de fait les situations de conflits avec les habitants ».

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Des méthodes alternatives

Cette pratique est encadrée par un arrêté de dérogation pris par la préfecture de Loire-Atlantique. La mairie du Croisic assume pleinement son approche. « Les goélands font partie de notre environnement littoral, et l’objectif n’est pas de les faire disparaître mais de mieux réguler leur présence », a réaffirmé la mairie le 4 mai dernier. Outre les nuisances sonores et les déjections, les goélands peuvent également abîmer les toitures, éventrer les poubelles, voire se montrer agressifs envers les populations, en particulier en période de nidification, rappelle la LPO.

« Le code de l’environnement énonce trois critères cumulatifs pour justifier une dérogation qui porte atteinte à une espèce protégée : un motif légitime, l’absence de solution alternative satisfaisante et le maintien d’un état de conservation favorable de l’espèce. Or aucun de ces critères n’est satisfait », indique Me Fanny Le Reste, avocate des trois associations à l’origine de la procédure d’urgence. Sa demande d’abrogation a été examinée le 25 mai au tribunal administratif de Nantes, alors que la période annuelle de stérilisation bat son plein. « Non seulement l’intérêt public majeur de l’opération n’est pas du tout circonstancié, mais ces campagnes de stérilisation, menées au Croisic et ailleurs, dans le département, pourraient affecter près de 15 % de la population des goélands argentés en Loire-Atlantique ».

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Comme le précise encore l’avocate, les perturbations occasionnées par ces oiseaux ont pu être maîtrisées ailleurs, par des méthodes non létales. La commune de Granville a cessé, en 2023, le recours à la stérilisation des œufs de goélands, au profit d’une médiation accrue. Le port de Concarneau a également arrêté en 2025 ses propres opérations anti-goélands, jugeant le dispositif « onéreux, peu satisfaisant et non écologique ». La ville dépensait près de 12.000 euros par an pour ses campagnes de stérilisation.

Pour lutter contre la prolifération des goélands, Concarneau privilégie désormais des affichages pédagogiques pour rappeler l’interdiction de nourrir les oiseaux. L’installation d’aménagements sur les toits des zones les plus concernées est également encouragée. Plus près du Croisic, la préservation du cadre de vie de La Baule passe par une approche plus aérienne, avec des opérations d’effarouchement des goélands par fauconnerie. « Une meilleure sensibilisation des filières de la pêche et de l’alimentation sur la gestion des déchets, est aussi une solution viable », ajoute Fanny Le Reste. Le délibéré du tribunal administratif devrait être rendu « dans les meilleurs délais », courant juin.

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