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Bridgette Cyr et Kerry Benjoe poursuivent l’ancien sergent de police de Regina Robert Semenchuck, qui a utilisé une base de données interne pour obtenir leurs coordonnées, puis a entretenu des relations intimes avec elles tout en leur cachant qu’il était policier.
Les deux femmes demandent à un tribunal civil de leur accorder des dommages-intérêts, invoquant des allégations d’agressions sexuelles, d’abus de fonction, d’atteinte à la vie privée, de négligence et d’abus de confiance.
Bridgette Cyr et Kerry Benjoe affirment que les agissements de l’ancien policier ont profondément affecté leur santé mentale et leur estime de soi.
Robert Semenchuck nie les allégations d’agressions sexuelles formulées par ces femmes. En novembre 2025, il a plaidé coupable d'accusations criminelles d’abus de confiance et d’utilisation non autorisée d’un ordinateur. En février 2026, il a été condamné à une peine avec sursis, à purger dans la collectivité, de deux ans moins un jour, suivie d’une période de probation de trois ans.

Kerry Benjoe (à gauche) et Bridgette Cyr (à droite) s’adressent aux médias devant le palais de justice provincial de Regina, le 6 février, après le prononcé de la peine de l’ancien sergent de police Robert Semenchuck.
Photo : Radio-Canada / Kirk Fraser
Des informations professionnelles utilisées à des fins personnelles
Alors qu’il était en poste au sein du Service de police de Regina, Robert Semenchuck a accédé aux renseignements personnels de 33 femmes dans une base de données interne de la police. Il s’en est ensuite servi pour tenter d’établir des relations intimes avec elles, selon l’exposé conjoint des faits issu de son dossier criminel.
Entre 2015 et 2023, Robert Semenchuck a contacté à plusieurs reprises des femmes par texto. Il leur envoyait des messages apparemment destinés à quelqu’un d’autre, avant d’établir progressivement une relation de confiance.
L’ex-policier a menti sur son nom et son emploi au cours de ces conversations, dissimulant le fait qu’il était policier, précise l’exposé conjoint des faits.
Bridgette Cyr et Kerry Benjoe figuraient parmi les femmes visées. Elles ont intenté leurs poursuites civiles contre l’homme devant la Cour du Banc du Roi de Regina, respectivement le 26 mai et le 25 juin dernier. Les deux femmes ont déclaré avoir été victimes d’agressions sexuelles parce que leur consentement avait été obtenu grâce aux déclarations frauduleuses de Robert Semenchuck concernant son identité, sa profession, son état civil et la nature de l’intérêt qu’il leur portait.
La tromperie, l’abus de sa position de policier, mais aussi l’exploitation de renseignements confidentiels qu’il a obtenus dans le cadre de son emploi, la mauvaise foi et le déséquilibre important de pouvoir et d’autorité qu’il exerçait sur Bridgette Cyr et Kerry Benjoe invalident tout consentement apparent, indiquent les requêtes.
Dans ses mémoires de défense déposées le 10 juillet contre la poursuite de Mme Cyr et le 24 juillet contre celle de Mme Benjoe, Robert Semenchuck nie catégoriquement les allégations d’agression sexuelle. Il y affirme que le consentement a été donné librement et volontairement.
Une tromperie quant au nom, à la profession ou à la situation personnelle d’une partie ne vicie pas, en droit, le consentement à un contact sexuel, peut-on lire dans sa défense.
L’homme conteste également que son rôle de policier, son accès à l’information ou tout déséquilibre entre les parties invalident le consentement, et nie que les demanderesses ont droit à des dommages-intérêts.

L'avocat Maurice Laprairie représente Bridgette Cyr et Kerry Benjoe dans leurs poursuites au civil contre l'ancien sergent du Service de police de Regina Robert Semenchuck (juillet 2026).
Photo : Radio-Canada / Katie Swyers
Selon ses mémoires de défense, Robert Semenchuck ne cherche pas à remettre en cause les faits établis par ses condamnations criminelles et admet avoir consulté la base de données à des fins personnelles alors qu’il travaillait pour le Service de police de Regina, utilisant parfois du matériel fourni par la police et voyant des femmes pendant ses heures de service.
Les allégations de Bridgette Cyr et de Kerry Benjoe n’ont pas encore fait l’objet d’un examen devant un tribunal civil.
Maurice Laprairie, l'avocat qui représente Bridgette Cyr et Kerry Benjoe, a déclaré que les deux femmes étaient extrêmement insatisfaites du déroulement de la procédure pénale et qu'elles se demandaient pourquoi aucune accusation d'agression sexuelle n'avait été portée. Elles ont l’impression de ne pas avoir obtenu justice devant le tribunal provincial, dit-il.
L’avocat a indiqué que la peine pénale ne sanctionnait que l’abus de confiance commis par M. Semenchuck à l’égard de la police de Regina, une institution, et non les véritables victimes.
Des séquelles graves pour les victimes
Dans leurs requêtes, les deux femmes décrivent de fausses identités méthodiquement utilisées par l'ex-policier — qui a ciblé Mme Cyr pendant ses traitements contre le cancer et Mme Benjoe après un signalement pour violence conjugale. Elles réclament la destruction de leurs photos intimes, ainsi que des dommages punitifs pour la détresse psychologique subie, Mme Cyr ayant même dû déménager à l'autre bout de la province par crainte de représailles.
La défense de M. Semenchuck soutient pour sa part que le délai de prescription de deux ans pour ces poursuites civiles est expiré et demande le rejet de la plainte.
CBC a sollicité une entrevue avec l'avocat de Robert Semenchuck, mais ce dernier a refusé de faire des commentaires pour l'instant.
Avec les informations de Katie Swyers


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