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Artémis II est aussi (un petit peu) européenne. Et française !

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  • Artémis II, souvent perçue comme un jalon américain, s’appuie aussi sur une coopération européenne structurée par les accords « Artémis ».
  • Conçu par l’ESA, l’European Service Module (ESM) d’Orion — vital mais jetable avant la rentrée — fournit propulsion, ressources de bord, énergie solaire et gestion thermique tout au long du vol.
  • La France contribue fortement via Safran (filtres à hélium), ArianeGroup (réservoirs de surpression), Airbus (logiciels), Clemessy (maintenance) et Latelec (11 km de câbles).

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La mission lunaire Artémis II est un moment emblématique de l’histoire spatiale américaine. Quitte à oublier que le projet est également porté par l’Europe, notamment via un module d’Orion, essentiel pour le déroulement du voyage, et construit par différentes entreprises européennes.

Artémis II, dont la date de lancement approche, apparaît surtout comme une nouvelle étape américaine pour planter à nouveau la bannière étoilée sur la Lune. Et c’est en partie vrai tant la Nasa dirige le projet et au vu du narratif de course à la Lune entre les États-Unis et la Chine. Mais les accords d’Artémis, eux, sont pourtant bien signés par des dizaines de pays, dont beaucoup à travers l’Europe, ce qui rappelle que le Vieux Continent est également attaché au projet, et y contribue.

Une contribution essentielle d’ailleurs, puisque c’est bien l’Europe qui est chargée d’un élément capital dans le vaisseau Orion : le module de service. Convenablement nommé European Service Module, il s’agit de la partie du vaisseau regroupant différents équipements, notamment certains systèmes de propulsion, et qui est séparée du module de commande occupé par les astronautes. En clair, tout ce qui n’est pas indispensable au retour sur Terre.

Un module essentiel… mais jetable

Ainsi, cette partie stocke les éléments consommables par l’équipage, comme l’eau, l’oxygène et l’azote. D’un diamètre de 4,5 mètres, avec une masse de 3,8 tonnes à vide, il peut apporter plus de 9 tonnes de carburant et stocke également les panneaux solaires et les radiateurs qui évacuent la chaleur dans l’espace. Sans oublier des instruments spécifiques qui y sont entreposés.

La fusée SLS sur son pas de tir avant Artémis IILa fusée SLS sur son pas de tir avant Artémis II. // Source : Flickr/CC/NASA HQ PHOTO (photo recadrée)

Tout ce module a un rôle essentiel, bien qu’un peu ingrat, puisqu’il est largué dans l’espace juste avant le retour de l’équipage sur Terre, où il garde le strict minimum. Mais il est essentiel durant tout le reste de la mission.

De nombreux pays européens sont impliqués dans sa construction, entre autres l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, l’Espagne, la Norvège ou la Suisse… Et la France, bien sûr, qui occupe une place non négligeable.

Safran et ArianeGroup sont dans la place

Le groupe Safran, notamment, s’occupe des filtres à hélium qui empêchent la contamination des systèmes de propulsion. Ils sont conçus en Haute-Vienne, sur la commune de Nexon, là où est implantée la filiale du groupe, Sofrance, une entreprise d’environ 200 employés. Leur rôle est d’empêcher que les quelque 33 moteurs utilisés dans l’ensemble du vaisseau Orion ne soient pollués par des impuretés qui pourraient y pénétrer.

Toujours dans le domaine du carburant, ArianeGroup est mobilisée, via le site de Saint-Médard-en-Jalles près de Bordeaux. C’est là que sont fabriqués les réservoirs de surpression : ceux qui stockent l’hélium tout en envoyant le carburant vers les moteurs. Il s’agit de modèles similaires à d’autres déjà utilisés sur les fusées Ariane 5, les véhicules automatiques de transfert, ou même pour ravitailler la Station spatiale internationale.

Du logiciel au « cable management »

Dans les Yvelines, le site d’Airbus conçoit, de son côté, les logiciels du module, chargé de traiter les données durant le vol. Température, carburant, déplacement, lumière solaire… Tout passe par ce cerveau pour assister les astronautes et avertir en cas de problème. Le développement de cette partie a nécessité la construction d’une réplique du vaisseau Orion afin de s’assurer que tout soit fonctionnel en cas de souci.

Orion repartant vers la Terre. // Source : Capture d'écran YouTube ESAOrion repartant vers la Terre. // Source : Capture d’écran YouTube ESA

Enfin, n’oublions pas deux autres entreprises françaises qui contribuent au module européen : Clemessy, près de Mulhouse, qui s’occupe de la maintenance de l’ensemble du matériel électrique utilisé sur Terre pour la construction et la préparation du vaisseau. Et Latelec, à Labège, près de Toulouse, qui a fourni 11 kilomètres de câbles en tous genres.

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