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Emmanuel Macron a annoncé l’envoi « de soldats, de radars, de systèmes de défense pour protéger » sur le site de Yanbou, principal terminal saoudien d’exportation de brut sur la mer Rouge ciblé par les houthistes du Yémen.

Le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, aux Invalides, à Paris, le 17 septembre 2026. Le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, aux Invalides, à Paris, le 17 septembre 2026.

Les moyens militaires français qui doivent être envoyés en Arabie saoudite le seront à titre « strictement défensif » pour protéger les exportations de brut sur la mer Rouge, a affirmé dimanche 27 septembre le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, sur France 2.

Le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé jeudi soir l’envoi « de soldats, de radars, de systèmes de défense pour protéger » sur le site de Yanbou, principal terminal saoudien d’exportation de brut sur la mer Rouge ciblé par les houthistes du Yémen, dans le but de faire baisser le prix des carburants.

Interrogé sur le risque d’être considérés comme des cobelligérants par les houthistes, M. Barrot a répondu : « Absolument pas (…). On met à disposition des moyens défensifs (…). Depuis le début de la guerre en Iran, nous avons déployé des moyens militaires pour protéger nos alliés, nos partenaires. Est-ce qu’à un seul moment nous avons été considérés comme belligérants ? Jamais », a-t-il souligné, en référence notamment à des opérations de protection du ciel des Emirats arabes unis contre des drones iraniens.

L’ampleur du déploiement français dépendra « du besoin tel qu’il sera exprimé par le partenaire [saoudien], de nos propres capacités et de l’évolution de la situation », a-t-il ajouté.

Jean-Noël Barrot reste vague sur un éventuel débat au Parlement

Le ministre est resté vague sur la possibilité d’un débat au Parlement, réclamé par plusieurs responsables politiques, sur l’engagement de forces en plein conflit entre le royaume saoudien et les rebelles pro-iraniens.

« Nous aurons 1 000 occasions de débattre de ces questions », a-t-il estimé, soulignant qu’un vote au titre de l’article 35 de la Constitution, demandé par le candidat de La France insoumise à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, « n’est prescrit (…) qu’à l’issue d’une période de quatre mois ».

M. Mélenchon a notamment estimé qu’envoyer « des troupes en Arabie saoudite, c’est s’installer sur un théâtre de guerre. Si la base est frappée, que ferons-nous ? Pas question de devenir belligérant ».

Une image satellite montre les infrastructures pétrolières du port de Yanbou, situé sur la côte saoudienne de la mer Rouge, le 4 mars2026. Une image satellite montre les infrastructures pétrolières du port de Yanbou, situé sur la côte saoudienne de la mer Rouge, le 4 mars2026.

La reprise récente des hostilités au Yémen, avec une offensive éclair des houthistes vers le littoral de la mer Rouge qu’ils contrôlent désormais entièrement, affecte fortement l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, avec une chute du trafic dans le détroit de Bab Al-Mandab.

Ce passage reliant l’Europe à l’Asie via la mer Rouge et le canal de Suez était devenu encore plus important pour l’Arabie saoudite depuis que l’Iran perturbe fortement le trafic dans le détroit d’Ormuz de l’autre côté de la péninsule Arabique.

Le Monde avec AFP