NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
En dix ans, ces deux mémoriaux ont pris leur place à Nice pour rappeler la mémoire des 86 victimes de l’attentat de la Promenade des Anglais.

VALERY HACHE / AFP
Des fleurs déposées au pied de « L’Ange de la Baie » du sculpteur Jean-Marie Fondacaro à Nice, le 12 juillet 2026.
À Nice, ils font désormais partie du paysage. Dans les jardins du somptueux musée de la villa Masséna, un cœur tracé par des dizaines de noms surplombant une fontaine. Un peu plus loin, sur la Promenade des Anglais, en face du luxueux Palais de la Méditerranée, un grand ange en aluminium s’élevant au-dessus d’une vague. Ces deux symboles trônent dans la ville comme autant de souvenirs, douloureux mais nécessaires pour de nombreuses victimes, de l’attentat meurtrier au camion bélier du 14 juillet 2016.
Ce mardi, la ville commémore les dix ans de l’attaque revendiquée par l’organisation État islamique, qui a coûté la vie à 86 personnes et fait plus de 400 blessés dans une foule rassemblée pour assister au feu d’artifice de la Fête nationale. Depuis cette date, le traditionnel spectacle pyrotechnique a laissé place à 86 faisceaux lumineux, qui apparaissent sur la mer pour rendre hommage aux victimes. Et chaque année, les commémorations passent par la villa Masséna et « l’Ange de la baie ».
Le premier de ces deux mémoriaux a été érigé en 2017. Dans la quiétude des jardins de l’un des plus importants musées de la ville a été installée une fontaine, entourée de dizaines de portraits de victimes et surmontée d’un cœur dessiné sur du plexiglas. Ce cœur est né sur les maillots des footballeurs de l’OGC Nice, qui souhaitaient rendre hommage aux victimes pour leur premier match après l’attentat, un mois après le drame.
« On voulait un symbole porteur d’amour et de paix, et qui ne soit pas sombre, nous avait confié il y a 9 ans Jessica Marcou, directrice associée de l’agence de communication Comback, qui avait dessiné ce symbole pour le club de football. On voulait aussi mettre un nom sur les victimes. Des familles entières ont été décimées dans cet attentat, et on s’en rend compte en voyant les successions de noms d’une même famille » sur le cœur.
Le cœur des victimes, né sur le maillot de l’OGC Nice
Depuis, ce logo est régulièrement utilisé par les associations de victimes — il n’a volontairement jamais été déposé comme une marque par Comback, qui l’a mis à disposition librement. « C’est un très beau cadeau qui avait été fait dans un court laps de temps après l’attentat, se rappelle aujourd’hui Anne Murris, présidente de Mémorial des Anges, l’une des quatre associations. C’est un hommage très humain et pertinent, qui montre à la fois l’unité des victimes, et leur caractère individuel avec les noms de chacun. » L’OGC Nice le projette toujours à la 86e minute de ses matchs à domicile, sur les écrans de l’Allianz Riviera.

LUIS BOZA / NurPhoto via AFP
La fontaine surmontée du cœur des victimes de l’attentat de Nice, photographiée à la villa Masséna en septembre 2025.
D’abord conçu pour être temporaire, le mémorial de la villa Masséna est devenu un lieu de recueillement essentiel, apprécié pour son calme et sa localisation, en retrait du lieu du drame. « Certaines personnes avaient du mal à retourner sur la Promenade des Anglais. Là, elles pouvaient passer par la rue située derrière la villa pour accéder à la fontaine », explique Anne Murris, interrogée par Le HuffPost. Le mémorial est donc resté.
Un appel d’offres a tout de même été lancé, en 2021, pour la conception d’un nouveau monument en hommage aux victimes. Après de longues discussions, la mairie et les associations sont tombées d’accord pour l’installer sur la Promenade des Anglais, à l’endroit même où le camion meurtrier a fini sa course. « Pour moi, faire vivre la mémoire, c’était avoir un monument au plus près du site », estime Anne Murris, qui a perdu sa fille Camille le soir du 14 juillet 2016.
L’Ange de la baie, « une sentinelle »
Après un vote, l’œuvre réalisée par le sculpteur niçois Jean-Marie Fondacaro a été installée en 2022. Elle représente une silhouette, les bras écartés, penchée au sommet d’une vague au creux de laquelle on retrouve, là encore, le cœur des victimes. « La vague est un cycle de vie : elle croît, elle monte puis elle s’écrase. C’est très symbolique par rapport à ce qui s’est passé », confie Anne Murris, qui voit dans cet ange « une sentinelle qui protège ce qu’elle a en dessous, c’est-à-dire ces victimes ».
Désormais, l’œuvre « appartient aux passants et aux familles », se félicite son sculpteur dans un entretien pour le site du projet de musée-mémorial du terrorisme. À tel point qu’elle lui a échappé. « La chose que je n’avais pas anticipée […] c’est qu’en se penchant pour lire les noms des victimes, les passants reforment un cœur » en miroir avec la vague, raconte-t-il. Début juillet, l’Ange de la baie a été retiré de sa base pour être nettoyé avant les commémorations. « Des non-victimes ont envoyé des messages à l’association pour savoir où il était passé. Cela a fait un vide dans le paysage », abonde Anne Murris.
Mais l’attachement à ces lieux de mémoire n’est pas le même chez toutes les victimes. Pour « avancer », certains n’éprouvent pas le besoin de se rendre près des monuments ou aux commémorations, selon Jean-Claude Hubler, fondateur de l’association Life for Nice. « Le plus important pour nous, c’étaient les deux procès » devant la cour d’assises spéciale de Paris, avance-t-il auprès du HuffPost. Des peines de 2 à 18 ans de prison ont été prononcées en 2022 à l’encontre de huit complices de l’auteur, qui a été tué par la police le soir de l’attentat. Deux d’entre eux ont fait appel et ont vu leur peine confirmée en 2024.
Une enquête est par ailleurs toujours en cours au sujet de la sécurisation de la Promenade des Anglais le soir de l’attentat. « On reste vigilants », met en garde Jean-Claude Hubler, concentré sur l’agenda judiciaire. Son association a fait annuler, à la mi-juin, une lecture sur l’attentat prévue au Théâtre national de Nice car le texte s’appuyait notamment sur des propos de victimes pendant le procès. Elle se prépare aussi au procès en appel du rappeur Freeze Corleone, condamné en avril pour apologie du terrorisme pour une chanson qui évoque sans le dire l’attentat. « La mémoire, pour nous, c’est aussi ça », insiste Jean-Claude Hubler.


2 month_ago
66



























.jpg)






French (CA)