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Au Comiccon de Montréal, «c’est l’Halloween avant l’heure!»

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Perruques, chapeaux, chandails de super-héros, robes de princesse, épées en mousse et maquillage extravagant ont commencé à affluer au Palais des congrès de Montréal vendredi. Si vous croisez des gens déguisés dans les rues de la métropole dans les prochains jours, c’est normal ! Le Comiccon, qui se tient jusqu’à dimanche, prévoit accueillir au moins 60 000 personnes.

« C’est comme Halloween avant l’heure ! » s’exclame Anaïs en regardant autour d’elle. Il s’agit de sa première visite à cette convention grand public dédiée à la culture populaire. La jeune femme est venue accompagnée de son mari, Chad Peters. Les mariés ont fait le trajet depuis la Nouvelle-Écosse pour assister à l’événement. « On a fait nos propres costumes avec une imprimante 3D, du silicone et des blouses », dit fièrement Chad en pointant l’une de ses épaulettes.

Des quatre coins du Canada, en passant par les États-Unis et la France, le Comiccon de Montréal rallie des gens de tous horizons. Plus de 30 invités du monde du cinéma, des jeux vidéo et de l’animation seront présents durant les trois jours, au grand bonheur de leurs admirateurs.

Un peu comme une « vedette » dans la place, Gilles Lefebvre se promène avec son triporteur décoré pour l’occasion. Celui qui se surnomme Capitaine Québec campe un super-héros plus près de la fleur de lys que de l’aigle. « Regardez, ici, c’est tout l’historique de mon personnage », mentionne le septuagénaire en montrant des photos collées sur son bolide. « Ça fait depuis 1996 que je me déguise », précise fièrement l’homme à l’imposante barbe blanche.

Sa conjointe, Hélène Remillard, ne se déguise pas, mais elle l’accompagne toujours. « Les costumes sont fantastiques au Comiccon », s’émerveille-t-elle. Au même moment, Gilles se fait intercepter par des gens qui veulent le prendre en photo.

User d’ingéniosité

D’abord un rassemblement d’adeptes de bandes dessinées américaines (les comics), le Comiccon s’est élargi à toute la culture populaire, de la science-fiction jusqu’aux jeux vidéo asiatiques.

« Les vraies stars des Comiccon sont les cosplayeurs ! » avait déclaré au micro l’animateur de la cérémonie d’ouverture un peu plus tôt en journée. Le cosplay est une pratique consistant à se déguiser en un personnage fictif et à l’incarner.

La plupart des personnes croisées par Le Devoir ont fabriqué elles-mêmes leur costume en vue de la convention montréalaise.

Natsuhana et Slightly, de leur surnom de cosplayeuses, prennent la pose avec des visiteurs. Les deux femmes de respectivement 27 et 40 ans ont des tenues et des accessoires faits à la main. « Ça m’a pris deux mois de travail en soirée et les fins de semaine pour faire ce costume », confie Slightly, qui fait du cosplay depuis 2017. Elle aime assister aux différentes conférences du Commicon dans le but d’échanger avec d’autres personnes qui ont la même passion qu’elle.

Son amie et elle sont les juges de la mascarade de cette année. Dans cette compétition, 50 participants présentent leurs créations inspirées de personnages de films, de jeux vidéo, d’animation ou de bandes dessinées. « Il y a une évaluation de la technique et de la qualité de la confection, et de leur interprétation du personnage sur scène », explique Natsuhana.

Evaelle Doray, rencontrée un peu plus loin, a déjà gagné un prix en mascarade avec le costume qu’elle porte. « J’ai passé 80 heures à confectionner mon déguisement », dit la jeune femme, qui incarne le personnage Sandrone de Genshin Impact, un jeu vidéo chinois.

Certains comme Ariel Goudreau pensent en mode « écolo » pour leur déguisement. « C’est ma tenue de bal que j’ai réutilisée en guise de costume », explique celle qui porte une robe verte scintillante. Owen Goudreau, qui l’accompagne, a lui aussi donné une seconde vie à une pièce de vêtement. « J’ai fabriqué mon chandail pour l’Halloween originalement », précise-t-il. Cela fait trois ans qu’ils participent au Commicon.

« C’est un paquet de nerds ensemble, la dynamique est vraiment bonne », se réjouit Ariel.

Des nerds assumés

Dans la salle des exposants, c’est la frénésie totale, plusieurs mondes se mélangent. Atelier de tatouage avec des références à des films de science-fiction, tables de jeux de société style « donjons et dragons », figurines de collection, costumes ; il y en a pour tous les goûts.

Rhox Forgues, une exposante, remarque la popularité grandissante de cet événement. « Ça a vraiment évolué. Quand j’étais jeune, quelqu’un qui aimait Star Wars était comme le petit nerd de la gang, les gens ne le prenaient pas au sérieux le niaisait », raconte-t-elle en replaçant ses cheveux multicolores. Elle explique que maintenant, c’est le contraire : « Tout le monde connaît les Pokémon, et avec toute la série des Avengers sortie il n’y a pas longtemps, les superhéros sont devenus à la mode. »

Cette démocratisation se traduit aussi en argent. James peut en témoigner. Derrière celui qui représente une compagnie américaine sont empilés des milliers de boîtes d’objets de collection — de super-héros, notamment. « Certaines années, sur les 2000 boîtes qui valent chacune 80 $, 1700 partent », mentionne-t-il, pour un total de 136 000 $ de ventes à elles seules.

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