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Après un suicide à Sept-Îles, le CISSS appelé à revoir sa procédure

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Le Bureau du coroner met en cause la procédure du CISSS de la Côte-Nord dans la trajectoire de soins d’un homme de 83 ans de Sept-Îles qui s’est enlevé la vie en juin 2024 . Il était alors en attente d’une réponse à sa demande d’aide médicale à mourir.

Dans son rapport publié en février, le coroner, Me Bernard Lefrançois, recommande à l'organisme une révision de la trajectoire de soins de Jean-Charles Servant et d’apporter des correctifs nécessaires pour assurer un accompagnement optimal chez les usagers vulnérables.

Il stipule que, lorsqu'une personne fait une demande d’aide médicale à mourir, il est nécessaire de bien évaluer son risque suicidaire au cours du processus. Cette évaluation ne semble pas avoir été faite, même si le patient était très souffrant au moment des faits. Il avait pourtant mentionné envisager d’autres options si sa demande d’aide médicale à mourir venait à lui être refusée.

Compte tenu de sa condition de santé, Jean-Charles Servant a été informé en mai 2024 d’un délai de 90 jours en lien avec le traitement de sa demande. Le CISSS ne lui a cependant jamais confirmé s'il était admissible à l'aide médicale à mourir ou non.

Jean-Charles Servant sourit devant la caméra

Jean-Charles Servant avait demandé l'aide médicale à mourir en mai 2024.

Photo : Maison Mallet et Fils

Selon le Bureau du coroner, la recommandation visant le CISSS était appliquée ou en voie d'être appliquée intégralement en date du 11 mars 2026. La personne responsable de ce dossier au CISSS de la Côte-Nord n'était pas disponible pour accorder une entrevue mercredi. Toutefois, l'organisation explique dans un échange écrit que la trajectoire de soins a été révisée et que le coroner en a été avisé.

Selon le rapport, Jean-Charles Servant était très malade. Il souffrait de céphalées, donc de violents maux de tête, de dépression, d’insomnie, d’une pancréatite et ne se nourrissait presque plus. L’homme a mis fin à ses jours en juin 2024.

Sa fille, Brigitte Servant, explique que son père souffrait depuis longtemps. Il a pas mal tout essayé pour essayer de s’en sortir, lance-t-elle. Brigitte Servant aurait aimé qu’il y ait plus de ressources mises à la disposition de son père pour lui venir en aide et ainsi éviter une telle fin pour lui.

J’aurais aimé ça être avec lui, d’être capable au moins de lui dire au revoir.

Le coroner recommande d'ailleurs au ministère de la Santé et des Services sociaux d'offrir des ressources concrètes et personnalisées aux proches d'une personne qui fait une demande d'AMM en particulier dans un contexte de risque suicidaire.

Un processus qui semblait « ardu », selon l’AQDMD

Le coroner ajoute qu’une équipe multidisciplinaire devrait accompagner automatiquement un patient lors d’une demande d’AMM. Une recommandation que désapprouve le docteur Laurent Boisvert, président de l'Association québécoise pour le droit de mourir dans la dignité, qui craint une complexification du processus.

En ce sens, M. Boisvert souligne qu'il y avait déjà un flou autour de l'évaluation de la demande d’AMM de Jean-Charles Servant. Le processus semblait ardu, les étapes se répétaient et il semblait y avoir des informations contradictoires qui étaient rendues [au patient], lance-t-il en expliquant que le patient a fini par interpréter le processus comme étant un refus à sa demande.

Le docteur Boisvert explique qu’il est toutefois important, dans des cas qu’il juge complexes et atypiques, comme celui-ci, que le médecin détienne l’expertise pour évaluer la demande. Il faut s’assurer qu’un soutien soit disponible et va pouvoir aider, voire guider le médecin dans son évaluation, affirme-t-il.

Avec les informations de Lucas Sanniti

Partout au Québec, de l’aide est disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Les services sont gratuits, bilingues et confidentiels :

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