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La communauté de Neqotkuk (Première Nation Tobique), au Nouveau-Brunswick, entame un long processus de guérison après la mort récente d'un de ses membres, abattu par la GRC.
Certains trouvent du réconfort dans les cérémonies, d'autres dans les rassemblements communautaires, et les dirigeants transforment leur chagrin en militantisme, déterminés à faire bouger les choses après la mort de Bronson Paul.
Je veux m'assurer que cela n'aura pas été vain, que sa perte aura entraîné un changement dans le système, a déclaré le chef Ross Perley.
Bronson Paul a été tué le 18 janvier, lors d’une intervention de la GRC qui répondait à un appel pour une dispute domestique dans son domicile à Neqotkuk.
Selon la GRC du Nouveau-Brunswick, un homme muni d'une arme blanche s'est avancé vers les agents. Un Taser s'étant révélé inefficace pour le maîtriser, un agent a alors fait usage de son arme, d'après la version de la police.
La nuit du drame, un feu sacré a été allumé. Il continue de brûler dans la salle communautaire qui a été ouverte en tant que centre d'urgence.
Bronson était un gros ours en peluche. Il avait ce rire qui ne trompait pas, a confié Tina Martin, travailleuse sociale wolastoqey, conseillère et membre de l'équipe de santé mentale de Neqotkuk.
Elle a contribué à organiser une semaine d'activités de guérison pour la communauté.
Presque brisée

Tina Martin est conseillère à Neqotkuk, travailleuse sociale, coordinatrice du programme Wampum CISM et membre de l'équipe communautaire de santé mentale.
Photo : CBC / Sis'moqon
Jeudi dernier, dans la cuisine de la grange communautaire, des baies de sureau, de la cannelle, des clous de girofle et du gingembre mijotaient, leur parfum embaumant la pièce, tandis que Mme Martin remuait doucement.
C'était l'une des activités de guérison : la fabrication de remèdes. Les membres de la communauté discutaient et préparaient les ingrédients dans un bourdonnement constant.
Je n'ai pas honte de dire que cela m'a presque brisée, a affirmé Mme Martin.
Elle a toutefois ajouté que le fait d'être présente pour les autres membres de sa communauté l'aidait à surmonter son propre chagrin. Nous voulons simplement continuer à faire savoir à tout le monde que nous ressentons tous la même chose.
Mme Martin coordonne également le Wampum CISM, une équipe d'intervention en cas de crise qui apporte un soutien culturellement adapté aux Premières Nations après des tragédies.
Le groupe intègre une formation en gestion du stress lié aux interventions en situation de crise pour les travailleurs de première ligne à des dispositifs de soutien par les pairs et des cérémonies wabanakis.
C'est une présence compatissante lorsque la tragédie frappe nos communautés, a souligné Ed Perley, qui est également coordinateur de l'équipe.
Il faisait partie du Wampum CISM qui a aidé les communautés après les meurtres par la police de Chantal Moore, Rodney Levi, Iggy Dedam et maintenant, Bronson Paul.
Chaque décès donne lieu à une enquête ou à une enquête judiciaire, à l'issue de laquelle des recommandations sont formulées, a-t-il rappelé. Mais quel est l'intérêt d'une enquête si les recommandations ne sont pas suivies?
Pour des changements radicaux

Ed Perley est un ancien policier qui travaille aujourd'hui comme coordonnateur au sein du Wampum CISM, une équipe d'intervention en situation de crise ancrée dans la culture des Premières Nations.
Photo : CBC / Sis'moqon
Ancien policier et chef de police, Ed Perley a expliqué que les tragédies répétées impliquant la police lui pesaient lourdement sur le cœur. Il estime que le problème est systémique.
La GRC patrouille dans 14 des 15 communautés des Premières Nations du Nouveau-Brunswick. Ce n'est pas pour cela que nous faisons appel à la GRC. Ce ne sont pas les résultats que nous souhaitons, a-t-il dit.
Le chef Ross Perley appelle à des changements radicaux dans le maintien de l'ordre dans les Premières Nations.
Il demande notamment que le racisme systémique dans les services de police soit reconnu, que la GRC soit remplacée par des services de police autochtones, que des gardiens de la paix autochtones soient recrutés pour intervenir aux côtés de la police lors des contrôles de bien-être et que les agents suivent une formation culturelle obligatoire dispensée par des Autochtones.
Je pense que la première étape consiste à reconnaître le problème et à s'engager à trouver des solutions, a-t-il déclaré.
Il demande également un moratoire immédiat sur les contrôles de bien-être menés par la GRC dans les communautés autochtones sans la présence d'intervenants autochtones.
Le chef a fermé le détachement de la GRC dans la communauté à la suite de la fusillade.
Je ressens les mêmes émotions que tout le monde, a-t-il déclaré. J'essaie de prendre des décisions et de diriger tout en sachant ce que tout le monde ressent.
Les autorités fédérales n'ont pas répondu aux derniers appels à l'action. Le gouvernement provincial a fait savoir qu'il reconnaissait l'urgence de communiquer avec la Première Nation.
D'après un texte de Sis'moqon, de CBC Indigenous


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