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Après les Fêtes, le temps des dettes

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Chaque mois de janvier, les demandes d’aide financière augmentent après les Fêtes, un phénomène qui s’intensifie d’année en année, constate un syndic autorisé en insolvabilité. Il déplore au passage la méconnaissance de l’aide disponible et la tardiveté à y avoir recours.

Pour chaque dollar de revenu disponible, les ménages canadiens cumulent 1,77 $ de dettes, selon Statistique Canada. Bien qu’en baisse par rapport au sommet historique de 2022, ce ratio demeure « extrêmement élevé et préoccupant », confie au Devoir Charles-Antoine Gobeil, président de Gobeil Groupe Conseil.

L’an dernier, M. Gobeil a calculé une augmentation de 43 % du nombre de dépôts de dossiers d’insolvabilité auprès de son entreprise en janvier par rapport à décembre. Il prévoit une explosion de demandes d’aides similaires cette année. « Il y a toujours plus de dossiers déposés après les Fêtes », note-t-il, en évoquant les dépenses « irrégulières » de crédit à la consommation associée aux Fêtes.

Décembre étant synonyme de cadeaux et de festins, les portefeuilles s’amincissent considérablement en janvier, constate M. Gobeil. « Tant que l’éducation financière ne changera pas ou que l’accès au crédit ne sera pas plus difficile, le phénomène va continuer. »

Le poids des dépenses courantes se fait plus lourd, le recours au crédit grimpe en flèche et la hausse des taux fait augmenter la somme des paiements minimaux dus. D’après M. Gobeil, tous ces facteurs contribuent à vulnérabiliser encore plus des Québécois « déjà surendettés ». Deux ménages sur trois au Québec avaient des dettes en 2022, selon une étude de l’Institut national de la recherche scientifique.

Prolifération de « faux experts »

Pour couronner le tout, en cas de détresse financière, les réflexes des Canadiens sont souvent mal aiguisés, note le spécialiste en règlement de dettes. Certaines personnes, dit-il, peuvent être portées à avoir recours aux services de « faux experts en ligne » qui jouent « un rôle d’intermédiaire » plutôt que de solliciter l’avis de syndics autorisés reconnus par le Bureau du surintendant des faillites.

« De faux conseils peuvent empirer la situation et vous coûter plus cher », souligne M. Gobeil, puisque certains de ces conseillers prennent des commissions « quand même assez élevées ».

Le « fléau » du recours à ChatGPT comme conseiller financier a lui aussi changé la donne, constate le professionnel. Toujours selon lui, l’outil peut offrir des « pistes générales » en matière d’endettement, mais celles-ci ne remplacent ni les conseils personnalisés ni l’expertise professionnelle.

Les syndics en insolvabilité sont les seuls professionnels en mesure d’administrer une proposition de consommateur ou une faillite, rappelle M. Gobeil. Une option privilégiée huit fois sur dix, loin devant la faillite, dit-il, déplorant que sa profession soit qualifiée à tort de « syndic de faillite ».

Ne pas attendre la faillite

Autre mythe à déboulonner : consulter un syndic de faillite ne devrait pas être un dernier recours, martèle M. Gobeil. « Si on attend trop avant de consulter, la consolidation de dettes ou le refinancement hypothécaire peuvent ne plus être possibles, parce que le ratio d’endettement est trop élevé », affirme-t-il.

La difficulté à payer les paiements minimaux dus, le recours au crédit pour les dépenses courantes, le stress financier affectant la santé mentale : les signaux indiquant l’imminence de difficultés financières sont multiples. Comme citoyen responsable, il faut y être attentif, déclare M. Gobeil.

« On n’a pas besoin d’être en situation de faillite pour demander de l’aide », explique-t-il. La première consultation auprès d’un syndic autorisé en insolvabilité est gratuite et n’engage « à rien », à moins d’une entente.

Outre consulter, y a-t-il d’autres façons de limiter les dégâts et les excès après les Fêtes ? Budgéter toutes les transactions du compte bancaire (transactions régulières et irrégulières), recommande M. Gobeil. Il conseille aussi de « geler ou de bloquer ses cartes de crédit » si on n’est pas en mesure de régler le solde d’un coup. « On peut bloquer la carte jusqu’à ce qu’elle soit payée et ensuite la débloquer pour recommencer à l’utiliser comme il le faut. »

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