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Ateliers Saint-Louis : le projet de logements est-il menacé?

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Le projet de création de logements dans le bâtiment des Ateliers Saint-Louis de l'entreprise Must Urbain Rimouski pourrait être compromis par une redevance récemment imposée aux constructeurs par la Ville de Rimouski. Selon le promoteur, cette contribution pourrait s'élever à environ 200 000 $, ce qui remet en question la faisabilité financière de la reconversion de l'immeuble patrimonial.

Depuis lundi, Rimouski demande une redevance pour chaque nouveau logement afin de l'aider à payer les coûts des travaux à réaliser pour accroître la capacité des infrastructures en eau.

Un projet de règlement en ce sens a été adopté en séance publique par le conseil municipal, lundi soir, et prévoit que cette contribution pourrait atteindre un peu plus de 5700 $ par porte.

La Ville explique que l'imposition de cette redevance est nécessaire, puisque les réseaux d'aqueduc et d'égouts arrivent à saturation et nécessitent des travaux estimés à plus de 32 millions de dollars.

PDG de l'entreprise Must Urbain, Philippe Dusseau sourit à la caméra dans un corridor de l'ancien couvent de Trois-Pistoles.

Philippe Dusseault rappelle que Must Urbain Rimouski souhaite reconvertir le bâtiment patrimonial des Ateliers Saint-Louis pour y aménager des logements.

Photo : Radio-Canada / Patrick Bergeron

Le président-directeur général de Must Urbain, Philippe Dusseault, rappelle que l'entreprise souhaite aménager 38 logements dans le bâtiment des Ateliers Saint-Louis.

Les travaux s'annoncent colossaux et coûteux, selon lui, pour reconvertir l'édifice patrimonial qui appartient à la Ville de Rimouski et qui n'est plus chauffé depuis des années.

Avec les pro forma qu'on a présentés à la Ville, ils ne sont pas sans savoir qu'on ne pourra pas prendre de frais additionnels dans le projet, décrit Philippe Dusseault. On est vraiment au maximum [d'où] on peut se rendre, ajoute-t-il.

S'il fallait qu'on doive assumer cette taxation de plus ou moins 5000 $ par logement, ce sera un choix déchirant à faire, mais je pense qu'on sera obligés de se retirer.

Must Urbain Rimouski a été sélectionné il y a près d'un an après un appel de projets lancé par la Ville de Rimouski pour la sauvegarde des Ateliers Saint-Louis.

Le bâtiment appartient présentement à la Ville, mais Philippe Dusseault indique que la transaction immobilière serait sur le point de se conclure.

L'achat est imminent. On devrait notarier l'immeuble d'ici trois mois maximum. Donc, la Ville est à compléter les documents avec le légal pour qu'on devienne propriétaires, soutient-il.

Une exemption possible?

Must Urbain Rimouski demande à être exemptée de cette contribution, comme le sont déjà quatre projets plus avancés dans leur cheminement.

[Notre] projet n'a pas été exempté. On est un peu stupéfaits de cette situation-là.

C'est un projet, je ne voudrais pas dire risqué, mais quand même assez particulier. C'est un bâtiment qui est abandonné depuis plusieurs années, souligne Philippe Dusseault.

La brique tombe en ruines sur le bâtiment des Ateliers Saint-Louis.

Le bâtiment des Ateliers Saint-Louis se dégrade au fil du temps. Il n'est plus chauffé depuis des années.

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Le promoteur estime que le projet aurait pu être plus avancé, et donc, peut-être exempté, comme l'ont été d'autres projets.

Je pense qu'ils sont [la Ville] peut-être victimes de leur succès. Alors, ils ont beaucoup, beaucoup de travaux à faire, ce qui fait qu'on a eu des délais, qu'on a accusé des retards un peu sur notre dossier, ajoute le promoteur.

Le directeur du Service urbanisme, permis, et inspection, Jean-Philip Murray, indiquait lundi que la Ville accompagne présentement des promoteurs pour plus d'un millier de projets différents.

Philippe Dusseault soutient que les pourparlers se poursuivent et que la collaboration reste bonne avec la Ville.

Des consultations à venir sur le projet de règlement

La Ville a refusé notre demande d'entrevue pour réagir aux propos de M. Dusseault.

Par contre, dans une réponse transmise par écrit, elle précise que le Service urbanisme, permis et inspection accompagne le promoteur depuis plusieurs mois et que le traitement du dossier suit son cours.

Comme tout projet comportant plusieurs étapes et processus d'approbation, les délais peuvent varier, ajoute la Ville, toujours par écrit.

Elle souligne qu'une rencontre d’information est organisée avec les promoteurs et développeurs du milieu. L'objectif est de leur présenter le projet de règlement et d'écouter les différents cas de figure qui pourraient s’appliquer.

Une assemblée publique de consultation est aussi prévue lors de la séance publique du conseil municipal du 20 avril. Une consultation écrite se tient aussi jusqu'au 21 avril.

Guy Caron et les conseillers municipaux, lors de la séance du conseil municipal.

Le maire de Rimouski, Guy Caron, a affirmé lundi que des angles morts se glissent parfois dans les projets de règlement qui peuvent être modifiés au besoin, avant l'adoption du règlement final.

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Lors de la séance publique de lundi, le maire de Rimouski, Guy Caron, a semblé démontrer de l'ouverture à procéder à des amendements au projet de règlement.

En réponse à l'une des collègues de Philippe Dusseault chez Must Urbain Rimouski, Emmanuelle Rousseau, qui s'est présentée au micro lors de la période de questions pour faire part de ses préoccupations, le maire a répondu qu'il peut y avoir, dans des projets de règlement, des angles morts [que les élus] n'ont pas vus et qu'on peut, effectivement, intégrer dans un règlement. On l'a fait dans des règlements précédents.

Guy Caron a invité l'équipe de Must Urbain Rimouski à se présenter à la rencontre organisée pour les promoteurs. Ce sera vraiment la possibilité de vous exprimer à ce moment-là et, effectivement, de voir si ces arguments-là peuvent être pris en considération, a-t-il ajouté.

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