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Après avoir été sélectionné la semaine dernière dans la première liste des prix Goncourt et Renaudot, le premier roman de Thélyson Orélien, C’était ça ou mourir, a été retenu mardi dans la première liste du prix Femina, une autre récompense littéraire française.
Le livre compte parmi les 17 œuvres retenues dans la catégorie roman français, aux côtés des 16 œuvres retenues dans la catégorie roman étranger. Dix titres de la première liste concourront également au prix Femina des lycéens.
Paru au mois de mars au Québec, C’était ça ou mourir, qui a déjà remporté le prix Méduse et le prix Strasbourg Espoir CIC, est en lice pour une autre récompense française, le prix du roman Fnac.
Thélyson Orélien est un écrivain d’origine haïtienne aujourd'hui établi à Ottawa, après plus de 10 ans passés à Montréal, où il a trouvé refuge après le séisme qui a ravagé son pays natal en 2010.
Son premier roman est à l'origine d’un véritable phénomène littéraire, tant au Québec qu’à l’étranger. Il s’agit d’ailleurs du plus grand succès de l’histoire des Éditions du Boréal, qui ont cédé les droits du livre dans une vingtaine de pays, dont les Pays-Bas, la Norvège, l’Allemagne, l’Italie, la Finlande, le Royaume-Uni, la Turquie et la France.
Ce succès est étonnant. Je suis surpris par ce qui m'arrive, mais ça me fait très plaisir, a réagi Thélyson Orélien, interrogé par l'AFP en pleine promotion de son livre en France, où il est sorti le 19 août.
C'était ça ou mourir se place d’ores et déjà parmi les meilleures ventes de la rentrée littéraire française, en compagnie de livres attendus comme L’adolescence du perroquet d’Amélie Nothomb ou L’inconnue du quai de Javel de Philippe Jaenada.
Le roman est parti très fort. C'est très rare pour un primo-romancier inconnu de s'imposer dès les premières semaines, souligne-t-on chez Grasset, sa maison d'édition en France, selon laquelle le livre s'est vendu à près de 16 000 exemplaires en 15 jours.

« C’était ça ou mourir » n’est pas un roman sur l’actualité, mais il la rejoint, précise son auteur.
Photo : Radio-Canada / Simon LaSalle
Une langue qui claque comme un fouet
Il est rare d'éprouver un tel choc de lecture, comme si l'on était pris à la gorge par des mots, simplement des mots, a salué Le Figaro, tandis que France Info le place, grâce à une langue qui claque comme un fouet, parmi les candidats sérieux pour la saison des prix.
L'auteur de 38 ans raconte à la première personne l'histoire de Jonas Dorléon, un professeur d'histoire-géographie poussé à tout quitter après l'incendie de son quartier englué dans la violence des gangs. J'ai décidé de fuir. Pas pour devenir riche ni pour vivre mieux. Juste pour vivre. Point, justifie-t-il.
Commence alors un périple périlleux à travers 12 pays jusqu'au Canada, un pays rigoureux, sans chaleur facile, mais qui lui offre ce qu'il n'avait plus : le droit de respirer sans avoir peur.
Je n'ai pas écrit ce roman avec ma tête, mais avec mes tripes et mon cœur, témoigne Thélyson Orélien, qui s'est entretenu avec de nombreux Haïtiens ayant vécu l'exil.
Mais ce n'est pas un livre sur l'immigration, insiste-t-il. Il parle avant tout de la dignité d'un homme dépossédé de tout et qui arrive à s'en sortir, car il ne perd jamais l'espoir. Et, au milieu des pires déboires, n'oublie pas l'importance du rire, un mécanisme de survie.
L'écrivain, poète et journaliste espère que son succès permettra de mieux faire comprendre la réalité d'Haïti et des personnes qui n'ont d'autre choix que de partir.
Les listes seront resserrées à deux reprises, les 6 et 23 octobre. Les lauréats des prix Femina 2026 seront ensuite dévoilés le 4 novembre, dans le jardin d'hiver de la Maison Dior, à Paris.
Avec les informations de Agence France-Presse


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