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Revenu en 2023 au pouvoir après deux premiers mandats (2003-2010), le président sortant de gauche a été investi lors d’une convention de son Parti des travailleurs. Il affrontera Flavio Bolsonaro, fils de l’ex-président d’extrême droite.
Luiz Inacio Lula da Silva a été investi lors d’une convention de son Parti des travailleurs (PT), devant environ 3 000 partisans, à Sao Paulo, aux côtés de sa femme Rosangela « Janja » da Silva, dimanche 2 août 2026. A 80 ans, le président de gauche brésilien, Lula, s’est déclaré dimanche 2 août « en pleine forme » en lançant sa campagne pour décrocher un quatrième et dernier mandat lors du scrutin d’octobre, sur lequel plane l’ombre de l’Américain Donald Trump.
Revenu en 2023 au pouvoir après deux premiers mandats (2003-2010), Luiz Inacio Lula da Silva a été investi lors d’une convention de son Parti des travailleurs (PT), devant environ 3 000 partisans à Sao Paulo, capitale économique de la première puissance d’Amérique latine.
Le public entonnait la chanson Lula, guerrier du peuple brésilien et brandissait des drapeaux rouges du PT et des pancartes portant des inscriptions comme « Le Brésil ne se rend pas ».
L’ancien ouvrier et leader syndical, figure dominante de la politique brésilienne des dernières décennies, va affronter Flavio Bolsonaro. Ce sénateur de 45 ans est le fils de l’ex-président d’extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2022), détenu pour tentative de coup d’Etat pour avoir cherché à se maintenir au pouvoir malgré sa défaite électorale de 2022.
Lula s’est employé à convaincre que son âge n’était pas un problème. « Je veux me battre contre la vieillesse », a-t-il lancé, racontant ses exercices physiques quotidiens. Evoquant les stars du foot Lionel Messi et Cristiano Ronaldo, qui ont joué six Coupes du monde, il a dit que lui en jouerait une « septième » : sa septième candidature.
Et la dernière : il a assuré qu’il partirait ensuite « en vacances pour flirter » avec sa troisième épouse, Rosangela « Janja » da Silva, 59 ans. A ses côtés, elle portait un tee-shirt reproduisant une photo de Lula enfant.
« Souveraineté »
La campagne est placée sous le signe du président américain Donald Trump. Allié de la famille Bolsonaro, il a soutenu récemment plusieurs candidats de droite victorieux en Amérique latine.
En bras de chemise et panama sur la tête, Lula n’a pas mentionné le locataire de la Maison Blanche directement. Mais le thème de la « souveraineté », axe de sa future campagne, était omniprésent lors de la convention. Lui-même s’exprimait devant un grand drapeau brésilien.
Les Etats-Unis ont infligé en juillet deux vagues de droits de douane sur des produits brésiliens, invoquant de supposées pratiques commerciales déloyales.
L’an dernier, encouragé par un autre fils de Jair Bolsonaro, Eduardo, Washington avait imposé une première surtaxe, en représailles au procès de l’ex-chef de l’Etat, avant de la lever en bonne partie à la suite d’un bref réchauffement Lula-Trump.
Pour le président brésilien, Flavio Bolsonaro est un « traître à la patrie » qui aurait incité les Etats-Unis à frapper l’économie brésilienne. L’intéressé dément.
Crime et corruption
Selon un récent sondage de l’institut Datafolha, Lula recueillerait 48 % d’intentions de vote au second tour, contre 43 % pour son adversaire. Même affaibli par une série de crises, l’héritier Bolsonaro ne perd pas pied. En 2022, le champion de la gauche l’avait emporté d’un cheveu, et le pays reste extrêmement polarisé.
Le président brésilien peut se targuer d’une croissance solide et d’un emploi record, mais les familles se plaignent du coût de la vie et les déficits publics s’aggravent.
Il est sur la défensive sur la première préoccupation des Brésiliens : la sécurité. Dans les quartiers populaires, des dizaines de millions d’habitants vivent sous la coupe du crime organisé.
La corruption est aussi un sujet majeur. Or deux enquêtes judiciaires fragilisent les deux rivaux. La première porte sur le financement d’un film dédié à Jair Bolsonaro, pour lequel Flavio Bolsonaro avait demandé de l’argent à un banquier accusé d’une énorme fraude financière. L’autre, ouverte cette semaine, vise un fils de Lula, surnommé « Lulinha », soupçonné de corruption et trafic d’influence.
Lula avait passé cinq cent quatre-vingts jours en prison en 2018-2019 pour corruption dans le cadre d’un scandale retentissant. Mais sa condamnation avait été ensuite annulée, pour des motifs de procédure et car le juge avait été considéré comme partial.
Le Monde avec AFP


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