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Les enquêteurs du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) n'avaient jamais vu une telle quantité de drogues. Un tout petit local, situé dans un immeuble de location de studios de musique, cachait plus de 50 kilogrammes de cocaïne.
C'est une somme extraordinaire de stupéfiants, s'est exclamé le lieutenant-détective David Fournier, premier témoin appelé au procès de Philippe Dionne, accusé de possession et de trafic de drogues.
L'enquêteur, qui compte une quinzaine d'années d'expérience à l'unité des stupéfiants, n'en avait jamais vu autant lors d'une seule perquisition, tout comme ses collègues d'ailleurs.

Le lieutenant-détective David Fournier sort de la salle d'audience, après son témoignage. À droite, le procureur Pierre-Alexandre Bernard.
Photo : Radio-Canada / Yannick Bergeron
Un cellulaire corrompu
Le 17 octobre 2024, sa journée a débuté au lieu de résidence de Philippe Dionne, sur la route de l'Aéroport, à un jet de pierre du Collège de Champigny. Depuis le mois de mai, la police avait tissé sa toile autour de celui qu'elle soupçonnait de s'adonner au trafic à grande échelle.
Alors qu'ils mènent la perquisition chez lui, les policiers saisissent des cellulaires. Pour empêcher que leur contenu soit effacé à distance, les agents retirent immédiatement les cartes SIM. Mais l'un d'eux commence à émettre une alarme indiquant que la carte doit être remise en place rapidement, sans quoi sa mémoire s'effacera, ce qui surviendra effectivement.
Dans les lieux en désordre, les enquêteurs mettront quand même la main sur des substances suspectes, une balance et des listes de comptabilité. Jusque-là, il s'agit pour l'enquêteur Fournier d'une perquisition de routine. Sa journée était toutefois loin d'être terminée.
Studio de musique
À la suite d'informations obtenues par la police, David Fournier est envoyé au Studio Sonum, dans le quartier Saint-Sauveur, pour y vérifier les caméras de surveillance. L'objectif est de savoir si, quelques jours plus tôt, Philippe Dionne s'y est présenté. Les images montrent effectivement que le suspect y est entré avec une boîte pour en ressortir les mains vides.
Dionne, qui est musicien, y loue un local de répétition que les policiers s'empressent de perquisitionner à son tour. La fameuse boîte scellée de ruban adhésif bleu ne s'y trouve pas.
Après avoir visionné d'autres images de surveillance, les enquêteurs découvrent que Dionne s'est probablement rendu dans un autre local, tout petit, au bout du corridor. L'endroit, qui a davantage l'allure d'un placard, est loué par une femme que les propriétaires de l'endroit ne connaissent pas. Il s'agirait d'un prête-nom, selon les autorités.

Le placard où les policiers ont retrouvé la drogue. En bas, à gauche, se trouve la boîte avec le ruban adhésif bleu recherchée par les enquêteurs.
Photo : Service de police de la Ville de Québec (SPVQ)
À l'intérieur, les policiers retrouvent la boîte au ruban bleu ainsi que divers colis contenant soit des stupéfiants, de l'argent ou des armes à feu.
C'est hors du commun, c'est inhabituel, a révélé le sergent-détective Jérôme Gagnon, qui a aussi témoigné de sa surprise devant l'ampleur de la découverte. Face à ce volume extraordinaire de drogues, l'enquêteur Fournier a compris que sa journée allait se prolonger avec l'échantillonnage
C'est une tâche colossale qui nous attendait.
L'échantillonnage consiste à ouvrir chacun des paquets, en retirer le contenu et le peser, avant d'en prélever un tout petit échantillon pour l'envoyer à Santé Canada aux fins d'analyse. Il aura fallu quatre policiers pour faire ce travail qui a duré près de cinq heures et s'est terminé dans la nuit.

Des liasses d'argent avaient aussi été cachées dans des sacs.
Photo : Service de police de la Ville de Québec (SPVQ)
Au total, le petit local anonyme cachait 52 kg de cocaïne et 266 000 $, selon le SPVQ. La rafle policière a aussi permis de récupérer plus de 2,5 kg de méthamphétamine cristallisée (ou crystal meth), près de 2 kg de MDMA, des milliers de comprimés de méthamphétamine et de Viagra, ainsi que du haschich.
Philippe Dionne est également accusé relativement à la possession illégale d'armes à feu, dont un revolver de calibre .44.

Un pistolet saisi lors de la perquisition.
Photo : Service de police de la Ville de Québec (SPVQ)
Le procès d’une durée prévue de trois jours se déroule devant le juge André Perreault de la Cour du Québec. L’accusé est représenté par Me Samuel Cozak, alors que Me Pierre-Alexandre Bernard présente la preuve pour le Directeur des poursuites criminelles et pénales.


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