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Arsenic dans l’air : Santé Canada propose un plafond à 10 ng/m3

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À Rouyn-Noranda, où la qualité de l’air fait débat en raison des émissions de la Fonderie Horne, Santé Canada a présenté un objectif d’arsenic ambiant dans l’air pouvant atteindre 10 nanogrammes par mètre cube (ng/m³), soit jusqu’à trois fois plus que la norme québécoise.

En consultation publique dans la ville en juillet, des représentants de l’organisme fédéral assurent que ce repère ne constitue pas une baisse de la protection de la population. 

Contrairement aux normes provinciales, cet objectif de la qualité de l’air pour la santé (OQAFS) n’aura pas force de loi. Il servira plutôt de repère scientifique destiné à guider les provinces.

Ça ne représente pas un assouplissement des critères de protection, a affirmé la toxicologue Julie Bourdon-Lacombe lors de son passage à Rouyn-Noranda. 

Selon l'agence, cet ajustement par rapport à l'ancienne valeur fédérale de 2 ng/m³, fixée en 1993, s'appuie sur des décennies de nouvelles données. Il reflète ainsi l'évolution des connaissances scientifiques et une meilleure précision dans la mesure du risque, plutôt qu'une baisse des normes de sécurité.

Ce n’est pas vraiment inhabituel de voir des valeurs qui montent comme ça avec le temps. Ça peut sonner un peu alarmant, mais ce n’est pas le cas du tout.

La toxicologue a été invitée à Rouyn-Noranda par des représentants de l’Observatoire national sur les incidences des émissions des contaminants sur la santé et l’environnement (ONICSE). L'organisme souhaitait lui offrir la possibilité de rencontrer une communauté éprouvée depuis plusieurs années par les débats sur la qualité de l’air et les émissions de la Fonderie Horne.

Deux seuils pour évaluer le risque

Pour encadrer la présence d’arsenic dans l’air, Santé Canada propose une approche à deux volets. Elle prend en compte l'exposition ponctuelle et continue : 

  • Court terme : un plafond de 200 ng/m³ sur une période d'une heure pour éviter les retards de développement d’un fœtus; 

  • Long terme : un objectif annuel variant entre 1 et 10 ng/m³ pour réduire les risques de cancer du poumon. 

Cette dernière cible annuelle correspond à un niveau de risque jugé acceptable par l’organisme fédéral, soit un cas de cancer supplémentaire pour 100 000 à 1 million de personnes exposées au cours de leur vie.

Santé Canada considère le risque comme négligeable au-dessous de ces valeurs et affirme qu'aucun effet sur la santé n’est attendu

L'agence fédérale tient d'ailleurs à rappeler qu'un dépassement de ces repères ne se traduit pas automatiquement par l'apparition d'une maladie. Selon elle, le risque réel d'une exposition à l'arsenic varie selon la concentration, la fréquence et la durée, mais aussi en fonction de variables propres à chaque personne, comme l'âge, l'état de santé général, le profil génétique ou les habitudes de vie.

D'autres polluants dans la mire

Les consultations publiques sur l'arsenic menées cet été s'inscrivent dans une démarche fédérale plus large visant à réviser les cibles de qualité de l'air.

Au cours des prochains mois, Santé Canada prévoit d'établir des objectifs similaires pour d'autres polluants atmosphériques, notamment le benzène, le formaldéhyde, le monoxyde de carbone et le sulfure d’hydrogène.

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