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Au Caire, la longue restauration d’un mausolée soufi : « Ce type de projets ne doivent pas s’adresser aux seuls touristes »

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Construit pour abriter le mausolée du saint soufi dont il porte le nom, le Takiyyat Ibrahim al-Gulshani se situe au cœur d’un quartier commerçant séculaire, animé par des stands de thé, des boutiques d’artisanat et d’autres commerces. Le Caire, Egypte, le 18 mai 2026. Pauline Gauer pour M Le magazine du Monde

Par Samuel Forey 

Publié aujourd’hui à 07h30

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ReportageDepuis cinq ans, au Caire, l’ONG américaine World Monuments Fund s’emploie à faire renaître de ses ruines un complexe religieux du XVIᵉ siècle édifié par le maître soufi Ibrahim Al-Gulshani. Cette restauration vise aussi à redynamiser ce quartier médiéval méconnu de la capitale égyptienne et à y attirer davantage de touristes.

Le mausolée Al-Gulshani tient toujours debout. Il est entouré de ruines, comme s’il avait joué le rôle de dernier carré de la résistance de ce lieu exceptionnel face à l’assaut des âges, des régimes, de l’abandon, des tremblements de terre, du pillage. En face, les échoppes sont si anciennes que le niveau de leur sol se trouve en dessous de celui de la rue. Les plus réputés des marchands vendent des lampes traditionnellement utilisées pendant le ramadan : on vient de toute la ville, voire de tout le pays, pour leur en acheter. Ils côtoient des charpentiers et des chaudronniers, qui fabriquent des outils pour bouchers, ou encore des selliers pour les nombreux ânes et chevaux toujours utilisés au quotidien au Caire. Les vendeurs lisent les journaux sur le pas de leur porte, en écoutant la radio sur de vieux transistors, et se mettent à l’abri quand les rayons du soleil se font trop forts.

Situé au cœur du Caire islamique, le mausolée fait l’objet d’une longue restauration lancée il y a cinq ans par l’organisation américaine de préservation du patrimoine World Monuments Fund (WMF). Un projet phare parmi un ensemble d’initiatives pour sauver la cité médiévale, classée en 1979 au Patrimoine mondial de l’Unesco.

L’ensemble architectural forme une « takiyya » – un terme venant du turc, et à ne pas confondre avec la taqiyya, d’origine arabe et signifiant « dissimulation » –, un complexe soufi servant de lieu de prière, de repos et de rassemblement pour les derviches (les membres de ces confréries). Il comprend un mausolée destiné à son fondateur.

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