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Une tornade de faible intensité a touché Woodstock samedi après-midi lors du passage de violents orages qui ont laissé derrière eux des arbres déracinés et des branches cassées, endommageant plusieurs maisons et véhicules.
Le Northern Tornadoes Project (NTP) de l'Université Western a attribué une cote préliminaire EF0 à la tornade. L'organisme enquête également sur la possibilité qu'une deuxième tornade se soit formée dans le secteur.
Dans le nord-est de la ville, plusieurs quartiers résidentiels ont été touchés. Près des avenues Springbank et Devonshire, une partie d'un arbre s'est abattue dans la cour de Keisha Robinson, qui travaillait de la maison au moment de la tempête.
Je voyais tout voler devant moi et j'ai vu un arbre tomber. C'était complètement fou.
Sur la rue Whealan, un arbre s'est également abattu sur le toit d'une résidence. Quelques maisons plus loin, un autre est tombé sur la camionnette de Wayne MacDonald, endommageant notamment le capot, le toit, le pare-brise et les portières du côté passager.
La Ville de Woodstock a dépêché des équipes sur le terrain samedi afin d'évaluer les dommages et de dégager les débris des trottoirs, des boulevards et des parcs. Les travaux de nettoyage se sont poursuivis dimanche avec l'aide d'arboristes mandatés par la Ville.
Les villes ne sont pas à l'abri des tornades
Les dommages observés à Woodstock rappellent que les tornades ne sont pas uniquement un phénomène rural. L'idée selon laquelle elles ne toucheraient pas les zones urbaines demeure d'ailleurs l'une des perceptions erronées entourant ces phénomènes météorologiques.

Certains dommages observés dans le Nord-Est de Woodstock pourraient avoir été causés par des vents non tornadiques, selon le Northern Tornadoes Project.
Photo : Avec l'autorisation de Tony MacArthur
Aaron Jaffe, chercheur en ingénierie et enquêteur principal au NTP, explique que les tornades peuvent bel et bien frapper les villes. Si elles semblent davantage associées aux régions rurales, c'est notamment parce que la majeure partie du territoire canadien n'est pas urbanisée.
La majeure partie du Canada n'est pas constituée de zones urbaines, d'où cette impression que [les tornades] se produisent à la campagne.
Lorsqu'une tornade frappe une zone urbaine, elle tend aussi à attirer davantage l'attention, souligne M. Jaffe.
Toutefois, la présence d'arbres déracinés ou de bâtiments endommagés ne suffit pas, à elle seule, à confirmer le passage d'une tornade. Les orages peuvent également produire d'autres phénomènes de vents violents, notamment des rafales descendantes, qui peuvent causer des dommages semblables.
C'est d'ailleurs une distinction importante dans le cas de Woodstock. Selon David Sills, directeur général du NTP, certains des dommages observés dans le Nord-Est de la ville pourraient avoir été causés par des vents non tornadiques, notamment des rafales descendantes ou des microrafales.
Comment confirme-t-on le passage d'une tornade?
Après une violente tempête, les chercheurs du NTP se rendent sur le terrain afin de déterminer la nature du phénomène à l'origine des dommages.
Leur enquête repose notamment sur des photos prises au sol et par drone, l'examen des arbres et des bâtiments endommagés, la direction dans laquelle les débris ont été projetés ainsi que les témoignages des résidents.

Les chercheurs disposent rarement de mesures directes de la force des vents lors d'une tornade. L'analyse des dommages sur le terrain, comme celle menée ici par Aaron Jaffe, permet notamment d'en estimer l'intensité. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Michelle Both
Nous rassemblons toutes ces informations pour déterminer quel type de phénomène s'est produit : était-ce une tornade ou un autre phénomène lié à un orage?
La forme et la répartition des dommages fournissent également des indices. Selon M. Jaffe, une trajectoire longue et étroite peut être davantage caractéristique d'une tornade, tandis qu'une zone de dommages plus courte et plus large peut plutôt être associée à une rafale descendante.
La direction des débris peut aussi aider les chercheurs à faire la distinction. Des arbres et des débris projetés dans une même direction peuvent être le signe de vents rectilignes associés à une rafale descendante. Les chercheurs examinent donc l'ensemble des dommages afin d'en dégager les tendances et de déterminer le phénomène le plus probable.
Les chercheurs utilisent également les dommages observés pour estimer la force des vents et attribuer une cote sur l'échelle EF.
Mieux comprendre pour mieux se préparer
Au-delà de la confirmation d'une tornade ou de l'évaluation de son intensité, ces enquêtes permettent aux chercheurs de mieux comprendre les phénomènes météorologiques violents et leurs conséquences.

Les équipes du Northern Tornadoes Project documentent les épisodes de temps violent afin de constituer des données qui servent notamment à mieux comprendre les tornades et à améliorer la préparation face à ces phénomènes. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Michelle Both
Selon M. Jaffe, les données recueillies peuvent notamment contribuer à améliorer la préparation à ces événements, la conception des bâtiments et les alertes de tornade émises par Environnement et Changement climatique Canada.
Plus nous documentons et comprenons ces événements, plus nous pouvons nous y préparer.
Les enquêtes du NTP permettent ainsi non seulement de déterminer ce qui s'est produit après une tempête, mais aussi de mieux se préparer aux prochains épisodes de temps violent.


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