Votre pension de retraite est susceptible d’être modifiée si vous avez fait le choix de travailler à l’étranger. Tout dépend alors de votre statut et de votre pays d’adoption.

Olivier Delahaye - Aujourd'hui à 16:00 - Temps de lecture :

Des accords existent également avec certains pays hors UE tels que le Canada, le Chili, Israël ou encore le Maroc. Photo Adil Benayache/Sipa

Des accords existent également avec certains pays hors UE tels que le Canada, le Chili, Israël ou encore le Maroc. Photo Adil Benayache/Sipa

Selon le ministère des Affaires étrangères, près de 1,8 million de Français sont inscrits au registre des Français établis hors de France, mais le nombre réel est évalué à 2,5 millions (soit environ 3 % de la population).

Si vous envisagez de partir travailler à l’étranger, faites d’abord le point sur vos droits à la retraite acquis en France, puis informez-vous sur votre future situation selon le pays dans lequel vous allez vous installer. Le CLEISS (Centre des liaisons européennes et internationales de sécurité sociale) fournit toutes les données disponibles.

Le cadre protecteur de l’UE

En effet, la donne change en fonction du pays, mais d’abord en fonction de votre statut. Si vous êtes travailleur détaché, vous disposez d’un contrat de travail français. En l’occurrence, puisque vous payez vos charges sociales et vos cotisations en France, vous continuez à valider vos trimestres au sein du système de retraite de la Sécurité sociale, ainsi que vos points pour la retraite complémentaire.

Il n’existe ainsi aucune rupture dans le rythme d’acquisition de vos droits. La question est différente dès lors que vous vous trouvez sous le statut d’expatrié. Ici, vos droits acquis dans l’Hexagone ne sont pas perdus, mais figés puisque la Sécurité sociale considère que vous ne cotisez plus en France.

Toutefois, l’Union européenne (UE) offre un cadre protecteur puisque ses États, ainsi que ceux de l’Espace économique européen (Islande, Liechtenstein et Norvège en plus) et la Suisse ont passé des accords de coordination avec la France vous permettant de cumuler les droits acquis dans ces pays avec ceux acquis en France.

Choisir la CFE

Des accords existent également avec certains pays hors UE tels que le Canada, le Chili, Israël ou encore le Maroc. S’ils sont différents d’un pays à l’autre, ces accords bilatéraux de sécurité sociale prévoient généralement de compiler les droits acquis à l’étranger et en France, évitant au salarié de perdre ses droits ou de subir une décote.

À ceci s’ajoute une subtilité si vous avez travaillé dans plusieurs pays ayant des conventions différentes (par exemple en Allemagne et au Chili).

En effet, le système français ne procède alors pas au cumul global, mais applique la clause la plus favorable. Autrement dit, il calcule le montant de votre retraite accord par accord pour vous verser le plus élevé.

Si aucun accord n’existe entre la France et le pays dans lequel vous travaillez, il vous faut cotiser au régime local existant pour percevoir une retraite séparée de votre retraite française.

Vous pouvez également choisir de cotiser à titre individuel via la Caisse des Français de l’étranger (CFE). Il s’agit d’une assurance volontaire vieillesse vous permettant de continuer à cotiser au régime de base de la Sécurité sociale française.

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