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Le ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick, John Dornan, veut faire baisser le temps d’attente à l’urgence. Il regarde du côté de l’Ontario qui a mis en place un projet pilote qui permet aux malades de patienter hors de la salle d’attente de l’urgence.
Le projet a été mis en place à l’hôpital de Sault-Sainte-Marie, en Ontario. Il permet aux patients non urgents de patienter dans une salle d’attente virtuelle, que ce soit à domicile ou dans un café hors de l’hôpital.
Le système informe les patients par message SMS toutes les heures de leur rang dans la file et quand c’est le moment de se rendre à l’hôpital.

Les responsables de l’hôpital de Sault-Sainte-Marie déclarent que 350 patients ont utilisé la file d’attente virtuelle pendant le projet pilote de trois mois.
Photo : CBC / Erik White
Les motifs de consultation acceptés comprennent la toux, les maux de gorge ou d'oreilles, les éruptions cutanées et les douleurs dentaires. Tout comme les renouvellements d'ordonnances, les soins de plaies, les entorses, ainsi que les brûlures urinaires.
Ce programme pilote effectué sur trois mois a permis de réduire les temps d’attente globaux de 25 %, selon les chiffres avancés par l’hôpital. Le projet pilote sera pérennisé cette année.
« Une bonne idée »
Au Nouveau-Brunswick, le ministre de la Santé assure qu’il s’agit d’une solution qu’on pourrait, devrait et [qu'on] va examiner.
Selon le Dr John Dornan, ce projet pilote est une bonne idée.

Le ministre de la Santé, John Dornan, croit que le projet pilote de l'hôpital de Sault-Sainte-Marie est une bonne idée. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Même si vous pouvez vous asseoir dans votre voiture ou aller vous promener quelque part, même dans les zones communes de l'hôpital, comme la cafétéria, ou un café, je pense que, si les gens n'avaient pas à passer ce temps assis-là par crainte [de ne pas entendre leur nom être appelé], cela aiderait beaucoup.
Des urgentologues doutent
Toutefois certains médecins doutent que ce projet pilote soit la solution. Le Dr Yogi Seghal, urgentologue à l’hôpital régional Dr Everett Chalmers à Fredericton, croit que le gouvernement regarde au mauvais endroit pour faire baisser le temps d’attente.
On cherche des solutions dans les départements d’urgence quand le problème est [systémique]. C'est une autre façon d’aider, mais ce n’est pas la solution au problème, croit-il.

Dr Yogi Seghal ne pense pas que ce projet pilote soit la solution aux temps d'attente trop long dans les urgences de la province. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Myriam Breau
Selon lui, le problème vient du fait que trop de patients n’ont pas accès à un fournisseur de soins de santé et qu'ils doivent se rendre aux urgences pour obtenir des soins, y compris pour des problèmes qui n’ont rien d’urgent.
Il pointe également du doigt les failles potentielles du système. Côté légal, dès que quelqu’un s’enregistre à l’urgence, ils sont nos patients, donc s’ils vont ailleurs et que quelque chose arrive à eux autres, c’est nous qui sommes responsables, souligne l’urgentologue.
Un autre médecin à l’urgence de l’hôpital de Saint-Jean, le Dr Fraser Mackay, partage ces réticences.
Laisser des patients attendre à domicile va donner l’impression que ces services sont moins achalandés, mais, selon lui, cela ne résout en rien le problème fondamental de la surcapacité en aval.

Le Dr Fraser Mackay est membre du conseil d'administration de l’Association canadienne des médecins d’urgence. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Myriam Breau
L’attente aux urgences est liée, selon lui, aux trop nombreux lits occupés par des patients en attente d’une place dans un foyer de soins. Ils empêchent ainsi la prise en charge de patients arrivés via l’urgence. Ces lits occupés par des aînés représentaient en décembre environ 40 % du total de lits dans les deux réseaux de santé, Horizon et Vitalité.
Le ministre de la Santé reconnaît que cette situation est un problème. John Dornan assure qu’un plan qui va aider les gens à sortir des hôpitaux vers nos communautés sera présenté dans les prochaines semaines, certainement ce trimestre.
Le gouvernement dit également travailler avec Horizon et Vitalité afin que ces patients en attente soient placés dans des lits vacants des foyers de soins situés dans un rayon de 100 kilomètres autour de l'hôpital où ils se trouvent.
Avec des informations de Bobbi-Jean MacKinnon, CBC et de Karine Godin, Radio-Canada


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