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Les Houthis avancent, Riyad recule et Bab-el-Mandeb devient le symbole d’une guerre que presque personne ne comprend vraiment.
Ansar Allah vient de consolider son contrôle sur Bab-el-Mandeb après la prise de Mokha puis de l’île de Périm. Un verrou majeur de la mer Rouge passe ainsi sous l’autorité d’un mouvement que certains commentateurs continuaient récemment à présenter comme une simple milice périphérique.
Romain Molina insiste sur un point essentiel : les Houthis sont « un allié de l’Iran plus qu’un proxy ». Téhéran les soutient, évidemment. Mais leurs objectifs restent aussi profondément yéménites : contrôle territorial, ressources, rivalités locales et survie politique. Leur progression doit énormément aux divisions du camp adverse, morcelé entre gouvernement reconnu, factions locales, Saoudiens et Émiratis.
Gaza a également changé leur stature. En frappant des navires liés à Israël, Ansar Allah a gagné une audience nouvelle dans le monde arabe et transformé sa faiblesse militaire apparente en levier géopolitique.
Pendant ce temps, l’Arabie saoudite découvre qu’une guerre annoncée comme rapide peut durer plus de dix ans, coûter des fortunes et laisser l’adversaire contrôler l’une des routes maritimes les plus sensibles du monde. Beau rendement.
Et Romain Molina rappelle l’essentiel : « la solution viendra avant tout des Yéménites eux-mêmes ». À force de traiter le Yémen comme l’arrière-cour des puissances régionales et occidentales, celles-ci ont surtout réussi à rendre le pays plus fragmenté… et les Houthis plus incontournables.
par Yoann
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